‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 245 sur 341 · De Criscio, op. cit., p · texte numérisé non relu

De Criscio, op. cit., p

3. D'autres graffiti sont écrits sur les murs. Mais, à la lueur d'une torche, je n'en ai pu distinguer les caractères que très imparfaitement.

AOUÉDlJC CASlPANlEfJ

grosses pierres de tuf (via Campana) que là où elle est maçonnée et arrondie (canal au nord de l'amphithéâtre).

L'aqueduc de Serino qui, traversant Pouzzoles, alimentait Baia et Misène, ne date que du commencement de l'Empire. Pouzzoles, pendant toute l'époque républicaine, ne pouvait donc être alimentée que par l'aqueduc campanien. La seule partie de cet aqueduc que ses murs en appareil réticulé désignent comme une construction de l'Empire, a été postérieurement ajoutée. C'est l'escalier de la via Campana.

En dire davantage est impossible. L'aqueduc fut-il l'œuvre des premiers colons romains ? Son origine est-elle plus reculée ? Seule une comparaison avec l'aqueduc de la Bolla à Naples, qui paraît remonter à l'époque grecque, nous renseignerait. Mais

les descriptions que nous avons de l'aqueduc de la Bolla,

lequel, ayant servi pendant toute l'antiquité et tout le moyen âge et ayant été maintes fois restauré, présente des constructions de diverses époques, — sont beaucoup trop vagues pour nous éclairer K

L'aqueduc campanien apporte encore l'eau à Pouzzoles. Il a été souvent réparé ; n'ayant pu le parcourir, je n'ai pas été à même de me rendre compte de ces réparations. — 11 est mentionné au moyen âge dans des documents de l'Archivio Angioino de Naples, nous apprenant qu'en 1343-1344 et en 1345-1346 la ville de Pouzzoles dut, à la suite de tempêtes et de pluies torrentielles, réparer son aqueduc et les chemins de son territoire 11 ne semble pas, pendant la période suivante, avoir été utilisé jusqu'en 1540, année oii le vice-roi de Naples Don Pedro di Toledo fît « nettoyer et remettre en état l'aqueduc des anciens », afin de « redonner de l'eau aux habitants assoiffés », ainsi qu'il est dit dans une inscription commémorant le fait et rapportée par Mazzella s. Un siècle plus tard

1. La description la meilleure, quoique encore insuffisante, est celle d'Abatc, op. cit.

2. Riccio, Notizie storiche Iratte rfa 6-2 Reg. Angioini delV Archivio di Stato di Napoli, p. 42 (= Capasso, Inveniario dei regislri angioini, p. 362) Reg. 1343 D. fol. 11 ; — p. 43 (= Capasso, p. 360), Reg. 1343. 1344 A. n. 336. fol. 119 ; — p. 44 (= Capasso, p. 363), Reg. 1343. 1344 F. n. 341. fol. 262 t. ; — p. 44 (= Capasso, p. 370), Reg. 1345. 1346 C. n. 350. fol. 15 t.

3. Mazzella, op. cit., dans le Thésaurus de Graevius, IX, 4, ch. I, p. 9. Le passage de l'inscription relatif à l'aqueduc porte: « Ac antiquorum restaurato purgatoque ductu aquas sitientibus civibus sua impensa restituit anno a par tu Virginis MDXL. »

ÀQUÉDÙCâ

l'évêque Léon de Cardenas accomplit de nouveaux iravauîc et le prolongea jusqu'à la fontaine qui se trouve sur la place publique de Pouzzoles K

AQUEDUC DE SERINO

Un aqueduc amenait dans les villes de la Gampanie du sud l'eau excellente du fleuve Serino. L'ingénieur Lettieri en a, au xvi'^ siècle, sur les ordres du vice-roi de Naples, Don Pedro di Toledo, recherché et décrit le parcours entier, depuis le point d'origine. Son rapport demeure encore aujourd'hui notre principale source d'informations sur cet aqueduc ~, dont beaucoup de parties, subsistantes il y a trois siècles, ont depuis disparu. A en juger d'après la description de Lettieri et d'après quelques autres témoignages, l'aqueduc de Serino aurait traversé Pouzzoles et se serait terminé à Misène.

Le rapport de Lettieri, très détaillé pour la section de l'aqueduc qui va des sources jusqu'à Naples (cela se comprend, le but de Don Pedro di Toledo étant de le faire réparer, pour alimenter Naples de nouveau), est beaucoup plus bref, et même insuffisant pour la section qui va de Naples au cap Misène.

Selon Lettieri, l'aqueduc, après avoir traversé Naples, franchissait la colline de PausiUppe, à la sortie de laquelle il se serait divisé en deux bras : l'un se prolongeant à gauche, du côté de Nisida, l'autre allant à Bagnoli et à Pouzzoles. Ce dernier rencontrait, avant Pouzzoles, la masse volcanique du mont Spina et du mont Oliban; il la traversait, et de là se diri-

1 Lettre inédite de Léon de Cardenas conservée aux archives épiscopales de Pouzzoles sous le titre: Pro liminibus Sanctoriim Apostoloriim visitandis Relatio D. Fr. Martini De Léon et Cardenas, etc.. — On y ht, p. 16 : « Civibus sitientibus ex fonte pcr aquae ductum inceptum et nondum complctum aquam intus civitatem perduci causa sumus ... L'une des deux fontaines qui existent sur la place de Pouzzoles (en haut du Cours Victor Emmanuel) porte les armes de Léon de Cardenas. C'est jusqu'à cette fontaine qu'il prolongea sans doute l'aqueduc. A en juger d'après les termes de sa lettre (aquae ductum inceptum . ) le travail fut non pas une restauration d'une section d aqueduc déjà existante, mais une construction entièrement nouvelle (remplacée maintenant par un nouveau canal bâti au xix'' siècle).

2. Le rapport de Lettieri est imprimé dans le Dizionario geografico de Giustiniani, VI, p. 352 et suiv.

AQUEDUC DE SERINO

geait vers la ville, « comme on le voit à présent », dit Lettieri, « sous la demeure du marquis de Trivicho. Plusieurs de ses ramifications parcourent tout le pays ; il distribuait l'eau k beaucoup de grands réservoirs qui se trouvent dans la région, et il aboutissait linalement au grand et merveilleux réservoir (Piscina Mirabile), qui fournissait l'eau en abondance à l'armée de Baia [entendez Misène]. »

Le témoignage de Lettieri concorde avec ceux de Loftredo et de Bartoli, qui disent aussi que l'aqueduc de Serino passait à Pouzzoles. « Aujourd'hui, écrit Loffredo, on voit une grande partie de cet aqueduc dans la colline de Pausilippe, dans celle d'Agnano, et dans l'Oliban. Après avoir envoyé plusieurs embranchements dans la ville, il se réduisait de nouveau à un seul canal, et allait ainsi jusqu'à Tripergole, où on en voit aujourd'hui des restes dans la propriété d'Antonetto Gapomazza, le poète ^ ». Bartoli, enfin, écrit dans sa Thermologia : « Il existe dans cette région des bains un vénérable monument de l'antiquité, k savoir l'aqueduc qui descend d'Antignano et qui, se prolongeant vers Pouzzoles, Baia et Misène, conduisait dans ces localités les eaux abondantes du fleuve Sabato. » Bartoli en signale l'état de conservation particulièrement remarquable sur (( le côté gauche de la route qui conduit au lac d'Agnano » ; il dit aussi que le parcours était le même que celui de la via Domitiana ~.

L'état actuel des ruines ne permet pas de vérifier si Lettieri, Lofîredo et Bartoli sont toujours exacts dans leurs données. Certains indices permettent toutefois de conclure, après eux, que l'aqueduc de Serino ne s'arrêtait pas k Naples, mais se prolongeait vers Bagnoli et Pouzzoles. Le parcours de l'aqueduc k Naples prouve qu'il n'était pas d'une grande utilité pour l'alimentation de la ville ; il la contournait au nord, fournissant de l'eau en passant k un quartier tout k fait excentrique ; son but était au delà La colline de Pausilippe,

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