‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 10 sur 341 · Pais, op. cit., p. 311, n · texte numérisé non relu

Pais, op. cit., p. 311, n

2. Sil. {Pun., XII, 159 et suiv.), racontant les sièges de Cumes et de Pouzzoles par Hannibal, dit que celui-ci, abandonnant son entreprise du côté de Misène et de Cumes, se retourna vers Pouzzoles, qu'il appelle à cette occasion la ville desPhérctiades (regressus adaltos indePheretiadummuros). A quelles légendes ou à quelles traditions cette épithète fait-elle allusion ? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il faut lire Pheretiadum et non Pherecyadum, leçon généralement adoptée (cf. Schrader, dans l'Hermès, XXIII, 1888, p. 215. « Pherecyadum muros forte Dicarchiadum seu Dicarchaeum muros, i. e. Puteolos. ») En effet, Pherecyadum ne pourrait venir que de ^SpexuS^ç ; mais, comme dans le vers de Silius l'e de rê est long, il faut lire Pheretiadum (les descendants de Phérès, •l'ep^;). Quel rapport direct ou indirect (parSamos ou Chalcis) peut-il y avoir entre le roi de Thessalie Phérès ou la ville thessalienne de Phcres et Pouzzoles ? C'est ce que je ne suis pas arrivé à découvrir. La conjecture Pherecyadum ne comporte pas davantage d'explication plausible. Le philosophe Phérécyde ayant été le maître de Pythagore, admettra-t-on que Pherecyadum soit ici pour Pythagoricorum, synonyme lui-même de Samiorum ? Ce serait bien tiré par les cheveux. L'épithète employée par Silius demeure inexplicable.

POUZZOLES AVANT l'ÉPOQUE ROMAINE

Ku[;,ato)v à une époque antérieure, l'époque grecque, où Gumes était florissante, avait une marine de guerre et faisait le commerce. Mais comment les interpréter ?

En premier lieu, ils prouvent que la ville nouvelle dépendit de Gumes, puisqu'elle devint pour elle une station navale. Cumes ne laissa pas les colons samiens se fixer dans son voisinage, sans étendre immédiatement sur eux son contrôle et son autorité. Dicaearchia fut plus ou moins sa sujette. Un mélange s'opéra entre les Cumains et les Samiens, analogue à celui qui eut lieu à Naples. Selon certaines sources la plus ancienne Naples aurait été fondée par des Cumains, selon d'autres par des Rhodiens ~. M. Beloch repousse cette dernière tradition ; je crois au contraire, avec M. Pais, qu'il faut l'accepter 3. Les deux traditions, qui paraissent également dignes de foi, ne s'excluent pas l'une l'autre. Des éléments cumains et rhodiens se mêlèrent à Naples, vraisemblablement à la suite d'une lutte entre les émigrants rhodiens et les habitants de Gumes, qui ne voulaient pas laisser s'élever à côté d'eux une ville indépendante. Il en fut de même à Dicaearchia.

Les Samiens furent absorbés presque entièrement par la population environnante. Ils étaient très peu nombreux : Hérodote le dit formellement 4. Ils perdirent une certaine quantité des leurs dans le combat livré à Polycrate ^. Après leur défaite par les Crétois et les Eginètes, quelques-uns seulement, ceux qui réussirent à échapper à la servitude, vinrent en Campanie, fugitifs, réduits à une poignée d'hommes. Dans ces conditions, on conçoit que Dicaearchia soit vite devenue une ville où les Cumains eurent la prépondérance, dont la destinée fut inséparable de celle de Cumes, et que Strabon, sans même faire allusion à une émigration samienne, ait cru suffisamment la caractériser, en l'appelant le port de Cumes.

Le contact entre les Samiens et les Cumains, qui étaient originaires de Chalcis, fut vraisemblablement facilité par le souvenir des vieilles relations d'amitié qui existaient entre

1. Velleius, 1, 4, 2. Lutatius Daphnis, dans les Fracfm. hist. rom., éd. Peter, p. 126, n» 2.

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