CIL., XI 8056 273 ; 8056 l'o.isï
POUZZOLES A l'époque ROMAINE
Rasimus, de Cn. Ateius. Quelques vases ont simplement la légende Arre. ou Arreti, c'est-à-dire le nom de la ville au lieu du nom du fabricant
Comme Dragendorff, Ihm et Oxé l'ont montré 2, les officines de Pouzzoles étaient en pleine activité sous le règne d'Auguste. Les recherches de ces auteurs prouvent que la période florissante de la poterie d'Arretium fut le i"' siècle avant J.-C. ; selon Dragendorff l'activité de Perennius aurait commencé à l'époque de Sylla ; celle de son affranchi Tigrane, qui reprit la fabrique, de Cornélius et d' Ateius est postérieure (époque d'Auguste). De l'étude du style et de la décoration des vases on peut conclure que les vases de Pouzzoles sont contemporains de ceux d'Arretium datant du règne d'Auguste : le style est le même; aucune différence dans la décoration. Les vases de Pouzzoles sont seulement d'une exécution un peu moins fine ; les ornements, plus plaqués, sortent du fond avec moins de souplesse. Quelques-uns des meilleurs motifs ornementaux ou sujets représentés sur les vases d'Arretium manquent aussi sur les vases de Pouzzoles. Mais, cela dit, l'art des potiers était tout à fait le même ; leurs œuvres sont dans le style des vases en bronze de Boscoreale et de Hildersheim, des stucs de la Farnésine, et des bas-reliefs de l'Ara Pacis. Les figures et les détails ornementaux, quelquefois stylisés, mais ayant le plus souvent un caractère naturaliste, dénotent l'influence de l'art alexandrin et du style hellénistique -K
1. CIL., XI, 8056 1, », Oxé (Bonner Jahrbûcher, cahier CI, p. 34 et suiv.) réclame pour Cn. Ateius les fragments suivants de Pouzzoles, CIL., X 8056 6^3 '>!>i, (At(ei) {de\phinus)Er{onis);
2. Dragendorff, Terra sigillala dans les Bonner Jahrbûcher, cahiers XGVI, XGVII, XGIX, 1895-1896), et Die Arretinischen Vasen iind ihr Verhâltniss zur auffnsteischen Kansl. (Bonn. Jahrh., cahier GUI (1898;. — Max Ihm, Die arretinischen Tôpfereien (Bonn. Jahrb., cahier GII (1898), p. 106 et suiv. — Oxé, Die Terra-Sigillata-Gef lisse des Cn. Ateius [ihid., cahier CI, p. 34 et suiv.).
3. Dragendorff, Arr. Vas., p. 88. Au point de vue du style, Dragendorff ibid., jp. 91) distingue parmi les vases de Pouzzoles deux groupes : a) figures stylisées, ornementalisces, archaïsces (Génies ailés, Ménades dansant; ornements réduits au strict nécessaire) ; b) scènes et paysages réalistes ; caractère naturaliste dans les détails des vêtements, des rochers, des fleurs, des couronnes... Les figures, en opposition avec celles du premier groupe, sont en action. Les vases du premier groupe rappellent les bas-reliefs néo-attiques, ceux du second groupe les bas-reUefs hellénistiques. Dans le second groupe', l'ornementation est beaucoup plus développée; encore parfois stylisée, elle est le plus souvent constituée par des feuilles, des fruits, des fleurs, des grappes, des couronnes de laurier, de chêne, d'olivier, d'un dessin très réa-
INDUSTRIE
Après l'époque d'Auguste, les officines de Pouzzoles, comme celles d'Arretium, semblent avoir été en décadence K
Mosaïque. — Les mosaïstes de Pouzzoles étaient assez renommés pour qu'on fît venir leurs œuvres dans des pays éloignés, et pour qu'on les appelât eux-mêmes afin de les exécuter. Une très belle mosaïque, qui ornait un monument de Lillebonne, et qui paraît dater du ii-^ siècle ap. J.-C, avait été exécutée par un artisan de Pouzzoles. Elle est signée : T. Sen{ius) Félix c{ivis) Puteolanus fec{it) 2. Les Saenii, connus par diverses inscriptions (de Pouzzoles, Misène, Literne) 3, appartenaient probablement à la même famille que notre mosaïste. Ce dernier a non seulement signé son œuvre, pour montrer qu'il avait étudié à bonne école et qu'il conservait les traditions qui faisaient la réputation des artistes de Pouzzoles, mais il a fait suivre son nom de celui d'un de ses élèves, un Gaulois : ^mor c{ivis) K{aletanus?) discipulus. Son ouvrage est un morceau excellent où règne un véritable sentiment artististique ; il se compose de quatre compartiments représentant des scènes de chasse dans une forêt, avec des hommes à cheval, des chiens, des cerfs, un sacrifice à Diane, et d'un groupe central où on a cru reconnaître Apollon poursuivant une nymphe, peut-être Daphné.
Nous n'avons pas d'autres spécimens de l'art de Pouzzoles dont les mosaïstes, nous le voyons par cet exemple, se répandaient au loin, comme ceux de Venise au moyen-âge. — Les mosaïques retrouvées au commencement du xix'' siècle dans un tombeau et transportées, paraît-il, au musée de Naples ^ n'y sont plus exposées.
liste — Dans son article Terra sigillata (p. 54-56; 76-81), Dragendorff fait remarquer aussi le caractère réaliste des ornements, l'influence du style hellénistique qui a ag:i également sur l'art des potiers d'Arezzo et sur celui tles potiers de Pouzzoles, comme le montre le retour des mêmes motifs de décoration. Il fait observer aussi la variété dans l'invention du détail. Il n'y a pas deux fragments de Pouzzoles qui soient décorés tout à fait de la même manière, bien que les types généraux ne varient pas.
1. Aux noms des potiers de Pouzzoles il faut ajouter celui d'un certain M. ModiusM. L. Pamphylus, qui était figulus propolus, c'est-à-dire, probablement, marchand, revendeur de poteries. Pei.t-être n'était-il pas lui-môme fabricant {Eph. epicjr., VIII, p. 102, n" 387).
2. CIL., XIII, n" 3225, Rev. arch., XXI (1870), p. 332 et suiv.