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CHAPITRE II

EXTENSION DU TERRITOIRE DE POUZZOLES

Le territoire de Pouzzoles n'excédait guère sous la République 150 hectares; celui de Capoue le limitait étroitement. Cet état de choses remontait au temps, antérieur à l'occupation romaine, où Capoue, à cause de sa grande puissance politique, étendait sa domination presque jusqu'à la mer.

L'établissement des frontières entre Cumes, Capoue et Pouzzoles fut sans doute définitivement réglé par les Romains lors de la première colonisation. Pour deux raisons, Rome laissa à l'ager Campanus une extension considérable, et restreignit le territoire de Pouzzoles à une mince bande de terre le long du rivage : en premier lieu, la vie de Pouzzoles était dirigée vers le dehors ; la population de Dicaearchia (Grecs et Osques grécisés) devait être surtout, comme celle de Cumes, une population de marins ; les colons envoyés en 194 tournèrent aussi, par la force même des choses, leur activité vers le commerce et la marine. On conçoit que, dans ces conditions, les Romains n aient pas retiré à Capoue, qui était un centre agricole, le pays fertile qu'elle possédait jusqu'au Piano di Quarto, au monte Gauro et aux Astroni, et qui constitua l'ager Campanus, déclaré domaine public. Cette constitution du territoire campanien en propriété d'État semble avoir été la seconde raison pour laquelle on ne le diminua pas en faveur de Pouzzoles : au point de vue financier, c'eût été une perte pour l'État romain.

Loin que le territoire de Pouzzoles ait été agrandi, avant Vespasien, aux dépens de celui de Capoue, c'est celui de Capoue qui s'accrut au sud aux dépens, sinon de Pouzzoles, du moins

EXTENSION DU TERRITOIRE DE POUZZOLES

de Naples, puisque Auguste, enlevant les collines Leucogées à cette dernière ville, les donna à Capoue, quand il y conduisit une colonie^.

Limites ducotéde Cumes. — La dénomination de Cumanum donnée à la villa de Cicéron, située sur les bords du Lucrin, à l'endroit où s'est formé le monte Nuovo ~, prouve que le territoire de Cumes s'avançait au moins jusque là. Aucun document ne nous permet d'ailleurs de fixer avec certitude les limites des deux territoires.

Tout ce qu on peut entrevoir, c est une progression constante dans les dernières années de la République et sous l'Empire, de la ville de Pouzzoles vers l'ouest; peu à peu le rivage se couvrit d'habitations jusqu'au Lucrin, de sorte que l'ancien Cumanum de Cicéron fut considéré comme étant à Pouzzoles : l'auteur de la Vie d'Hadrien écrit que cet empereur fut enseveli « in villa Ciceroniana Puteolis » . Cet agrandissement était un fait accompli dès le premier siècle de l'Empire.

« Baia, dit Josèphe, est une ville de Campanie, située à peu près à cinq stades de Dicaearchia^ ». Or Baia s'étendait jusqu'aux stufe di Tritoli, où commençait la rive occidentale du Lucrin, ainsi que nous l'apprend Strabon : « Le lac Lucrin va jusqu'à Baia, séparé de la mer par une digue de huit stades de longueur '' » (via Herculanea).

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