‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 247 sur 341 · Mau, Pompej, p · texte numérisé non relu

Mau, Pompej, p

5. Mau, op. cit. Beloch, op. cil.^ p. 71 (sans compter Loffredo, Bartoli, Lettieri, etc..)

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réticulé de la plus belle époque ^ fit partie sans aucun doute des travaux accomplis par Agrippa dans le port de Misène. On peut donc vraisemblablement supposer, ainsi que le fait M. Beloch après Lettieri et Loffredo, que la prolong-ation de Faqueduc de Serino vers Naples, Pouzzoles et Misène entrait dans les plans du ministre d'Auguste et fut réalisée par lui %

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Un certain nombre de réservoirs (castella) existent encore à Pouzzoles. Ils datent tous de l'époque impériale.

1° Piscina di Cardito. — Le château d'eau, appelé dans le pays Piscina di Cardito, est situé dans la partie orientale de la ville, un peu au nord des ruines de thermes dits Bagno Ortodonieo. Il comprenait deux réservoirs (plan général, n» 7).

Un canal d'aqueduc (C) s'introduit dans le premier sur le côté est, par un conduit (D), ayant une fermeture à herse. La longueur du réservoir est de 55 mètres, la largeur de 16 mètres, la profondeur est de 15 mètres environ. La voûte est soutenue par trois rangées de piliers (long. : 0™ 85 à 0"' 90 ; larg. : 1'" 5.^1 à l-"^ 60), au nombre total de 30, distants les uns des autres de 4"' 60 (sens de la longueur du réservoir) et de 2'" 55 à 2'» 62 (sens de la largeur). La maçonnerie est en briques revêtues d'un ciment de pouzzolane et d'opus signinum, très épais et presque partout intact. De larges soupiraux circulaires dans la voûte (diamètre: 1 m.) assurent le renouvellement de l'air; ils sont au nombre de 5, entre les piliers de la rangée du milieu. Au fond du réservoir (au coin des murs nord et ouest ) subsistent les restes d'un escalier.

1. Beloch, op. cit., p. 202. — Voir la vue intérieure de ce réservo>ir dans Paoli, tav. 62.

2. Aucun document littéraire ou épigraphique ne nous renseigne sur ces différents points.

On lit dans une inscription de Pouzzoles, CIL., X, 1805 : « ma.... v. e.... sacerdoti d. p. immuni omnibus hon. oneribus munerihnsque perfunclo et cur{aiori) aquae Auff {ustae) per annos... omni sumptu proprio [administralae]. A cause des mots : sacerdoti d{ei) p{atrii),\\ est probable que le personnage en question fut préti-e du deus patrius de Misène (cf. ch. II, p. 40). Quant à Taqua Augusta, dont il fut curator, il serait bien possible que ce fût l'aqueduc de Serino, et non l'aqua Augusta de Rome.

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Les eaux se déversaient, du côté sud, dans deux canaux : l'un (E) qui se dirige vers l'ouest; l'autre (F) qui va au sud, puis, après quelques mètres, tourne brusquement vers l'est et alimentait les thermes (Bagno Ortodonico) et le quartier voisin (haut. : 0, 70;larg.: 0, 40).

FiG. 22.

Château d'eau appelé Piscina di Gardito (plan communiqué par M. l ingénieur G. Abatino).

A la naissance de la voûte du réservoir, sur le côté sud, un conduit triangulaire (R) de petite dimension (0, 30 X 0, 30), recouvert de trois larges plaques de briques, servait de canal de décharge.

Le second réservoir comprenait quatorze compartiments ou vasques (larg. : S'" ; long. : 2, 40; haut. : 30) allant en pente douce et communiquant par des ouvertures qui constituent au

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milieu du réservoir une sorte de couloir (1'" 20 de larg-eur). Un canal (G) l'alimentait au nord.

Le revêtement habituel de ciment et d'opus sig'ninum recouvre entièrement les murailles et le sol des vasques ; à l'angle des murs et du sol sont des bourrelets en forme de quart de rond. — L'eau, après avoir parcouru les 14 vasques, s'écoulait par le canal L dans le conduit E ; quand elle dépassait la hauteur de 1™, elle se déversait, grâce à un canal spécial (H), dans le grand réservoir. Dans le quatorzième compartiment, le plus g-rand, est aménagée une vasque secondaire très petite (M) entourée de parois hautes de 0"' 50 et percées de quatre trous circulaires : elle servait de puits absorbant. De cette vasque l'eau passait dans l'aqueduc (E) par un étroit canal tubulaire.

Le conduit d'aqueduc G, qui alimente le grand réservoir, le contourne de façon à prendre la direction de l'ouest. 11 détache un conduit N vers le sud, et passe à travers une petite vasque épuratoire, large de 2 mètres, située à un niveau inférieur de 2 mètres, dans laquelle l'eau tombait en cascade. Au bout de 3"' 80, cette vasque est close par un mur demi-circulaire (haut. : l'^SO), percé de 3 bouches circulaires pour le passage de l'eau. — Le conduit E constituait aussi une petite vasque, où les eaux achevaient de déposer leurs impuretés.

Tous les conduits (C, E, N, F) sont construits de même (opus incertumavec revêtement d'opus signinum et déciment de pouzzolane). Les dimensions du conduit G sont : haut. 1'" 30, larg. 0"^67 ; du conduit E : haut. 4"' 75, larg. 0'" 80. La voûte est arrondie. A la hauteur de 0"' 25 du sol, tout le long des murs, deux étroits rebords saillants forment un trottoir, sur lequel on pouvait marcher à pieds secs. Le mur extérieur du conduit G, le long de la via délia Solfatara, est en appareil réticulé.

Depuis Lettieri et Loffredo, les antiquaires locaux, Paoli, di lorio etc. ont cru que la Piscina di Gardito recevait les eaux du conduit d'aqueduc qui traversait le mont Oliban. Gela est impossible, le niveau de ce conduit étant inférieur à celui du réservoir ^ Rien ne nous permet d'affirmer que la Piscina di

1. L'eau arrivait dans la Piscina di Cardito par un canal venant du nord, du côté de la Solfatare. Le canal creusé dans le mont Oliban a la direction Est-Ouest, et devait aboutir dans la ville basse. Il était à un niveau inférieur

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Cardito fût alimentée par l'aqueduc de Serino plutôt que par l'aqueduc campanien. Peut-être un embranchement de l'aqueduc campanien, traversant ou contournant la ville au nord, y amenait-il l'eau. Si au contraire l'aqueduc de Serino l'alimen-

Fk..

Intérieur de la Pis(?ina di Cardilo (travée centrale).

tait, ce ne pouvait être que par un conduit différent de celui que j'ai vu dans le mont Oliban.

Les canaux G et E, au delà de la Piscina di Cardito, se dirigent parallèlement vers l'ouest. On les parcourt sur une lon-

à celui du réservoir. Quand, de la place qui se trouve à côté de la caserne des carabiniers, on regarde le mont Oliban, on voit le conduit à un niveau un peu inférieur à celui de la place : 32 mètres au-dessus de la mer. Or la Piscina di Cardito est plus élevée (42").

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gueur d'une quarantaine de mètres, après quoi ils sont comblés. Le conduit C détachait probablement une ramification vers deux réservoirs situés un peu au sud de son parcours (Cento Gamerelle — Piscinadi Lusciano). En allant toujours en droite ligne, on rencontre sur sa gauche, un peu au delà de l'endroit où commence la via del l'Anfîteatro, les ruines d'un aqueduc affleurant au ras du sol ; sur une longueur d'une quinzaine de mètres s'étend un conduit dans lequel on pénétrait encore il y a une dizaine d'années, et qui depuis lors a été bouché. Il prolonge exactement l'aqueduc qui vient de la Piscina di Cardito.

Au delà, toute trace du canal disparaît. Etant donné sa direction, il devait passer entre les thermes et le macellum. Un conduit qui alimentait les thermes, et qui figure sur un dessin du P. Paoli, j était vraisemblablement relié.

2° Piscina des Cento Camerelle et Piscina di Lusciano. — Le premier de ces réservoirs se trouve dans un jardin, en contre-bas de la Piazza del Carminé (plan général, n° 6). Il est partiellement bien conservé ; mais, comme on y recueille les eaux de pluie, je n'ai pu y pénétrer, et je dois le décrire d'après les plans du P. Paoli. Long de 50 mètres, large de 20, il est divisé en un grand nombre de compartiments, dont chacun occupe l'espace d'environ 3 mètres carrés. Le conduit amenant l'eau s'ouvrait dans le mur du nord ; à l'est, un canal communiquait aussi avec le réservoir. Les murs sont en appareil réticulé et revêtus d'opus signinum.

Au sud, dans le même jardin existe, à la distance d'une cinquantaine de mètres, un autre castellum (Piscina di Lusciano), long de 35 mètres, large de 20, divisé en 21 compartiments communiquant dans le sens de la longueur par des ouvertures cintréës assez basses, et dans celui de la longueur par des ouvertures qui atteignent presque la hauteur même de la voûte (plan général, n° 5). — Jusqu'à la distance de 1"" 60 du point culminant de la voûte, le revêtement des murs comprenait de la brique pilée mélangée au ciment; à partir de cette hauteur, il ne se composait plus que de ciment de pouzzolane. La maçonnerie est faite de couches successives de briques et d'appareil réticulé. Dans une maison voisine subsistent les restes d'un conduit, parallèle au côté nord du réservoir, construit en appareil réticulé et ayant une voûte triangulaire (haut. 1"' ; larg. 0™50).

3" Autres réservoirs. — Deux réservoirs sont encore à signaler.

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L'un est dans la ville basse (via Garibaldi). Trois compartiments sont à peine déblayés (larg. : 5, 50 ; long. : 4"', 70 et 2, 75) . C'est une construction de l'époque impériale. — L'autre est situé au nord-ouest de l'amphithéâtre, à côté de l'endroit où on a trouvé le grand dépôt de poteries de la fabrique du céramiste Naevius (plan général, n« 7). Il est construit en appareil réticulé. Six compartiments seulement subsistent, communiquant entre eux par des ouvertures (larg. : 1'") qui forment une sorte de couloir central. La longueur de la ruine est de 24 mètres, la largeur est de 12 mètres. Des soupiraux sont percés dans la voûte. Les murs sont recouverts du revêtement habituel d'opus signinum. Dans un des compartiments existe une petite vasque servant de puits absorbant. — Ce réservoir était alimenté par l'embranchement de l'aqueduc campanien qui passe près de l'amphithéâtre.

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