‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 167 sur 341 · Renan, Sainl Paul, p. bf · texte numérisé non relu

Renan, Sainl Paul, p. bf

2. Apoc, IX, 1 et suiv. ; Vers SibylLiim, IV, 130 et suiv. ; Livre d Héiioch. ch. LXVII : <c L'ange du mal sera enfermé dans cette vallée brûlante que mon grand-père Ilénoch m'a montrée en Occident, près des montagnes de l'or et de l'argent, du fer, du plomb et des mélanges en fusion. Et je vis cette vallée, où règne un mouvement puissant, où bouillonnent oà et là les eaux... Et ces eaux serviront aux rois, aux puissants, aux grands et à ceux qui habitent la terre, pour la guérisoa de leur corps, mais pour la perte de leur esprit, car leur esprit est plein de luxure. Et ces eaux subiront une transformation, car, quand les anges y seront plongés pour leur châtiment, les sources changeront de température et deviendront froides. » Plus loin pncore, imprécation contre les g'rands de ce monde, à qui les eaux " servent pour la giiérisou de leur corps et l)Our la luxure de leur chair ». On trouvera {Livre d'Hénoch, X, 12) les mythes titaniques d'origine pa'ienne (Strabon, V, i, i ; "V, 6, 9 ; "VI, 3, 5 ; Diodore, IV, 21) localisés dans les Champs Phlégréens, et adoptés par les Juifs (Renan, y47i<echrist, p. 321). On a parfois voulu appliquer au Vésuve la désignation de « montagne des métaux en fusion et conclure du passage que nous avons cité plus haut, que la partie du livre d'Hénoch, où il se trouve, fut écrite après l'an 79, date de l'éruption du Vésuve. Mais, comme l'a fait i-emarqucr Renan (/. c), Diodore de Sicile et Strabon {L c), dans des passages écrits certainement avant 79, emploient presque les mêmes images. Les montagnes des métaux en fusion, c'est simplement l'ensemble des cratères des Champs Phlégréens, qui offraient partout les traces du feu, et la vallée où règne un mouvement puissant désigne à merveille le cratère de la Solfatare, avec ses fumcroles et son sol de soufre brûlant, qui tremble sous les pas. Avant l'année 79, la Solfatare avait certainement un aspect plus volcanique que le X'ésuve, silencieux et couvert de végétation. Enfin, les sources d'eaux chaudes nous ramènent certainement à la baie de Pouzzoles. « La Solfatare n'étant qu'à 100 mètres au-dessus du niveau de la mer, écrit Renan, son cratère peut bien s'appeler une vallée, expression qui serait impropre pour un point aussi élevé que le cratère de la Somma « {Antéchrist, p. 334, note 3).

OriCtInes chrétiennes

ciens cratères dont l'un, comme la Solfatare, était appelé par les Italiens le forum de Vulcain, et où la légende plaçait l'entrée de l'enfer et la demeure des géants. Cette étrange région, qui a toujours exercé tant d'influence sur l'imagination populaire et produit sur les voyageurs une impression si forie, avait beaucoup frappé l'esprit des Juifs de Pouzzoles et de Rome. Les mythes titaniques des Champs Phlégréens avaient été adoptés par eux ; on les retrouve, transformés, dans un passage du Livre d'Hénoch. 11 est également question, dans le même Livre, de phénomènes telluriques s'appliquant à merveille aux Champs Phlégréens, à toute la région de Cumes, de Baia et de Pouzzoles. On y parle de la montagne des métaux en fusion qui est en Occident, de la vallée de feu dans laquelle règne un mouvement puissant (le cratère de la Solfatare où la croûte peu épaisse et brûlante du terrain tremble sous les pas), du gouffre des anges trompeurs qui brûlent dans les profondeurs de la terre, et des sources chaudes d'eaux minérales qui servent aux rois et aux puissants de la terre pour le salut de leur corps, mais dont le flot les torturera un jour, eux, les voluptueux de ce monde, qui vivent dans le luxe et le bien-être de la chair. Ces descriptions du pays, ces allusions à la vie des riches Romains ne peuvent se rapporter qu'à Pouzzoles et à Baia. S'il en est ainsi, c'est que les Juifs étaient nombreux dans le pays et y constituaient par conséquent un terrain favorable à l'éclosion rapide et précoce d'une église chrétienne.

Nous n ? pouvons rien dire de plus sur les premiers chrétiens de Pouzzoles ; tout détail nous manque. Saint Paul resta trop peu dans la ville pour que son action pût y être bien \dve. Il faut remarquer que jamais, dans les lettres écrites à Rome pendant sa captivité, Paul ne fait allusion aux chrétiens de Pouzzoles, les premiers qui l'aient accueilli, quand il toucha le sol italien.

L'histoire des trois premiers siècles de l'église de Pouzzoles est très obscure. A peine quelques noms surnagent, et encore nos documents sont-ils sujets à caution. La liste des 72 disciples du pseudo-Hippolyte ^ et du pseudo-Dorothée cite

1. Migne, Patrologie grecque, X, p. 956. IlaxpoSouÀo; £7c;a/.07:o; IIoTeo- Àwv. Cf. l'apparat critique, ibid., p. 341, par. III.

2. Ibid., XIIC, p. 1063, n" 37 : IlarpoCài;, ou xal auTOU 6 'A7:daToXoç

RELIGION

Patrobas, que nomme sain t Paul dans sa lettre aux Romains comme ayant été évêque de Pouzzoles. C'est dire que nous pouvons écarter le nom de ce Patrobas, la liste des 72 disciples n'étant qu'une série d'imaginations sans valeur. Le synaxarium de Constantinople cite aussi le même Patrobas comme ayant été évêque de Pouzzoles; mais, comme le pseudo- Dorothée a été visiblement la source de ce dernier document, cette donnée ne mérite pas non plus qu'on s'y arrête ~.

D'ajirès la tradition locale, le premier évêque aurait été un certain Celsus. On célèbre à Pouzzoles la fête de ce saint, dont l'office, dans sa rédaction actuelle, est moderne. Mais un office plus ancien existait, dont on connaît quelques frag-meiits. C'était celui qu'on disait avant le concile de Trente, ainsi que nous l'apprend l'attestation de témoins qui signèrent, en 1619, un acte de translation de reliques de saint Celse Ce vieil

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