‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 294 sur 341 · Recueil publié chez G. G. Rossi. Tav. XVIII · texte numérisé non relu

Recueil publié chez G. G. Rossi. Tav. XVIII

LÈâ VlLLAS DÈ POU^ZOLÉS ÈT DÈS ENVIROf^S

femme de Drusus, Antonia, de la tante de Néron, Domitia, étaient célèbres C'est Sergius Orata, Tinventeur de Tostréiculture, qui imagina également d'installer sur le rivage des viviers communiquant directement avec la mer, où Teau se renouvelait toujours -. Chaque espèce de poissons était parquée dans des compartiments spéciaux ; des digues mettaient les viviers à Tabri de l'agitation de la mer. Le renouvellement de Teau était essentiel ; Hortensius critiquait les viviei's de M. Lucullus parce que Feau y séjournait. L. Lucullus avait, à Naples, l'ail creuser une grotte dans une colline, au bord de lu mer, et dans ce vivier naturel, pendant les fortes chaleurs de Tété, les poissons nageaient toujours dans une eau absolument fraîche. Dans sa villa de Baia, des canaux souterrains mettaient en communication les viviers avec la mer, de sorte que le mouvement du flux et du reflux s'y faisait sentir. La bouche du canal, en mer, était protégée par une digue, afin que lors des gros temps aucune agitation ne se propageât dans les viviers •'.

Les bassins artificiels, piscines ou étangs (stagna), avaient encore un autre but; on se promenait sur leurs bords et, quand ils étaient sufïisamment spacieux, on y naviguait; c'est ce que donne à supposer l'inscription des embaenilarii piscinenses, sur laquelle nous revenons plus loin On allait aussi beaucoup en barque dans le

1. Plin., Nat. hist., IX, 55 (viviers d'Horteusius et d'Antonia).

2. Val. Max., IX, 1 : C. Sergius Orata... peculiaria sibi maria excogitavit aestuaris intercipiendo Iluctus pisciumque diverses greges separatis molibus includendos, ut nulla tam saeva tempestas incident, qua non Oratae mensae varictate ferculorum abundarent...

3. Varr., De re ruslica, III, 17 : Piscinas eius (M. Luculli) despiciebat, quod aestuaria idonea non haberet, ac réside aqua in locis pestilentibus liabitarent eius pisces ; contra ad Neapolim L. Lucutlum, posteaquam perfodisset montem ac maritunium flumenimmisisset in piscinas, quae reciproce fluerent ipsae,Neptuno non cedere de piscatu ; ...in Baiano autem aedificans tan ta ardebat cura ut architecto permiserit vel ut suam pecuniam consumeret, dummodo perduceret spccus e piscinis in mare objecta mole, qua aestus bis cotidie ab cxorta luna ad proximam novam introire ac redire rursus in mare posset acrefriçere piscinas — Hortensius avait tout un personnel (piscatores complures) attachés à ses piscines. Varron, ihid.

4. Nous avons déjà parlé dans un précédent chapitre, p. 210, et il est question plus loin des pièces d'eau des villas impériales (stagnum Neronis, étangs d'Alexandre Sévère, etc.). On consultera sur ces bassins artificiels des villas romaines l'article de Roztowzew [Pompeianische Landschaften und rômische Villen, dans le Jarb. des Kais. deutsch. arch. Insi., XIX, 190i, p. 103 et suiv., tab. 5-7, en particulier, p. 113 et 223). — Ces bassins étaient entourés de portiques, de colonnades, de statues (cf. les peintures antiques reproduites par Roztowzew) ; on y allait en barque, quand ils étaient suffisamment grands (Sen., Controv., V, 5, éd. Mïiller : navigabilium piscinarum fréta). Un bassin de ce genre, retrouvé dans une villa des provinces rhénanes, mesurait 58", 30 X 17™, 80. Le bassin d'une villa d'Herculanum mesurait 66", 30 X 7'",10(Winckelmann, Découvertes d'Herculanum, 4° partie, p. 38). Cf. aussi Symm., Ep., VI, 67 : renuntias stagna verrentibus. — Les « stagna verrentes » sont les bateliers des pièces d'eau, des étangs des liches propriétaires.

golfe même, dont les eaux paisibles rendaient aisé le plaisir des promenades sur l'eau. On y voyait flotter les galères impériales de plaisance, celles des riches sénateurs, comme les Symmaques, d'innombrables embarcations où flânaient les baigneurs. Parfois avaient lieu des régates. Mais le Lucrin et FAverne offraient encore une eau plus tranquille et plus sûre pour ces divertissements. Sénèque nous décrit les parties de plaisir des soirées et des nuits d'été \

Un autre luxe était celui des jardins, des portiques, des promenades privées ou publiques. A Baia, c'était le tétrastyle portique à quatre rangées de colonnes, et le bois de myrtes où il y avait des thermes C'étaient, au lac Lucrin, le portique et le parc de l'ancienne villa de Cicéron ; c'étaient les nymphées ou fontaines monumentales, devant et autour desquelles s'étendaient des jardins ; il y en avait une, à Pouzzoles, près du rivage, à l'extrémité occidentale de la ville ''. A Baia, enfin, nous connaissons par une inscription du I" siècle un porticus triumphi, qui appartenait vraisemblablement à une villa, peut-être à une villa impériale, et qui était orné de statues colossales, dont une, représentant un des Dioscures, a été retrouvée 11 avait 46 mètres de longueur ; par son nom et par sa disposition peut-être il rappelait le porticus triumphi, qui était probablement un des portiques de la villa publica à Rome. Un porticus triumphi, imitation de celui de Rome, existait peut-être aussi dans la villa d'Hadrien, à Tivoli. Dans une villa privée de la campagne romaine, il y avait un porticus triumphi, mais très petit, imitation mesquine de celui que rappelait, avec des proportions plus rapprochées sans doute de celles du modèle, le portique de Baia 6.

Villa de Cicéron. — Les villas sur lesquelles nous possédons le plus de renseignements sont celles de Cicéron et de Symmaque. Ce que nous savons sur elles va nous permettre de pénétrer plus avant dans la vie que les riches propriétaires des A'illas menaient sur les bords du golfe de Pouzzoles.

Cicéron possédait deux maisons : l'une à Pouzzoles, qui était, semble-t-il, une maison de rapport, l'autre, sur les bords du Lucrin, qui était sa villa. C'est cette dernière qu'il appelle dans sa correspondance son Cumanurn ; bien qu'elle fût plus rapprochée de Pouzzoles que de Cumes, elle était cependant située sur le territoire de

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