Beloch, Camp., p. 125 ; et Ergânz., p. 466, n
VASE d'oDEMIRA
l'arène de Tamphithéâtre inférieur est une sorte de lanière ou de fouet ; dans l'autre est une branche de feuillage. Celle-ci est le symbole de la victoire dans les combats de gladiateurs ; le fouet a trait à l'exhibition des bêtes féroces. Autour des deux monuments sont dessinés les mâts auxquels on tendait le vélum. L'amphithéâtre supérieur repose sur un soubassement, qui n'existe pas sous l'amphithéâtre inférieur. Le graveur a indiqué ainsi que l'un des amphithéâtres avait des souterrains et que l'autre en était dépourvu.
Il me paraît certain qu'il j avait à Pouzzoles deux amphithéâtres. Jordan prétend que la double représentation fait simplement allusion aux deux catégories de spectacles: les jeux de gladiateurs et les combats de fauves ^ Mais alors pourquoi avoir dessiné deux monuments? Le fouet et le rameau de feuillage auraient pu être réunis dans un seul. Les beaux édifices étaient d'ailleurs en assez grand nombre à Pouzzoles pour que le graveur, n'ayant entre eux que l'embarras du choix, ne fût pas obligé de recourir à l'artifice de représenter deux fois le même, afin de remplir le champ du vase. S'il a dessiné deux amphithéâtres, c'est qu'il y en avait deux et qu'il voulait souligner cette particularité. Peu de cités pouvaient se payer le luxe de plusieurs amphithéâtres. Rome en possédait trois : le Colysée, l'amphithéâtre de Néron, et l'amphitheatrum castrense. Il ne serait pas surprenant que Pouzzoles en ait eu deux ~.
Les ruines d'un seul sont visibles ; on ignore l'emplacement du second, et les indications topographiques du vase d'Odemira ne sont pas assez précises pour que nous puissions le déterminer. Le décorateur a placé les deux amphithéâtres à côté l'un de l'autre : est-ce une raison pour penser qu'ils étaient voisins dans la réalité? Il y a, semble-t-il, dans la composition du vase un mélange de vérité et de symétrie. Comme le graveur a certainement fait un choix, les monuments choisis pouvaient être séparés par d'autres qu'il a omis. Jordan croit qu'ils sont représentés avec une symétrie toute schématique, plutôt que dans leur suite réelle et leurs rapports locaux. Cette affirmation est exagérée. Des voisinages un peu