‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 205 sur 341 · LAC LUCRIN ANTIQUE · texte numérisé non relu

LAC LUCRIN ANTIQUE

(d'après la carte de W.DEECKE) j^a superficie^ du, LhLcrin, caitLipj.e, et de, l Averney an/ùfi^e. est ùidùficèe, en, pouitilLe^ . Via, Herculoji&a,' .

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FiG. 12

Tritoli à la Punta Garuso (1 km. 1/2, correspondant aux huit stades de Strabon). La rive orientale du Lucrin partait de la

Baia, loin d'être séparée du lac Lucrin par Bauli, aurait compris tout le rivage jusqu'à l'endroit où commençait le Lucrin, antique (vers les stufe di Tritoli) : les passages cités de Strabon et de Josèphe le prouvent indubitablement; entre Pouzzoles et Baia, il n'est pas question de Bauli. — Toutefois, le texte de Pline n'est peut-être pas inconciliable avec ces données. Nissen n'en tient à tort aucun compte. Le fait qu'Agrippine, dans le récit de Tacite, se fait ramener dans la direction du Lucrin pour être, de là, conduite dans sa villa de Bauli, semble indiquer que Bauli se trouvait dans les parages du Lucrin. Comment accorder cela avec les textes de Strabon et de Josèphe ? En remarquant simplementque les anciens comprenaientBauli dans ce qu'ils appelaient Baiae, regio Baiana. Josèphe parle de Baia comme d'une localité d'une grande extension, presque égale à celle de Pouzzoles (Le). Les anciens désignaient en gros par Baiae toute la côte entre Misène et le Lucrin, en y comprenant Bauli; c'est ce que fait Pline lui-même, quand il écrit : Apml Banlos in parte Baiann piscinam habuit Ilortensius (IX, 172). Remarquons que pour Tacite Bauli est seulement le nom d'une villa impériale (id villae noinen est). — Quoiqu'il en soit, que l'on situe Bauli à Bacoli avec Nissen, ou vers les stufe di Tritoli avec Beloch, unecliose paraît certaine, et c'est la seule qui nous importe : Baiae, qui s'étendait jusqu'à l'entrée du Lucrin antique (stufe di Tritoli), n'était séparée de Pouzzoles que par la via Herculanea.

ÈXTÈNSiON t)U TEtlRITOiRÈ DÈ POÙZZOLES 2^8

Punta Garuso et, remontant au nord, traversait à peu près par le milieu l'emplacement occupé maintenant par le cratère du monte Nuovo * ; c'est vers cet endroit qu était située la villa Giceroniana et que les territoires de Pouzzoles et de Cumes étaient limitrophes ; dans tous les cas, c'est jusque-là que sous FEmpire s'étendit la banlieue de Pouzzoles.

La distance de Pouzzoles à Baia n'est pas tout à fait la même dans Josèphe et dans Strabon : selon Strabon, la longueur de la via Herculanea était de huit stades ; selon Josèphe, l'intervalle entre les deux localités n'eût été que de cinq stades. Mais pour ce renseignement géographique la préférence doit être, à notre avis, accordée à Strabon, dont les données sont confirmées par les études archéologiques et géologiques les plus récentes. Josèphe ne fournit d'ailleurs la distance de cinq stades que comme approximative (oaov Tvô'v-s).

Il est donc très probable que les territoires de Pouzzoles et de Cumes se touchaient à l'est et tout près du lac Lucrin, jusqu'à la rive orientale duquel la banlieue de Pouzzoles s'étendait sous l'Empire.

Limites du coté de capoue et de naples. — Le mont Gaurus, jusqu'au pied duquel s'avançait le territoire de Pouzzoles, appartenait à Gapoue : la Dea Gaura était la déesse d'un pagus capouan2; on sait en outre que, après la colonisation de M. Brutus en 83, l'ager Gampanus était redevenu, en 82, propriété de l'Etat romain ; il l'était encore quelques années plus tard, étant rangé par Gicéron parmi les domaines publics-^.

Nous nous représenterons donc les frontières de Capoue suivant un tracé qui, englobant le mont Gaurus, aboutirait aux confins des territoires de Cumes et de Pouzzoles au nord du monte Nuovo, et qui, contournant la pente méridionale du Gaurus et passant au sud du mont Gigliano, se dirigerait vers les Astroni et la Solfatare.

1. Sur la via Herculanea et sur la superficie du lac Lucrin antique, restituée tant d'après les vestiges de ruines que d'après les observations géologiques et les documents relatifs à l'éruption de 1538, on consultera surtout l'article deW. Deecke : Uber die Gestaltdes Lukriner Sees vor dem Ausbruch des monte Nuovo im Jahr 1538, dans la III' Jahresbericht der (jeogr. Gesellschaft zu Greifswald Teile), 1888, p. 1-18, avec une carte. Cf. principalement les pages 3-4 et 15.

2. CIL., I, 573. Beloch, Camp., p. 320. Cf. ci-dessus, ch. IV, p. 132.

3. Beloch, op. cit., p. 305-306. Cic, De Lege agraria, II, 36.

Ch. Dudois. — Pouzzoles. 15

Ce qui me porte à croire que le Cigliano et que les Astroni faisaient partie du territoire de Gapoue, c'est qu'ils sont situés sur la même ligne que les monts Gaurus et Leucogées qui en faisaient également partie. La prolongation de ces collines constituait une limite naturelle.

Les territoires de Naples, de Gapoue et de Pouzzoles se touchaient, comme nous l'apprend Pline, dans les monts Leucogées (partie orientale de la Solfatare) ^. Le cratère de la Solfatare, qui s'ouvre du côté de Pouzzoles, lui appartenait sans doute. On voit combien, ici encore, le territoire de Pouzzoles était restreint, puisque celui de Naples s'avançait presque jusqu'à la Solfatare, et, comme il est vraisemblable de le supposer conformément à cette situation générale, devait aussi, du côté de la mer, venir dans le voisinage de Pouzzoles, peutêtre jusqu'au mont Oliban, dont la pente, tombant à pic svir le rivage, forme une interruption naturelle.

Le territoire que nous venons de circonscrire comprend une étendue de côtes d'environ 7 kilomètres ; au nord, il s'étend du mont Gaurus aux collines Leucogées sur une longueur de 5 kilomètres ; à vol d'oiseau, la largeur moyenne est de 2 kilomètres. G'est peu de chose; aussi n'est-il pas étonnant qu'on ait jugé nécessaire, à un certain moment, de donner à Pouzzoles un territoire d'arrière-pays correspondant à sa réelle importance.

Agrandissement du territoire de pouzzoles sous l'empire. — La seule circonstance à laquelle on puisse rattacher cet agrandissement est l'établissement d'une colonie par Vespasien. La colonisation de Néron fut toute fictive ; nous avons vu aussi qu'il est difficile d'admettre qu'une colonisation réelle eut lieu sous Auguste ; il aurait fallu en effet, pour donner des lots aux nouveaux colons, agrandir un territoire qui devait déjà être presque entièrement couvert par la ville et ses dépendances. Il ne paraît pas qu'un tel agrandissement ait alors été fait, puisque, sous Auguste, les collines Leucogées appartenaient encore à Naples et à Gapoue ~.

1. Plia., Nat. hist., XXXV, 174. Pline écrit à une époque où le territoire de Pouzzoles ayant été agrandi au nord (sous Vespasien) comprenait peut-être aussi les collines Leucogées. Mais Pline puisait ses renseignements dans des sources d'une époque antérieure.

2. Jusqu'à répoque d'Auguste, les mines de soufre des monts Leucogées

EXTENSION DU TERRITOIRE DE POUZZOLES

Quoi qu'il en soit, il ressort d'un certain nombre de documents que la partie méridionale de lager Campanus fut, sous l'Empire, rattachée à Pouzzoles. La modification opérée fut assez considérable ; on ne donna pas seulement à Pouzzoles les collines qui l'entouraient et la plaine voisine du Piano di Quarto, séparée elle-même de la grande plaine campanienne par un cercle de hauteurs ; on dépassa cette limite, et l'on alla au moins jusqu'à Aversa.

Près de cette localité existait un bourg ou exploitation rurale, le vicus Spurianus, connu par une inscription d'où il ressort nettement qu'il était situé sur le territoire de Pouzzoles K On ne peut dire jusqu'où, au delà, s'avançait la campagne ressortissant à Pouzzoles

^ Du côté de Naples et d'Atella, le limes suivit sans doute l'ancienne ligne du territoire capouan ; englobant les monts Leucogées et les Astroni, il se dirigeait de là vers Aversa. Les inscriptions de Marano prouvent que cette localité dépendait de Pouzzoles (pierre funéraire de Nœvius Vitulus, décurion de Pouzzoles, que son père, Augustale dans la même ville, a fait

appartenaient à Naples; mais cet empereur les donna à Gapoue, quand il fit dans cette ville une nouvelle déduction de colons : Pline, Nat. hist., XVIII, 114. Nissen, Ital. Landesk., II, 2, p. 706. Le territoire de Pouzzoles était donc étroitement limité de ce côté.

1. CIL., X, 3750 : A. Plautius Euhodiis sibi et liberis suis, etc.. Lignes 5 et suiv. : Viens Spurianus cum suis meritoris et diaeta quae est juncta huic monumento cum suis parietibus et fundamentishuic monument{o) cedet si qui ex is qui supra scripti sunt hoc inonumentum aut vicum Spurianum aut diaeta quae est juncta huic monumento vendere volent tune ad rem publicam coloniae Puteolanae pertinebit. — Ces derniers mots prouvent que nous sommes ici sur le territoire de Pouzzoles, comme le croient Mommsen, CIL., X, p. 359, Beloch, Nissen (op. cit., p. 706), P. Desjardins {Tab. Peut., p. 227).

2. Du villag-e de Ducenta (non loin d'Aversa) partait un chemin qui, dans des documents du moyen âge, est désigné comme étant d'origine antique : il allait à Pantano, et rejoignait la via Doniitiana au nord du Lago di Patria, après avoir passé par Trentola (Capasso, Mon. Neap. duc., II, 2, p. 193). Une route carrossable, qui commence à l'endroit appelé sur la carte d'Etat-Major Gmo. Ischitclla, passe aujourd'hui par Santa Maria di Pantano et conduit jusqu'à Ducenta ; elle suit la trace du chemin du moyen âge, qui était lui-même une voie romaine. Celle-ci correspondrait assez bien à un chemin mentionné dans 1 e Liber Coloniarum {Lib. Col., ed. Lachmann-Rudorif, p. 326 : Puteoli colonia Augusta. Augustus deduxit. Ex uno latere iter populo debctur p. x.xx.). Selon Mommsen, les mots ex uno latere prouveraient qu'il s'agit d'un chemin mitoyen, qui longeait la frontière de Pouzzoles, et dont la servitude était attachée au territoire de deux municipalités {Ibid., vol. II, p. 161, n. 18) : « Scheint sich auf eine Strasse zu beziehen, die langs der Gebietsgrenze von Puteoli hinlief, und .■wovon also die Servitus auf zwei Territorien haftet ». La colonie n'ayant pu être établie que sur une partie de l'ager Campanus, le chemin en question

228 TOPOGRAPHIE GÉNÉRALE DU TERRitOiRÈ ET DE LA VILLE

graver ^ ; inscription d'A. Arrius Chrysanthus, également Augustale à Pouzzoles) Il faut rattacher au même groupe de textes l'inscription de T. Marcius Taurus, Augustale, qui provient de Pianura 'K

Le souvenir de l'ancienne grandeur politique de Capoue, qui avait jadis étendu sa puissance presque jusqu'au bord de la mer, était donc effacé. La région donnée à Pouzzoles, une des plus fertiles de l'Italie du sud, était essentiellement agricole ; alors comme aujourd'hui elle était couverte de villages et d'exploitations rurales. Près d'A versa, un domame, le vicus Spurianus, appartenait à la famille des Plautii. La ville d'Aversa ne fut fondée qu'en 1030 ; mais, dès l'antiquité, l'endroit était habité. Beaucoup de localités du moyen âge paraissent avoir succédé à des hameaux ou à des fermes romaines ^ : le vicus Julianus (aujourd'hui Giuliano in Campania) 5, le vicus Piponis 6, le vicus Parete " (aujourd'hui Parete), où il y avait des greniers antiques. D'autres localités, connues dès le x'' et le xi" siècles, et échelonnés le long de la via Campana, occupent peut-être l'emplacement de mansiones (ou d'anciennes fermes : Caloianum (Quagliano), Luxanum (Lusciano), Ducenta ^. La mansio « ad Septimum » sur la via Campana est mentionnée par Léon d'Ostie et dans la Vie grecque de saint Janvier 9.

La région où étaient ces localités reçut sans aucun doute le plus fort contingent de la colonie de Vespasien : c'était un pays plat, admirablement propre au partage des lots. Géogra-

devait servir de frontière entre Pouzzoles et Capoue. Serait-ce la route dont nous avons décrit ci-dessus le parcours ? Puisque le territoire de Pouzzoles s'avançait jusqu'à Aversa, à côté de Ducenta, il serait possible que la route transversale de Ducenta à Cnio. Ischitella eût formé la limite des deux territoires. — M. Beloch, n'apportant aucune preuve de ce qu'il avance, croit que le territoire de Pouzzoles était limité au nord par la frontière naturelle du fleuve Glanis {Camp., p. 16).

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