‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 161 sur 341 · CIS., n · texte numérisé non relu

CIS., n

RELIGION

gieuse, nasililim 'HXsi'ix rappelle singulièrement les dernières syllabes de ces deux mots; en conséquence, M. Clermont-Ganneau restitue quelque chose comme : -q^ocye^^ [° '<^ï]' YjXsiV? « il a célébré la fête sacrée », sacrifice occasionnel ou sacrifice de la communauté tyrienne de Pouzzoles.

La discussion, on le voit, porte surtout sur le sens d'-^jAstij,. Elle est hors de notre compétence. Si l'on repousse la récente interprétation de M. Clermont-Ganneau, on pourrait penser que l'inscription relatait le voyage du dieu local, du Soleil de Sarepta, apporté pour la première fois à Pouzzoles sous Domitien (soit que l'on comprenne : « le Soleil de Sarepta est venu de Tyr à Pouzzoles, et Elim l'a amené ^ », soit que l'on entende, en combinant les explications de M. Clermont- Ganneau et de M. Berger : « Theosebios de Sarepta est venu de Tyr à Pouzzoles, et a amené le Dieu Saint »). Elle rappellerait l'introduction solennelle et en grande pompe d'un nouvel élément divin dans la colonie des marchands orientaux de Pouzzoles. M. Gagnât et M. Berger parlent à ce propos du voyage solennel de l'Astarté de Nina en Egypte, et de celui de Cybèle à Rome. Peut-être, en ramenant le fait à des proportions plus humbles et sans croire que le Soleil de Sarepta eût été amené pour la première fois à Pouzzoles en 79 ap. J.-C., pourrait-on penser qu'il s'agissait simplement du transport en Italie de quelque statue du dieu, amenée par un homme de Sarepta pour son propre compte, afin de s'acquitter d'un vœu et de faire un don au sanctuaire de Pouzzoles.

Ce qu'il faut retenir, c'est que nous avons affaire à une divinité de Sarepta, dont quelque statue aurait été apportée à Pouzzoles, ou en l'honneur de qui un fidèle aurait accompli un sacrifice. Je préfère la lecture SapeTîxrjVsç non seule-

1. Berger et Gagnât, Un sanctuaire de Saturne, p. 47 : nasililim feci l.v. s. a. nasililim ex vilulo v. s. La.

2. C'est ainsi que traduit Dittenberger, Orientis graeci inscriptiones selectae, II, p. 285, n° 594. Rejetant l'interprétation de M. Clermont-Ganneau, laquelle avait été adoptée par Cumont dans Pauly-Wissowa. R. Encycl., Suppl., I, p. 125, il écrit : « Ces savants n'ont pas remarqué qu'en 79 ap. J.-C. personne ne pouvait s'appeler 0£oaé6to;, parce que les surnoms de ce genre ou, pour parler plus exactement, les signa, tels que EùXo'yio;, EuaeSio;, Tpriyopto;, 'Ava-o'Xto?, sont d'un usage très postérieur. » Il maintient le nom de personne Elim, en le rapprochant de'EXu[j.aç, qu'on lit dans Diodore (XX, 17, 1 ; 18, 3). « Diodore a ajouté une terminaison grecque, tandis que le lapicide a laissé intact le nom arabe »,

CULTES D'ORtENt

ment parce que le point devant l'a me semble, ainsi qu'à M. Clermont-Ganneau, un bourdon du lapicide, mais aussi parce qu'une scolie de Lycophron, nous fait connaitre l'existence d'un temple du Soleil, 'IT/J.s'o otxY]r/;ptcv, dans la ville phénicienne de Sarepta Ce Soleil de Sarepta ne serait-il pas la divinité de l'inscription de Pouzzoles? Bien que la scolie de Lycophron ne permette pas de restituer en toute certitude le texte mutilé de ce document épig-raphique, elle donne cependant beaucoup de force à la restitution qui me paraît, en dernière analyse, devoir être préférée : ôsbç ["HXjioç

Les gens de Sarepta faisaient peut-être partie de la corporation des Tyriens. Remarquons que Tyr est le port d'embarquement, et qu'on calcule par l'ère tyrienne. Ce qui sem blerait aussi indiquer que les commerçants de Tyr et de Sarepta ne formaient qu'un seul collège, c'est que l'inscription du Soleil de Sarepta et celle, citée plus haut, où on lit le nom de Tyr, métropole des cités confédérées, ont été retrouvées presque au même endroit (près de ruines qui pourraient avoir été celles de l'établissement commercial des Tyriens)

Le Dieu des Arabes : Dusarès. — Le dieu des Arabes était Dusarès. Une dédicace en araméen lui est adressée en l'an 11 ap. J.-C. En voici la traduction ' : « Ici sont deux chameaux qu'ont olferts Zaidu et Abdelg-e, fils de Thaimu, fils d'Ham'u ; au dieu Dusarès, qui a entendu leur prière. Année XX" du règne d'Haretat, roi des Nabatéens, qui chérit son peuple ^ ».

1. Anccdola graeca, éd. Bachmanu (vol. 2"), Leipzig (1828) : AéÇît; 'AXe- Çavôpa; Aux. 'çpovo;, p. 275 : v. 1300 : lld/a; t&O'.viV.r); Sapacpôà StSwvirjç, TlXtou o[XT)TT]'piov. — La scolie de Lycophron me porte à maintenir la lectureSapsTZTrjvo';, malgré le point gravé sur la pierre, et malgré les observations de M. Dittenberger qui, s'appuyant surM. Berger(^cad. des Inscript., l. c.)ditqucle nom Arefat, Arfa se serait prononcé chez les indigènes Arefati, d'où la forme grecque (avec un ~) : 'ApETiTrjVo';.

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