Ganina, Architectura antica, sez. III, tav
4. De Rossi, art. cit. Du même : Le prime raccolte d'antiche iscrizioni, p. 58 et suiv.
5. On peut lire cette lettre dans Hiilsen, art. cit., p. 214, et dans Burmann, Syll. epist., V, p. 527... « ... Parietinas graphice depictas, in quibus non solum varias deorum imagines videre est, sed etiam oppidum ad mare situm, aedificiis frequens, arcuato ponte, seu potius mole in altum pi^o-
DOCUMENTS TOPOGRAPHIQUES ANTIQUES
Il existe une série de dessins tirés de la même peinture. La table GGIV des Moniimenti incditi de Winckelmann représente un des édifices qui y fig^urent : le Balineum Faustines. M. Hûlsen s'est demandé où Winckelmann avait pris ce dessin, et ses recherches l'ont amené à penser, avec raison, que la gravure de Winckelmann reproduisait un dessin de la Bibliothèque Albani de Rome. Le recueil de Winckelmann date de 1767. Or cinq années auparavant les dessins du cardinal Albani avaient été vendus à Georges III, roi d'Angleterre ; un manuscrit, conservé aujourd'hui au cabinet royal de la bibliothèque du château de Windsor, contient précisément onze dessins, correspondant aux différents édifices de la peinture copiée par Bartoli, à l'exception unique du Balineum Faustinaes, qui resta en Italie et dont se servit Winckelmann. Ils ont été publiés par M. Hûlsen dans les Mittheilungen de l'Institut allemand de Rome ^
Ils reproduisent, à une échelle plus grande, ce qui rend l'étude plus aisée, tous les monuments du dessin de Bellori, sauf l'édifice de gauche, qui a l'aspect d'une bâtisse à deux étages avec, au milieu, un arc ou une niche pour une statue. Il n'y a pas de différences importantes entre les deux séries. M. Hûlsen les a d'ailleurs toutes signalées ~. La peinture antique originale a été retrouvée en 1668 sur l'Esquilin ; mais on ne peut déterminer l'emplacement exact, ni savoir de quel édifice elle provient.
Description du dessin de Bellori. — Ge paysage mari-
currente, cui nioli gemini arcus, statuae équestres, atque alia etiam eius generis ornamenti loco insistunt ». Falconieri parle aussi des inscriptions qui, selon lui, sont de basse époque « ut illac : forus boarius, forus olitorius, portcx Neptuni, aquae pensiles ». Ce passage de la lettre de Falconieri nous prouve que sur le dessin de Bartoli les formes en us au lieu de um (forus = forum) ont été abrégées. Elles ne l'étaient pas sur la peinture originale ; les dessins de Windsor portent aussi les mots non abrégés.
1. Le volume de Windsor est intitulé Disegni di varie antichità. Nettiino (P. 246). Michaelis {Ancient marbles, p. 719, n" Xlll) et Lanciani [Bull, comun., 1895, p. 169-178) en font une brève description. Les dessins occupent les tables IV, V, VI et VII du volume cité des Millheilnnçfen.
2. Hiilsen, art. cit., p. 216-217. La plus importante est celle-ci : sur le dessin de Windsor le forus olitorius est ce qui, sur le dessin de Bellori, est le fo. boar. Mais, comme le dit Hiilsen, « je ne doute pas que cette dernière désignation soit la vraie : une erreur pouvait être faite plus facilement par celui qui transcrivait les noms sur des feuillets isolés que par celui qui représentait le tableau dans sa totalité ». J'ajouterai que Falconieri énumère Içs njonuments dans l'ordre qui est celui du dessin de Bellori,
LE DESSIN DE BELLORI
time se compose d'une jetée à sept arches, surmontée de colonnes et d'arcs de triomphe, l'un au milieu, l'autre à l'extrémité. Sur le premier on voit quatre Tritons (ou Néréides) dont le corps se termine en queue de poisson ; une divinité se tient derrière eux, et les dirige, rênes en mains. Au-dessus du second arc quatre hippocampes sont conduits par un dieu
FiG. 9.
Dessin de Bellori.
(Neptune) Près des parapets, à droite et k gauche, sont deux statues équestres - ; sur les deux premières colonnes deux statues d'hommes nus, debout, levant le bras droit; sur les deux autres, des statues de femmes. A l'entrée de la jetée est une barrière ; la partie inférieure d'une tour ou d'un gros pilier flanque le môle à droite.
Sur le rivage, les édifices sont, de droite à gauche : un petit temple, tout k fait au bord de la mer, avec l'inscription t[emplum) Apollinis; puis un portique : portex Neptuni; audessus, une grande cour quadrangulaire, ceinte de portiques : for[um) olitor[ium) ; au-dessus encore un édifice constitué par trois longs corps de logis, étroits et parallèles, séparant des cours intérieures : aquae pensiles. Tous ces édifices sont k droite de la jetée. A gauche, au premier plan ; le for{um) boar{ium), cour carrée, entourée de portiques, où on entre de face par une très grande porte, sur le côté par un large passage. Au-dessus, un édifice, cour et portiques, sans ins-
1. Sur le dessin de Windsor (n" 9 de Hiilsen, pl. VI), il porte le trident. Un des Tritons du premier arc embouche une longue trompette.
2. Sur le dessin de Windsor, ces statues paraissent ctrç celles de guerriers tenant la lance et le bouclier,
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cription. Viennent ensuite, au premier plan : un monument analogue, et, y attenant, un temple environné de portiques; — un édifice carré, semblable aux fora; — les bains de Faustine : bal{ineum) Faustincs; — enfin une très longue façade à deux étages (avec une niche pour une statue?) Au second plan, on distingue : un grand monument, composé de plusieurs portiques et de cours, dans lesquelles sont deux bassins carrés ; une espèce de socle avec une niche et une statue; puis, enchevêtrés un peu les uns dans les autres, une série d'édifices présentant toujours le même schéma. Il faut remarquer plus spécialement quatre hautes toitures, désignées par le terme àliorrea, et des escaliers au bord desquels court une colonnade (un temple?). Quelques personnages animent la scène. A droite de la jetée, est une île avec des arbres et un certain nombre d édifices.
L'authenticité du dessin de Bellori est garantie non seulement par la lettre de Falconieri, mais par les inscriptions mêmes, dont la langue très spéciale n'aurait pu être inventée par un faussaire : portex pour porticus, le génitif Faustines, forus pour forum, toutes formes rappelant celles de la Forma Urhis Bomae. Ces particularités linguistiques nous invitent à dater du iii" siècle ap. J.-G. l'original copié par Bellori : telle est l'opinion très plausible de M. Hûlsen. La peinture est en tout cas, à cause de la mention des bains de Faustine, postérieure au règne d'Antonin le Pieux.
Hypothèse de de Rossi et de Beloch. — Selon De Rossi, Jordan et Beloch, elle offre une vue du port de Pouzzoles K La
1. Vulpi, dans son Vêtus Latium profanum (III, p. 74) donne l'inscription suivante, comme « in Antiatis Aesculapii templo nuper effossa quamvis vetustate admodum exesa et truncata » : T. Apollinis \ aquae pen. mie \ for. boarius | port, ex neptnni \ fort holilorius \ horrea \ bal. faustina {CIL., X, falsae vel suspectae, 985*). On voit immédiatement que c'est l'inscription du dessin de Bellori, mais mal lue, et peut-être avec intention : Vulpi veut nous donner le change par cette fausse supposition d'une inscription retrouvée à Antium, afin de nous faire croire que tous ces monuments sont ceux du port d' Antium.
On ne peut donc hésiter qu'entre Rome et Pouzzoles. Pour Pouzzoles se prononcent De Rossi {art. cit.), Beloch, Camp., p. 126-127, Jordan, Arch.Ztg., l. c, p. 93. Ce dernier pense que nous avons là une vue de Pouzzoles, mais remaniée à ce point par Bellori qu'elle serait simplement « une utilisation fantaisiste de morceaux authentiques, auxquels précisément la jetée peut avoir appartenu. » Cela est exagéré. La lettre de Falconieri prouve que le dessin de Bellori est une reproduction peut-être imparfaite, peut-être çà et
Le bfessiîi isfe iELLORt
présence des horrea est naturelle dans une ville commerciale. La jetée rappelle jusque dans le détail (hippocampes sur l'arc de triomphe, colonnes avec des statues), celle des vases en verre gravé, lesquels n'étaient pas encore connus à l'époque de Bellori. Gicéron parle d'un porticus Neptuni qui était au bord de la mer, puisqu'on le voyait de la côte opposée de Baia L'ordre topographique convient à Pouzzoles, non à Rome ; le forum holitorium est à droite du forum boarium ; à Rome, l'ordre contraire serait le bon. Ces dénominations ne doivent pas non plus nous surprendre. De Rossi fait remarquer que les quartiers et édifices des villes de province tiraient souvent leurs noms de ceux de Rome : il y avait à Ostie un forum vinarium ~. Rimini avait ses vici Aventin, Cermale et Vélabre 3, Bénévent la regio Esquilina ^. Jordan ajoute à ces exemples ceux des Capitoles provinciaux, le Cermale, le vicus Tuscus et le Vélabre d'Antioche de Pisidie ■\ L'existence d'un temple d'Apollon est explicable dans une vieille ville, grecque, voisine de Cumes. Quant à l'île, qui n'est reliée au rivage par aucun pont, elle ne peut être l'île du Tibre. On ne s'attendrait pas, il est vrai, à trouver une île dans la rade de Pouzzoles ; mais ne représenterait-elle pas schématiquement la côte opposée de Baia Suivant Beloch, il y a de si grandes analogies entre les vases en verre gravé et le dessin de Bellori, qu'on ne peut s'empêcher de conclure qu'ils représentent la même ville « vue du port,
là corrigée, mais qui, dans l'ensemble, a la prétention d'être fidèle. Dans sa Top. der St. Rom., I, 2, p. 474, Jordan, moins hésitant, écrit que le dessin de Bellori représente « les pilae de Pouzzoles avec le quartier voisin, pilae dont la représentation correspond jusque dans le détail à celle des vases de Piombino et d'Odeniira ».
1. Gic, Acad., II, 25, 80 :o praeclarum prospectum ! Putcolos videmus, at familiarem nostrum G. Avianium, fortasse in porticu Neptuni ambulantem, non videmus.