‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 102 sur 341 · Clercq, Les métèques allicniens, p. Ii8-|l7i · texte numérisé non relu

Clercq, Les métèques allicniens, p. Ii8-|l7i

LES ORIENTAUX A POUZZOLES

Ou bien la ville de Tyr aurait payé le loyer de l'entrepôt de Pouzzoles. C'était une des solutions proposées par les marchands tyriens. Le fait est intéressant, en ce qu'il nous prouve que des subventions étaient parfois accordées par des villes antiques à des associations de nationaux établis à l'étranger.

Ou bien on aurait confié aux stationarii de Pouzzoles l'entretien des deux entrepôts, aux conditions auxquelles l'avaient les stationarii de Rome. En ce cas, ils auraient reçu dorénavant les redevances payées par les armateurs et par les expéditeurs, et ils auraient envoyé à leurs confrères de Rome les sommes dont ceux-ci auraient eu besoin. C'était le renversement com.plet de l'état de choses existant. Les marchands de Pouzzoles auraient ainsi conservé leur entrepôt, et auraient cherché à faire aboutir de nouveau à Pouzzoles le commerce qui avait remonté jusqu'à Rome.

C'était peut-être trop demander. Le Sénat de Tyr décida que le statu quo serait maintenu. 11 lui parut qu'il était dans l'intérêt de la patrie que le comptoir de Pouzzoles subsistât. Ainsi se termina cette petite g-uerre civile.

Les Héliopoliïains. — Les Héliopolitains sont connus par une inscription, qui, moins intéressante que la précédente, complète cependant le tableau des associations commerciales de Pouzzoles K L'inscription des Tyriens avait trait aux vivants ; celle-ci concerne les morts. Les Héliopolitains constituaient un collège régi par un ensemble de statuts : lex et convention d'amendes et de pénalités. Une de ces pénalités était l'interdiction de pénétrer dans un bien-fonds de la communauté. Ceux qui avaient violé la lex n'étaient plus considérés comme jouissant de la propriété indivise de Yager, cimetière 2 où ne pouvaient être enterrés ceux qui avaient de

1. CIL., X, 1579 : Hic ager iug. VII cum cisterna et tabernis ems eorum possessorum iuris est, qui in cuLlu corporis Heliopolitanorum siini erunlque, alqiie ita is accessus insque esto per ianuas itineraqiie eius agri qui nihil adversus legem et conveniionem eius corporis facere perseverarint. Celle inscription provient du piano di Quarto.

2. La présence de tabernae pourrait faire croire que Vagev des Héliopolitains était un marché avec des boutiques. Mais comment l'établissement commercial des Héliopolitains aurait-il pu être situé à Quarto, si loin de la ville ? Le sens générique de taberna est celui d'édifice, d'habitation. Des tabernae sont souvent mentionnées dans les inscriptions funéraires, et existaient dans les cimetières antiques.

Ch. Dubois. — Pouzzoles. 7

POUZZOLES A l'époque ROMAINE

leur vivant failli à leurs engagements. Ce champ de sépultures, clos par un mur, comprenant une citerne, et, outre les tombes, un certain nombre d'édifices, tabernae, demeures pour les gardiens, triclinia funéraires, avait une étendue de 7 jugera (environ 180 ares), qui atteste l'importance de la colonie héliopoli ta ine.

Les marchands de Béryte — Ils s'intitulent dans une inscription : cultores lovis Heliopolitani Berytenses qui Puteolis consistunt Ils adoraient, on le voit, le dieu de la ville voisine de la leur: le Jupiter d'IIéliopolis ' ; les liens qui rattachaient lléliopolis à Bérjte expliquent cette communauté du culte 3. Les cultores lovis Heliopolitani auraient-ils fait partie à Pouzzoles de la même corporation que ceux qui étaient in cultu corporis Heliopolitanorum ? La situation eût été, en ce cas, identique à celle des gens de Tyr et de Sarepta, groupés dans la même association ^ Toutefois négociants de Bérjte et d'Héliopolis, tout en adorant le même dieu, constituaient peutêtre deux collèges distincts.

Les Germellenses — D'autres Orientaux se groupaient encore autour du Baal d'Héliopolis. On lit sur une inscription : Ex iussu I. 0. M. Heliopolitani Aur. Theodo\ro sacerdoti\filio curato\{re) tempuli Geremellensium \ adampliante donis to\[r)quem et vélum sac. \ et lucophori de suo posuerun\t curante Acilio Secundo Trotomias ... ^

Des leçons diverses ont été proposées : les uns ont lu Ger.emellensium (leçon adoptée par Gildemeister d'après Mommsen), d'autres Geremenensium ; la pierre porte Geremellensium.

C'est sans doute un nom ethnique, syrien, peut-être araméen ^, dont il faut, à mon avis, rapprocher un cognomen

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