‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 140 sur 341 · Von Planta, op. C(f., I, p · texte numérisé non relu

Von Planta, op. C(f., I, p

RELIGION

plus vieilles divinités oscfues K Jupiter Flagius et Jupiter Lucetius, dont les noms sont synonymes, seraient donc à rapprocher du Jupiter Fulgur de Rome, personnification de la lumière céleste.

Jupiter Flagius était adoré à Capoue avec des déesses chtoniennes et génératrices, sur lesquelles les documents, inscriptions ou monuments figurés, nous renseignent assez mal. L'une d'elles était une sorte de Cérès-Vénus, déesse-mère dont le culte avait un caractère à la fois naturaliste et funéraire. On leur immolait le porc. Comme cet animal figure sur la plaque en terre-cuite portant le nom de Jupiter Flagius, et comme sur une plaque, consacrée à une des déesses, le visage de la divinité est entouré de rayons -, il couAdent peutêtre de considérer les divinités de Capoue comme symbolisant les forces naturelles, terrestres et solaires. 11 est difficile d'en dire davantage. L'une des déesses, peut-être les deux portaient un nom : Vesulia, Vesuliae, de même racine que celui de Vesuna, déesse adorée chez les Marses, et identique, a-t-on cru, à celui de Feronia, a ^orée à Terracine et sur le mont Soracte avec des dieux auxquels on attribue généralement un caractère solaire : le Jupiter Anxur et l'Apollo Soranus. Mais ces rapprochements sont incertains. Feronia était-elle, comme on l'a pensé, une divinité chtonienne ? On l'ignore. L'Apollo Soranus n'était pas un dieu solaire, et il n'est pas démontré que le Jupiter Anxur le fût. Quel lien les unissait à Feronia ? On ne sait pas même s'il y en avait un. Enfin le rapprochement linguistique Vesulia-Feronia est repoussé par quelques historiens comme douteux. Il faut donc se garder de tirer d'analogies linguistiques et religieuses, très vagues et très obscures, des preuves en faveur du caractère solaire du Jupiter Flagius. Le radical du mot Flagius peut seul être fourni comme argument ^.

1. Roschcr, Lexic, art. Jupiter, p. 640-641. Serviiis, ad Aen., IX, 567.

2. Eph. epigr., l. c, n" 14. La plaque en terre cuite porte d'un côté l'image d'un porc, de l'autre côté un visage féminin entouré de rayons.

3. Les documents relatifs à ces divinités, inscriptions sur plaques de terrecuite, ex-voto, statuettes, objets divers de céramique, etc.. proviennent de fouilles opérées à Capoue dans les ruines d'un temple dit temple du Fondo Patturelli. Les plaques de terre cuite portent les noms des divinités : Jupiter Flagius (Eph. epigr., 1. c), Jovia Damusa, dont le nom a été rapproché de celui de la déesse Damia de Tarente [ihid., n" 10 = Von Planta, op. cit., inscriptions osques, II, n° 147 : plaque de terre cuite ayant d'un côté un visage féminin, de

CULTES GRECS OU INDIGÈNES

Un interprète de l'inscription de Pouzzoles et des inscriptions osques de Capoue, Mancini, a cru retrouver dans le présent offert à Jupiter Flagius, à savoir des statuettes d'Esculape et d'Hygie, une preuve de son caractère solaire. Ce don ne s'expliquerait que parce que dans la croyance des anciens un lien unissait le Soleil à Esculape. Macrobe nous apprend en effet qu'on faisait ramper un serpent au pied d'Esculape et d'Hygie parce qu'on rapprochait la nature de ces deux divinités de celle du Soleil et de la Lune; il ajoute qu'Esculape était considéré quelquefois comme étant le même dieu qu'Apollon, dont on le croyait né K Les textes épigraphiques unissent souvent Esculape à Apollon, à Diane, au Soleil ~ ; une correspondance étroite semble même exister, dans une inscription, entre Esculape et Apollon, Diane et Hygie 'K C'est un rapport analogue que nous constaterions à Pouzzoles : on offrirait au die VI solaire Asklèpios et Hygia, comme étant un attribut et une émanation de lui ; le personnage qui s'est fait soigner le remercierait ainsi de sa guérison.

Cette interprétation ne peut être admise que sous les plus extrêmes réserves. On ne saurait, en ce qui concerne une vieille divinité italique, tirer des conclusions de la croyance qu'avaient

l'aulre l'image d'un porc), et Vesulliae [Eph. epigr., n" 12 = Von Planta, n" 142 [sur la brique, l'image d'un porc] ; Eph. epigr., n" 11 =• Von Planta, n"' 146 ; 134 à 143, 144, 145). — On a, d'autre part, trouvé dans le temple du Fondo Patturelli des quantités d'objets de différente sorte nous renseignant sur le culte de ces divinités. Cf. Von Duhn dans le Bull. delVIstit., (1876), p. 171-192; (1878), p. 13-32. Lenormant, dans la Gazelle des Beaux-Arts (1880), XXI, p. 114- 121 et 218-228. On consultera surtout les deux articles de Von Duhn et de Lenormant sur la nature de la déesse de Capoue, et sur les rapprochements a ^-ec les autres divinités italiques, Feronia, Vesuna, le Jupiter An.xur, etc.. Cf. aussi sur le rapprochement linguistique Vcsolia-Vesuna-Feronia : Von Planta, op. cil., II, p. 25; I, p. 528-529; Biichclcr, dans le Neues Rhein. Mus., XXXIII ( 1877), p. 71-72, et contre ce rapprochement: Jordan, dans Preller, Rom. Mylh., l, p. 454, note. — Sur la communauté du culte entre Feronia, le Jupiter An.\ur ou l'Apollo Soranus : Roscher, Lexic, art. Feronia, p. 1479 ; art. Jiipiler, p. 640. Prcllcr, Rôni Mylh., I, p. 268 ; La Blanchère, Terracine, p. 25, et contre : Wissowa, Relig. und KuU. der Rom., p. 232. — Sur le caractère solaire du Jupiter Anxur : Preller, op. cit., I, p. 268, 422 ; art. Feronia dans Roscher; contre ce caractère et contre celui de l'Apollo Soranus : Wissowa, op. cit., p. 233 ; Roscher, Lexic, art. Dis Pater, p. 1188. — Sur le caractère peut-être funéraire du Jupiter Flagius, conçu comme un Dis Pater (?), cf. Von Planta, op.cit., II, p. 636, 635.

1. Macrobe. I, XX, 1-4. — Sur la parenté d'Asldèpios et d'Apollon, cf. art. Asklèpios de Thraemer dans Roscher, Lexic, p. 616.

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