‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 12 sur 341 · Id., XII · texte numérisé non relu

Id., XII

POUZZOLES AVANT l'ÉPOQUE ROMAINE

rait penser qu'il désigne, en général, les rades de la région de Misène, c'est-à-dire l'ensemble du golfe de Pouzzoles. Cependant, appliqué à Misène, le pluriel se justifie parfaitement, le port de Misène se composant de deux bassins, celui qui aujourd'hui encore sert de rade, Fautre, intérieur, que l'ensablement a isolé, et qui est devenu « il mare morto ». Je crois donc que l'on doit entendre d'une façon très précise les mots de Denys, Que les Gumains aient d'abord eu leur port à Misène, rien de plus compréhensible. La côte campanienne, devant Cumes, est dénuée d'abris ^ ; le port qui leur manquait, les Gumains le trouvèrent quelques kilomètres plus loin, au fond de la baie admirablement protégée de Misène, port naturel bien meilleur que celui de Pouzzoles, qui a besoin de travaux d'art. En outre les communications entre Cumes et Pouzzoles étaient rendues malaisées par les collines qui, à l'ouest, contournent l'Averne, et se prolongent jusqu'à Bacoli, séparant entièrement la région de Cumes de celle de Pouzzoles et de Baia ; au contraire, elles étaient faciles avec Misène, par la route naturelle qui passe à l'est du lac de Fusaro et du mont de Procida. Il faut donc, tout en acceptant le renseignement de Strabon, le corriger et le compléter par ce que nous enseignent les textes de Denys et les considérations géographiques. Misène fut le premier port de Cumes, et continua à rester pour cette ville une station navale, concurremment avec Pouzzoles.

Pouzzoles, toutefois, avait une supériorité sur Misène dont la situation par rapport à la plaine campanienne était très excentrique ; elle se trouvait juste au débouché du Piano di Quarto et des Campi Leborini. C'est ainsi qu'elle devint un £7ci'v£iov, à l'époque grecque, pour Cumes; plus tard, à l'époque gréco-osque, elle put avoir une certaine importance comme débouché maritime des villes samnites de l'intérieur.

1. Il peut paraître étrange que les Gumains ne se soient pas établis tout de suite dans le golfe même de Pouzzoles, qui avait de si bons mouillages, et qu'ils aient préféré la colline de Cumes à celle de Pouzzoles. Mais les conditions dans lesquelles ils arrivèrent en Campanie expliquent leur choix. D'abord établis à Ischia (T. L., VIII, 22, 5), ce n'est que plus tard qu'ils passèrent surle continent; mais ils ne voulurent pas s'éloigner trop de l'île qu'ils possédaient déjà, ce qui eût été le cas, s'ils fussent allés du premier coup au fond du golfe ; au contraire, occupant la colline de Cumes, ils surveillaient des deux côtés la passe d'Ischia et de Procida. C'est ce qui explique que, bien qu'ils fussent des gens de mer, leur premier et leur principal établissement ait été sur une côte dénuée de port.

ÉPOQUE GRECQUE

Sa position avait des avantages stratégiques. Les Romains l'utilisèrent lors des guerres puniques, et les Grecs de Cumes durent aussi en tirer parti. Elle constituait un des trois points nécessaires à la défense de leur territoire. A l'ouest Ischia et Procida étaient une barrière contre les pirates étrusques ou volsques, qui descendaient jusque dans ces parages; par elles la mer était gardée. Mais pour que la ville ne pût être menacée par des adversaires qui auraient débarqué dans le golfe de Pouzzoles, il fallait que cette position fût complétée par l'occupation des deux hauteurs qui commandent l'entrée du golfe, le promontoire de Misène et celui de Pouzzoles. — De plus, tant que Naples resta sous l'hégémonie de Cumes, elle fut vers le sud-est le rempart le plus avancé de sa puissance ; mais vers le milieu du v*^ siècle, devenue indépendante, elle fut pour elle une menace K Cumes avait déjà dû laisser les Syracusains établir une forteresse à Ischia, en récompense de l'aide qu'elle avait reçue d'eux contre les Étrusques ~. Dans ces conjonctures malheureuses, il est naturel de supposer que Misène et Dicaearchia furent de plus en plus, pour elle, des points stratégiques essentiels. Dicaearchia était contre Naples un rempart à la fois terrestre et maritime ; elle remplissait le même office contre les barbares samnites, qui étaient descendus de leurs montagnes, avaient occupé Capoue, et finirent en 421 par s'emparer de Cumes.

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