‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 192 sur 341 · Ibid., IX · texte numérisé non relu

Ibid., IX

5. CIL., III, 289, 290, 276, 297. Ajoutons à ces différents exemples ceux du forum olitorium de Thignica [CIL., VIII, 1468) etduforum transitorium de Lambèse {CIL., VIII, 2722), qui rappellent les noms que portaient deux places de Pouzzoles.

6. Non pas que cela fût ainsi sur la peinture originale; mais M. Beloch pense qu'il y a là une inexactitude de Bellori, causée parle mauvais état de la peinture. Dans le détail « Bellori peut avoir rendu d'une façon parfois inexacte l'original ; c'est ainsi que l'île, que l'on voit immédiatement derrière le môle, ne peut guère être autre chose que la côte opposée de Baiae » {Camp., p. 127).

206 DOCUMENTS TOPOGRAPHIQUES ANTIQUES

et montant en amphithéâtre sur la colline, comme Naples aujourd'hui. De là les deux rangées superposées de monuments. Nous n'avons pas une autre source dont l'importance soit égale, pour l'étude de la topographie de Pouzzoles ».

Hypothèse*i)E m. Hûlsen. — M. Hiilsen revendique pour Rome le dessin de Bellori, qui, selon lui, nous transporte sur la rive subaventine.

Les ressemblances entre ce dessin et les vases de verre se réduisent, dit-il, à presque rien. De tous les noms qu'on lit sur le vase d'Odemira, sur celui de Piombino et sur celui du musée Borgien, c'est-à-dire de treize noms, pas un seul ne se retrouve sur le dessin. Tandis que les vases de verre ont au moins en commun quelques détails des édifices principaux, la peinture copiée par Bellori non seulement ne reproduit aucun de ces monuments, mais en ajoute tant d'autres qu'il est difficile de croire qu'ils aient tous été voisins du port de Pouzzoles. La seule ressemblance qu'on puisse alléguer est celle du môle. Mais les jetées des ports, maritimes ou fluviaux, n'étaient-elles pas toujours construites à peu près de la même façon? La décoration (arcs, colonnes supportant des statues) ne saurait être particulière au port de Pouzzoles; il faut en dire autant des chevaux marins, qui paraissent aux partisans de la théorie de De Rossi un des arguments décisifs. Ce motif sculptural était à sa place dans n'importe quel port. L'ordre topographique est invoqué contre Rome par De Rossi. Cette objection semble sans valeur à M. Hûlsen ; il en est, dit-il, du dessin de Bellori, comme du vase du musée Borgien, sur lequel le rivage du golfe de Pouzzoles est représenté, non comme il devrait l'être, avec Pouzzoles à droite et Baia à gauche, mais dans le sens contraire. Un exemple d'un renversement analogue est fourni par un médaillon d'Antonin le Pieux, sur lequel on voit l'arrivée du serpent sacré d'Esculape dans Tîle Tibérine * : les rives du Tibre y sont interverties. Si, de même, on intervertit l'ordre des monuments sur le dessin de Bellori, tout devient clair, et se rapporte évidemment à la rive subaventine. Le temple d'Apollon est celui qui était près du portique d'Octavie, hors de la porta

1. Besnier, L'ile Tibérine, fig. 19, p. 176. Richter, Top. der St. Rom, fig. 22, p. 202.

LE DESSIN DE BELLORI

Carmentalis *. Viennent ensuite les deux fora, holitorium et boarium. Le porticus Neptuni serait un portique qui fut construit en l'an 149 av. J.-C. (porticus post Spei a Tiberi ad aedem Apollinis medici) - et qui, reconstruit peut-être plus tard, aurait reçu le nom de porticus Neptuni. La présence du môle s'explique, puisque des navalia existaient près de la porta Trigemina ; ces navalia sont le navale inferius, connu par un fragment du plan de Rome ^ et désigné ainsi par opposition aux navalia situés en amont, près du Champ de Mars. Les aquae pensiles seraient un château d'eau, situé sur le Capitole. On lit dans la Notice Gonstantinienne (huitième région) : « aquam cernentem, quattuor scaros sub eadem ^ » ; or une inscription nous apprend que la fontaine aux quatre poissons était au Vélabre, sous le versant sud du Capitole ^ Au-dessus d'elle était l'aqua, dont le nom, corrompu dans les textes de la Notitia, a reçu diverses explications ; M. Hûlsen n'en accepte aucune, pas même la conjecture de Jordan, qui, à la place de cernentem proposait ferventem ^\ Substituant pendens à cernens, il croit que les aquae pensiles de notre peinture sont identiques à Vaqua pendens de la Notitia ^. Quant à l'île, à gauche de la jetée, il n'explique pas sa présence. (( Je ne veux pas décider s'il y a une inexactitude dans les copies de Bartoli et les dessins de Windsor (du reste peu vraisemblable) et si la rive trastévérine était indiquée sur l'original, ou bien si le peintre même a arbitrairement ajouté ce détail. En tout cas, si une île de ce genre manque k Rome, elle manque également à Pouzzoles ». — L'objection qu'on pourrait tirer de l'absence de localités voisines, comme le Palatin et le Capitole, n'est pas soutenable, parce que nous ne savons pas si la peinture a été retrouvée entière. Tout au contraire, il semble à M. Hûlsen qu'elle est incomplète dans la partie supérieure. Les bains de Faustine enfin ne sont pas plus connus à Pouzzoles qu'à Rome et les horrea conviennent également aux deux villes.

1. Sur ce temple cf. T. L.,III, 63 ; IV, 25. Richter, op. cit., p. 212-213.

Page 1