Procop., Bell. Goih., IV, 22, p. 573 (éd. Dindorf
LE DESSIN DE BELLORI
s'appliquent très bien aux navalia du Champ de Mars. Procope écrivait au vi" siècle ap. J.-C, 300 ans après la construction du mur d'Aurélien, lequel enfermait les navalia. 'Ev [jAaTf -ifi izôXu signifie simplement : à l'intérieur du mur d'Aurélien K M. Hiilsen prétend enfin que Gaton d'Utique, revenant de Chypre, aurait débarqué dans le navale inferius; mais le texte de Plutarque qu'il invoque ne renferme pas le moindre indice que le mot vewptov, employé par cet écrivain, soit applicable à un navale inferius du forum boarium plutôt qu'aux navalia du Champ de Mars 2.
Le mot « inferius », qu'on lit sur le fragment de la Forma Urbis Romae ne prouve point qu'il y eût un navale en amont, et un autre en aval de l'île Tibérine. Le navale inferius et un autre qui aurait été « superius » pouvaient se trouver tous deux au Champ de Mars, n'être que des subdivisions d'un seul et même arsenal, dont la Forma Urbis indiquait les deux parties, lesquelles n'étaient « inférieures » et « supérieures » que pour les navires remontant le fleuve^.
On ne s'explique pas non plus la présence d'une jetée dans le Tibre devant des navalia, au forum boarium. Aucune ruine, aucun document littéraire, épigraphique ou archéologique ne laisse soupçonner son existence. Elle n'eût pas été nécessaire. Des navires doivent être, sur le rivage de la mer, protégés contre l'agitation des flots ; mais sur le Tibre, l'utilité d'une jetée de dimensions aussi considérables que celle du dessin de Bellori aurait été nulle. Les vaisseaux, qui ne restaient pas le long du fleuve, étaient rentrés dans les navalia, espace clos, creusé en terre ferme et entouré de murs solides, à l'intérieur des fortifications urbaines ; les navalia du Champ de Mars étaient protégés par le mur d'Aurélien ; il en