‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 325 sur 341 · DE BAGNOLI A POUZZOLES · texte numérisé non relu

DE BAGNOLI A POUZZOLES

A Bagnoli même, il y a plusieurs sources ; la localité ne se compose presque que d'établissements thermaux ; il semble qu'il en ait été de même à l'époque romaine. Les recherches de Bartoli portent à croire que les anciens avaient utilisé les sources de Bagnoli et avaient construit des bains qui continuèrent d'être en usage jusqu'au temps de P. d'Eboli. Quelques fouilles opérées par lui ont mis à découvert les restes de salles qui contenaient des vasques pour l'eau minérale'. Au-delà, le long de la corniche, P. d'Eboli, et après lui, Bartoli, signalent un certain nombre de sources dont l'usage avait dû être transmis par les Romains aux gens du moyen âge ; on y a retrouvé des vestiges de constructions, antiques ou datant du moyen âge ^.

Les ruines d'un immense édifice, non encore fouillé, existent au bord de l'ancien lac d'Agnano, non loin de la grotte du Chien. De toutes parts, en cet endroit, montent du sol des fumaroles que les anciens n'avaient assurément pas manqué de recueillir. Les ruines appartenaient-elles, en tout ou en partie, à un établissement thermal? C'est bien probable. Dans tous les cas, il y avait là, à n'en pas douter, un sudatorium. Sous le règne de Théodoric, en 497 ap. J.-C, saint Germain, évêque de Capoue, vint se soigner aux thermes d'Agnano. D'après des légendes, rapportées par saint

1. Au moyen âge, une source de Bagnoli était connue sous le nom de Balneum Juncarae : P. d'Eboli, loc. cit., p. 9. Inscription de P. d'Aragon, n» V. — Bartoli, Bain, ager, p. 122-123, décrit ainsi les restes de salles, très probablement restaurées au mo,y£n âge : Efîossa terra, balneum nobis sese obtulit, ordine vetusto dispositum... ; propterea ut aquae scaturigine uterentur, sublerraneum fere condidere aedificium, ita dispositum : longiLudo pedum erat 60 ; latitudo vero 12 ; qua longum erat in quatuor divisum erat aediculas aequalis ferme mensurae ; utraque extremarum propriam habet januam, erantque in illis circum parietes caementicia strata ad stragula destinata sustinenda ; per gradus ab utraque in subsequenteni aediculam, couchas circumcludentem, ubi balneiaqua coUigebatur, descendebatur...

2. Ces sources sont celles qui, au moyen âge, s'appelaient Ba/iieum Balneoli et Balneum Petrae ; aujourd'hui deux sources, qui sont utilisées, portent les mêmes noms (Balneoloet Bagno délia Pietra). — P. d'Eboli, p. 10, 11.— Inscr., n°' VI et VII. — Bartoli, Bain, ager, p. 146, écrit à propo-< du Balneum Petrae : « Cryptam in monte reperi ellossam longit. ped. 60, latit. decem, altit. duodecim, in cujus fundo receptaculum erat balnei in monte cfl'ossum, atque hinc ac illinc in lateribus caementicia aliqua lavacra. » — Ibid., p. 134 (Balneolo) : « Tria habebat mediterranea cubicula angusta vetustaque a quibus per gradus 15 in puteum veluti descendebatur, ubi in efl'osso monte aqua balnei coUigebatur. » — Une vingtaine de pas plus loin que le Balneum Petrae, Bartoli a retrouvé une autre source qu'il appelle eau de Calatura, p. 157 : « Crypta sese obtulit subter viam, montem obducta versus, illi Petrae, de qua retulimus, haud dissimilis; erat haec in monte minime eft'ossa, sed caemento constructa; long. ped. erat 40, latit. 6, altit. ped. 10 ; aderant çirca eius iTiedi4m lavacrçrum vetnstorum signa.., >>

Grégoire le Grand, le diacre Pascasius subissait les peines du purgatoire dans le sudatorium d'Agnano \

Dans les collines Leucogées, les Aslroni et la Solfatare jaillissaient des sources utilisées encore au moyen âge. Pline cite Tune d'elles, appelée fonsAraxi^.

Nous avons déjà traité, dans un précédent chapitre, des ruines des thermes et des eaux minérales de la ville même de Pouzzoles.

DE POUZZOLES A MISÈNE

De Pouzzoles jusqu'à Tripergole, nos documents ne nous font connaître l'existence d'aucune source; aucune n'a été trouvée. Mais il y en avait de très nombreuses (les documents du moyen âge en nomment une dizaine) à Tripergole, village qui fut détruit par l'éruption du monte iNuovo. Il est probable que l'une d'elles était celle qui se trouvait dans la villa de Cicéron. Certainement les Romains avaient construit des thermes en cet endroit. « Là, lisons-nous dans Loffredo, se trouvait la plus grande partie des bams de Pouzzoles; on y voyait un truglio antique, qui n'était pas grand comme ceux de Baia, mais bien construit et d'une belle architecture. » Ce que Loffredo appelle truglio, d'un nom qui s'est conservé dans la langue du pays, c'est une de ces grandes rotondes,

1. Grégoire le Grand, Ciai., VI, 40.— Percopo, art. cit., p. 639, note 34. D'Ancona, / precursori di Dante, p. 36. — P. d'Eboli, l. c, p. 5 (v. 11-12). — AA. SS., VIII, 21 mai, p. 438-440. — Baron., Ann., éd. Theiner vol viii ann. 496, n" 50, p. 574. '

2. Pline, Nat. hist., XXXI, 2, 8 : Leucogaei fontes inter Puteolos et Neapohm oculis et vulneribus medentur; XVIII, 11, 2 : In eodem reperitur et sulpur, emicantque fontes Araxi oculorum claritati et vulnerum medicinae, et dentium fumitati. — Les documents du moyen âge et Bartoli font connaître une eau des Astroni, dans la montagne de ce nom, une eau de la Solfatare et une eau dite de la BoUa, dans les collines Leucogées (cf. l'inscr. des bains, et P. d^Eboli, l. c, p. 6, 7). — La source des Astroni a disparu (Breislak, Topografia fisica délia Campania (Florence, 1798), p. 242), ainsi que celle de la Bolla. Cette dernière était probablement celle qu'on appelait à la fin du xviir siècle l'eau des Pisciarelli (Breislak, ibid., p. 234 Entre les deux cratères des Astroni et du monte Spina jaillit l'eau des Pisciarelli à la base septentrionale de la Solfatare. Ce lieu, depuis quelque temps, s'est notablement modifié. Dans une petite grotte creusée sur la pente de la montagne, il y avait une source; aujourd'hui on ne la voit plus. ).. Cf. aussi S'-Non, Vov. pittoresque, II, p. 221.

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du genre de celle que nous allons décrire ci-dessous, et qui faisaient partie d'établissements thermaux K

La ruine la plus importante des thermes romains du lac Averne est celle qui est vulgairement appelée Tempio di Apollo ; elle est située sur la rive orientale du lac, et couvre un espace assez consirable. La partie la mieux conservée est une grande rotonde, mesurant 15 mètres de diamètre et semblable à celle du Tempio di Mercurio et du Tempio di Diana à Baia. La voûte est presque entièrement écroulée. La maçonnerie se compose d'opus incertum de tuf avec un revêtement de briques. La forme du monument était à l'extérieur polygonale, et à l'intérieur circulaire ; il y avait dans les murs, à l'intérieur, quatre niches semi-circulaires, et une rectangulaire en face de l'entrée ; dans la partie supérieure étaient percées huit fenêtres, dont deux existent encore. La porte d'entrée devait être du côté du lac (cette partie de l'édifice est entièrement écroulée) ^. Cette rotonde étaient peut-être, comme les autres du même genre existant dans la région, un Nymphaeum. Gomme les rotondes de Baia, elle reproduit un des types les plus répandus de nymphées. A Rome, près de la Porta Maggiore, existe un monument analogue, polygonal, voûté en forme de tholus, contenant dans les murs dix grandes niches; pendant longtemps, on prit ce monument pour un temple de la Minerva Medica, mais depuis que les restes du sanctuaii^e de la Minerva Medica ont été retrouvés ailleurs, on y voit communément un nymphée ; telle est l'opinion de Petersen, de Richter, de Maas ^. Sur l'Esquilin, près de la rue qui conduit à la Porta Maggiore, existait un autre nymphée, maintenant disparu ; il était également de forme polygonale ''.

1. Les documents du moyen àgc nomment les Balnea (tous ensevelis par l'éruption de 1538) de Tripergulae, Scrofae, S. Luciae, Arcus, Arculi, Raineri, S. Nicolai, Crucis (Lombardi Synopsis, dans Graevius, Thes., IX, 4, p. 28-30). — LolTredo dans Graevius, op. cit., IX, 4, p. 9, li, G : Prope Avernum lacuni monticulusquidem erat...; infra monticulum hune et Avernum atque antrumSibyllae major pars Balneorum Puteolanorumerat; quare et ibidem existebat vicus, ducens ab aquis Averni usque ad mare illius aevi, quoniam major hodierni Novi Montis pars tune a mari occupabatur... Ti ulium ibi videbatur antiquum non aequali magnitudine illi Baiarum, pulchra nihilominus architectura, ac optime. elaboratum.

2. Plan dans Paoli, tav. XLIV. — Le plan de Paoli n'indique que les ruines existant à l'est (à droite) de la rotonde. — Largeur des niches : 5" 72 ; prof. : 2"" 60. — Larg. de la niche du fond : 7" 28. — La première salle à droite de la rotonde mesure 11"" 70 sur 10" 40 ; dans la salle suivante (l" 30 X 4" 70) étaient aménagés des lits de repos et des baignoires (modernes), visibles à l'époque de Paoli.

3. Petersen, Vom a.lten Rom, p. 57. Richter, Top. der St. Rom {2' édit.), p. 322. Maas, Die Tagesgôtter in Rom und den Provinzen, p. 49.

4. Maas, op. cit., p. 49. Lanciani, dans les Atti dei Lincei, 1880, p. 385.

Dei'rière cette rotonde, on voit, du côté nord, une sorte d'étroit couloir, large de l'"95, long- d'environ 25 mètres, dont la hauteur atteint le rebord inférieur des fenêtres de la rotonde ; il est construit en appareil réticulé, voûté, et dans la voûte sont percées quatre ouvertures circulaires à des distances égales. — A gauche de la rotonde, des substructions presque entièrement enfouies constituent actuellement une espèce de mur long de 20 mètres, dirigé ouest-est; vient ensuite une petite pièce ronde (diam. 7"" 80), construite en briques, ayant conservé son revêtement de stuc et recouverte d'une voûte au centre de laquelle est percée une ouverture circulaire. Cette pièce appartenait certainement à des bains ; elle ressemble aux fi^igidaria des thermes de Pompéi. Au-delà, pendant une vingtaine de mètres se succèdent des ruines de murs formant le rebord d'un long talusr-^ — A droite de la rotonde, on distingue, parmi de nombreuses ruines, quelques salles carrées ou rectangulaires.

Ces ruines sont, au moins en partie, celles de bains d'eaux chaudes. Aujourd'hui ces eaux ont disparu; mais, à la fin du XVIII® siècle, on utilisait une source qui était encore visible dans les premières années du xix", et qu'on appelait Aqua cli Capone Dans une des salles, à droite de la grande rotonde, élaient aménagées quelques baignoires, indiquées sur le plan de Paoli ; mais ces baignoires n'étaient pas antiques, comme Paoli semble le croire ^. Seuls étaient antiques les conduits qui amenaient l'eau minérale et qui ont été retrouvés ^. Cette source a été identifiée par Bartoli avec une eau appelée Balneum de Ferris dans les poèmes du moyen âge ''. — L'inscription de Pierre d'Aragon indique, à gauche du Tempio di Apollo, une autre source que Bartoli a identifiée avec le Balneum Subcellarii du poème de P. d'Eboli. Cette source a aujourd'hui disparu

1. Panvini, IL forestière aile antichità di Pozzuoli, p. 88. — De Sariis, op. cit., p. 139.

2. Paoli, l. c. : Aveva dei bagni B (ceux de la seconde salle à droite), che tuttora si conservano.

3. S' Non, Voyage pittoresque, II, p. 264 : « On fait journellement usage de ces bains ; mais il n'y a d'antique que la conduite des sources et les fabriques dans lesquelles on a construit les baignoires. »

4. Percopo, art. cit., p. 166, n" XXI : De Balneo De Ferris in vulgari. — Inscription de P. d'Aragon, n° XIII : Balneum Ferri, ab altéra parte dicti antiqui aedificii manans.

5. P. d'Eboli, dans Graevius, Thes., IX, 4 (De Bain. Piiteol. Synopsis de Lonibardi), p. 33. Inscription de P. d'Aragon, n° XII : Balneum Subcellarium a parte sinistra antiqui et ingentis aedificii prope lacum Averni fluens. — De Sariis, op. cit., p. 139, signale aussi une source d'eau chaude à gauche de l'édifice; il lui donne le nom traditionnel deBagno di Succellario, mais appelle, par confusion, le monument Tempio di Mercurio.

DE POUZZOLES A MISÈNE

Sur la rive méridionale du lac Averne s'ouvre un tunnel, vulgairement appelé grotte de la Sibylle. Il fit probablement partie des travaux entrepris par Agrippa pour la création du Portus Julius, et reliait directement la côte de Baia avec le lac Averne. A moitié chemin, dans le tunnel, une petite porte carrée, à droite, donne accès à une longue rampe creusée dans le roc ; cette rampe aboutit

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Ruines de Ti'iloli, d'après le recueil de G. -G. Rossi (xvii' s.).

à quelques petites pièces pratiquées dans les profondeurs de la colline, en partie ensevelies par des éboulemenls, en partie envahies par des infiltrations. D'après d'anciennes descriptions, il y aurait eu là une source d'eau minérale. Il ne semble pas toutefois que ces pièces, au nombre de trois ou quatre, petites, ni aérées ni éclairées, creusées au cœur de la montagne, à mi-chemin d'un tunnel, aient été des salles de bain. Il est plus prudent de ne pas se prononcer sur leur destination

1. Trattato dei Bagni di Pozzuoli, dans Percopo, art. cit., p. 708. — Celte source est mentionnée pour la première fois, à la fin du xW siècle, par Conrad

API^ENDICE II

Un autre groupe de sources était celui de Tritoli. Les poèmes dil moyen âge et l'inscription de P. d'Aragon n'en mentionnent pas moins de cinq en cet endroit. Aujourd'hui l'espace compris entre le Maricello et la colline est occupé en différents points par des nappes d'eau minérale tiède ; près du sudatorium, sur le rivage, une source jaillit dans le sable; il y en a une autre derrière la cha-

FiG. 53

Vue d'une salle des bains antiques de Tritoli, d'après Paoli (Les constructions basses, à droite et à gauche, étaient modernes)

pelle de San Pietro e Paolo (cf. la fig. 1-2, p. 22 i). L'ensemble des établissements thermaux installés sur le rivage ou sur la pente de la colline était considérable. Il ne reste plus maintenant que les

de Querfurth : Ibidem est palatium Sibyllae, operosis constructum aedificiis, in quo est balneum, quod hodiernis diebus balneum Sibyllae nuncupatur (Pertz, Mon. Germ., XXI, p. 194-195). Elle est appelée par P. d'Eboli bain de la Crypta Columbara (Graevius, Thes., l. c, p. 35). L inscription de P. d'Aragon (n" XIV) porte : Balneum cryptae palumbariae seu Sibyllae. — Mazzella décrit ainsi ces chambres souterraines (Graevius, Thes., IX, 4, Mazzellae, Sit. et antiq. Put., p. 45) : i( Latere dextro introitus patct in cubiculum pulchrum latum pedes octo, longum quatuordecim, et altum tredecim. Ingressuro obviam fiet prope murum in pavimento inciso fragmentum quadratum, quod e planitie parum-

DE POÙZZOLÈS A MISÈNE

couloirs pratiqués dans la montag'ne (stufe di Nerone), et une salle voûtée, creusée à même dans le roc, au pied de la colline, à Fouest des stufe, derrière San Pietro e Paolo. Toutes les autres constructions ont disparu, mais elles subsistaient encore en partie au xvii" siècle. Dans le recueil de gravures édité chez G. G. Rossi, la colline de Tritoli apparaît comme entièrement recouverte de ruines imposantes (Fig. 52)

La première source que Ton rencontrait en allant de TAverne vers les stufe s'appelait au moyen âge le balneum ou lavacrum Silvianae; c'est peut-être le lavacrum Silvani., connu par un texte d'Ammien-Marcellin. Elle se trouvait dans une salle creusée à même dans la colline, à une cinquantaine de pas avant d'ctrriver au sudatorium ^. P. d'Eboli parle d'une seconde source (aqua di San Giorgio) à laquelle conduisait une rampe souterraine creusée dans la montagne Deux autres sources sont également signalées comme existant tout près de la mer, au milieu des ruines antiques

per sese allcvans, speciem lectuli exhibet. Fuerat cella,in quantum sese prodit etiamnunc, universa olim dilissime ornata ; nam tholus exornatus ex colore caeruleo auroque obryzo, murique formati e pulcherrimis sunt lapidibus versicoloribus, et pavimentum itidem constructuni est ex parvis lapidibus, opère musivo coagmentatis, opère, inquam, profecto non minus divite quam ingenioso ». On voit encore aujourd'hui des traces des mosaïques signalées ici par Mazzella, ainsi que le petit lit dont il parle. — H y a quelques autres pièces, toutes fort petites ; on ne peut se rendre compte exactement de leur disposition, vu qu'on ne peut les visiter qu'à la lueur des torches et qu'elles sont à moitié envahies par des infiltrations provenant du lac Averne. Dans une de ces chambres, Mazzella dit que de son temps il y avait une source d'eau chaude. Au milieu de la pièce « t'ormatus fuit lacusculus aquae tepidae, ubi calorem tam infensum senties, ut qui ingrediatur, sudoremprotinus emittat » (l. c.). De Sariis (p. 141-142) prétend avoir encore vu cette source. « Au milieu d'une petite pièce apparaît un petit lac d'eau tiède ; cette source est actuellement pleine de broussailles, de boue et de pierres, et pour cette raison abandonnée ». Depuis lors, la source a disparu.

1. Recueil de G. G. Rossi; Tab. n" xvi. — Sur l'aspect qu'offrait la colline de Tritoli au commencement du xix° siècle, avant que la route actuelle de Pouzzoles à Baia n'eût éventré ce qui restait des ruines antiques au-dessous du sudatorium, on pourra consulter le dessin n° 226 du Voyage pittoresque de

Non (Bains de Néron ou étuves de Tritoli).

2. P. d'Eboli, dans Graevius, l. c, p. 36. — Inscr. de P. d'Aragon, n" xv : Ab Averno versum sudatorium Trituli venientibus primum occurrit. — Sur le plan de G. G. Rossi, il figure sous le nom corrompu de Balnea Sergianum. — Le texte d'Ammien-Marcellin est cité ci-dessus p. 138 et p. 212.

3. P. d'Eboli, ibid., p. 38, 39 : Est aqua quaepoterit de iure Georgica dici | , Abdita telluris vena ministrat aquam | , Qua nuUus poterit, flamma non indice, fungi I : Nam via sub terris plena timoré latet. — Inscr. de P. d'Aragon, n° XVII : Balneum S. Georgii primum sub ascensu ad sudatorium positum. Eau froide (De Sariis, p. 152), qui, aujourd'hui, a disparu.

4. Ce sont les sources appelées au moyen âge Balneum Pugilli et Balneum Petrolei. — Bain. Pugilli. P. d'Eboli, i. c, p. 39, vers 3 : Est iter obliquum

Ch. Dubois. — Pouzzoles. 26

Le P. Paoli donne le plan de deux salles voûtées qui étaient creusées dans la colline, au pied du sudatorium. Les baignoires et les lits de repos qu'elles renfermaient étaient visiblement une addition moderne, mais la voûte d'une des salles était encore, à l'époque de Paoli, décorée de grands caissons de stuc ^ (Fig, 53). Derrière San Pietro e Paolo subsistent aujourd'hui les restes d'une salle voûtée, creusée dans le roc, analogue à celles que décrit Paoli. Les auteurs du moyen âge parlent de salles de bains semblablement creusées dans la colline ; l'une d'elles était ornée de figures sculptées, représentant des baigneurs qui indiquaient par un geste les vertus des différentes sources ^.

parvam quod ducit ad undam. — Inscr. de P. d'Aragon, n° xviii : Balneum Pugilli, secundum sub ascensu ad sudatorium. De Sariis, p. 153. « Cette source est près du rivage, devant l'entrée du sudatorium, en ligne perpendiculaire. » Bain. Petrolei. Inscr. de P. d'Aragon, n° xx : Balneum Petrolei, in quod, dum exis in viani novam per sudatorium adapertam, descenditur. Ibi sudatorium et balneum reperies. — Le sudatorium dont il est question ici ne peut-être que celui qui se trouve au niveau de la mer et que De Sariis décrit sous le nom de Sudatorio Venereo Neroniano (cf. plus bas, p. 404, note 1). L'eau de la source se trouvait dans des ruines antiques, « en briques et en appareil réticulé... La source a maintenant disparu >> (De Sariis, p. 158). — Il faut peut-être assimiler soit avec l'eau de Pugillo soitavee l'eau Petrolea, la source qui jaillit dans le sable, près du rivage, juste au-dessous des stufe di Tritoli.

1. Paoli, tav. L, XIL. — Dans le fond de la première salle, Paoli dessine sur son plan neuf baignoires en maçonnerie ; il en a dessiné six dans la seconde. Ces baignoires (qui reproduisaient peut-être la disposition antique ?) étaient sans aucun doute une adjonction ou une restauration moderne (faite peut-être par Bartoli). — Un certain Paolini, auteur d'un ouvrage intitulé : Memorie sui moiiamenti di antichità, ch'esistono in Miseno, Bacoti etc. (Naples, 1812) signale, p. 67, au pied des stufe di Tritoli, « deux grandes salles » ; devant l'une, dans le sable, est une source d'eau chaude ; « du côté du Lucrin est l'autre salle, anciennement ornée de beaux stucs (c'est la salle dont Paoli donne une vue) ; dans le fond, on voit encore la niche d'où jaillissait l'eau thermale. »

2. P. d'Eboli, l. c, p. 47 : Est locus antiqua testudine ductus in altum | , Rupe sub ingenti celte cavata domus | , Quae plena est hominum formis ex arte peractis | . Ad quid aquae valeant quaeque figura notat(Balneum Tritoli). Conrad de Querfurth écrit, L c. : Interque balnea unum est principale et maximum, in quo sunt ymagines, hodierno tempore vetustate conisumptae, singulas singularum partium corporis passiones demonstrantes. Sunt et alie ymagines gypsee singule singula balnea demonstrantes singulis passionibus profutura. Le bain « principale et maximum » est bien celui de Tritoli, désigné ainsi dans le Poenietto en dialecte napolitain, publié par Percopo, arl. cit., p. 668 : « Chisto bagno de Trituli, ch'è tenuto soprano. » On lit aussi dans Pétrarque : « J'ai vu les ligures sculptées qui indiquent par la direction de leur main quelle est la source et pour quelle partie du corps cette source est bonne » (Pétrarque, Ep. fam., Lib. V, 4). Le rédacteur de la Chronique de Parlhénope (rédigée après 1326), écrit aussi : « In de lo quale bagno erano jntagliate e scolpite cotaly imagine lie quale colle loro mano desingnavano lie jnfirmita » (Chron. de Parthenope, dans Percopo, art. cit., p. 727). Ces figures étaient déjà très abimées au xii' siècle, selon la déclaration de Conrad de Querfurth. — Bouchard, qui visita au xyii" siècle les bains de Tritoli (manu-

DE POUZZOLES A MISÉNE

Les couloirs du sudatorium appelé communément stufe di Nerone s'ouvrent à mi-côte dans la colline ; par eux montaient les vapeurs dans des salles aménagées pour les malades Aujourd'hui on voit encore, à l'entrée de ces galeries, trois ou quatre salles creusées dans le roc, avec des lits de repos taillés aussi dans la roche. Ces salles sont-elles d'origine antique, ou ont-elles été faites postérieurement, au moyen âge? On ne saurait le dire. Elles sont, en tout cas, d'une installation très grossière, — Sous ce sudatorium en existait un autre, au bord de la mer; l'entrée en est constituée par quelques ruines en opus lateritium et en opus reticulatum ; il se compose également de longues galeries souterraines où circulent

scrit publié par L. Marcheix, p. 111), ne dit pas un mot de ces figures qui devaient alors avoir entièrement disparu. De Sariis trompe volontairement son lecteur quand il déclare que, de son temps, on voyait encore dans la grande salle creusée dans la colline (celle dont Paoli nous a donné le plan) des figures en stuc indiquant par leurs gestes les parties du corps malades (p. 160-1). — Bouchard, /. c, décrit ainsi une salle des bains antiques de Tritoli : « Sous une grande voûte creusée dans le roc, au niveau de la mer, longue de 40 pas et large de 15 ou 20, étaient deux vasques communiquant à travers la pierre ; la première avait environ 20 pas de long ou 10 pieds de large, la deuxième, plus petite, s'arrondissait en demi-cercle au fond de la grotte... Les deux vasques sont revêtues tout autour de belles grandes pierres destinées à servir de sièges ; et à côté droit de la grande, il y a même deux ou trois lits cavés dans le roc, où se reposaient et se refroidissaient peu à peu ceux qui s'étaient baignés dans ces eaux chaudes, et voit on aussi quantité de ces mêmes lits en haut au sudatoire, qui servent encore aujourd'hui au même effet. La voûte en est encore toute pleine de beaux stucs très anciens.» Ces stucs portaient, selon Bouchard, des figures d'hommes et d'animaux.

1. La chaleur étouffante et les odeurs sulfureuses qui emplissent ces galeries m'ont empêché de les parcourir. J'ai fait plusieurs fois, mais vainement, la tentative. Il est, au reste, bien difficile de faire, dans ces conditions, une description exacte. Je reproduis, sous toutes réserves, celle de De Sariis, {op. cit., p. 176). « On entre dans ce sudatorium par la grotte située à l'est, et après 20 pas, on trouve deux chemins, l'un à droite, l'autre à gauche, et en suivant celui de droite, après 40 pas, on trouve un puits dans lequel il y a une eau si chaude que, si on la prend dans un vase et si on y met des œufs, ceux-ci y cuisent. Avant d'arriver à ce puits, il y a une autre cavité longue de 30 pas, A main gauche, après les 20 pas de l'entrée, en marchant pendant 8 pas, on trouve une barrière ; on s'avance, à main droite, par une autre galerie dans laquelle, après 40 pas et plus, on trouve une pierre blanche appelée le cheval (il cayallo), indiquant qu'il est nuisible d'aller plus avant; mais celui qui a l'habitude peut continuer; au-delà, la galerie s'élargit; à l'extrémité, il y a une porte grande et bien travaillée et deux gradins par lesquels on descend, mais on ne peut poursuivre, car la respiration vous manque. A partir du Cavallo, à main gauche, on chemine 17 pas, et on trouve un puits sans eau ; à partir de celui-ci, à main droite, il y a une longue galerie qui s'étend jusque sous la punta dell' Epitalfio, et à main gauche, il y en a une autre qui se prolonge jusqu'à la mer. Toutes ces galeries étaient faites pour livrer passage aux vapeurs qui montent et s'exhalent des eaux chaudes. » A l'entrée des galeries sont creusées dans la colline quelques petites pièces, le long des murs desquelles sont disposés des lits de repos, trois ou quatre par pièce.

des vapeurs. Ces g-aleries, maintenant obstruées par des éboulements, pouvaient être parcourues à la fin du xvin" siècle ^.

Il y avait et il y a encore sur le rivage, entre Tritoli et Baia, des eaux minérales. Les documents du moyen âge et Tinscription de Pierre d'Aragon en signalent deux dans des ruines d'édifices antiques, le balneum Solis el Lunae et le halneum Calmae -. Si on longe le rivage en barque, entre les stufe di Tritoli e la punta delT Epitaffîo, on constate l'existence, tout près de ce promontoire, d'une source d'eau chaude au fond d'une grotte creusée dans le roc.

A Baia subsistent d'importantes ruines de thermes. La première que l'on rencontre, en venant de Tritoli, est celle qui est communément appelée Tempio di Diana. C'est un monument octogonal à

1. Ces galeries sont décrites ainsi par De Sariis qui nous apprend qu'elles furent retrouvées à la fin du xviii' siècle par le médecin D. Giovanni Sirignano. « Ce sudalorium une fois découvert, on le fit déblayer et on construisit un escalier qui, de la mer, s'élève jusqu'à la porte d'entrée de l'édifice. A l'entrée, on trouve une petite pièce pouvant contenir six lits de repos, construite en brique et en appareil réticulé et recouverte d'un stuc très dur et rougeâtre ; à gauche, on entre dans une autre petite pièce pouvant contenir deux lits et disposée de telle manière que la lumière puisse y pénétrer sans que le vent y entre ; à main droite, on entre dans un corridor qui mène à un autre divisé en deux bras, un à droite qui va à la mer, l'autre à gauche où, en descendant une marche, on se trouve dans une petite chambre où on peut mettre un lit ; à main gauche, il y a une autre porte, avec une pièce où il y a cinq lits en maçonnerie ; là vient finir un escalier tournant. » De Sariis décrit aussi une galerie, longue d'environ 18 pas, à l'extrémité de laquellp jaillit une source brûlante et fumante, dans des maçonneries en opus lateritium; de cette galerie s'en détache, à gauche, une autre qui monte en pente douce pendant 17 pas, et dans laquelle la chaleur est intense. « La galerie est large de 4 à 5 palmes (=1"" 30), haute de 9 à 10 (= 2" à 2" 20). Elle est entièrement construite en maçonnerie de briques ou réticulée, et elle est voûtée. » L'escalier tournant, signalé par De Sariis, conduisait, dit-il, dans deux chambres, peintes et ornées d'une jolie décoration or et bleu, avec un pavé de marbres vert et jaune. De Sariis décrit, on ne sait pourquoi, ces ruines sous le nom de Sudatorio Venereo Neroniano. Aujourd'hui, on ne peut aller qu'en barque jusqu'à ces ruines qui se composent des restes de deux pièces en opus lateritium, ayant conservé en partie leur revêtement de stuc ; dans la seconde aboutit la galerie, maintenant obstruée, par laquelle circulaient les vapeurs.

2. Inscription de P. d'Aragon (111°), n" 1 : Balneum Solis et Lunae ab hinc (à savoir après Tritoli) post 100 passus in litore inter magnas ruinas. — P. d'Eboli, l. c, p. -41. — Cf. aussi le médecin Giovanni, dans Giacosa, op. cit., p. 337 : « Balneum quod Sol et Luna vocatur, quod Balneum est Maximiani imperatoris. » Le nom de cette source (peut-être anciennement consacrée au Soleil et à la Lune), et le souvenir du séjour fait par les empereurs à Baia, souvenir encore vivant à l'époque de Giovanni, sont également à remarquer.

« Balneum Culmae, quod iO pass. postillud Solis et Lunae a d extra invenies». Inscr. de P. d'Aragon, n" 2. — P. d'Eboli, l. c, p. 41 : Inter aquas alias mirabile Culma lavacrum | Cujus ad accessum non via recta patet | . Immo perobliquum montis ficcedisad undas | .Monstrat iter dubium praevia flamma tibi I . Unda latens intus sudorem provocat intus.

DE POUZZOLES A MISÈNE

Textérieur et constituant à l'intérieur une grande salle circulaire, dont la voûte est à moitié écroulée. La maçonnerie se compose d'opus isodomon de pierres de tuf et de briques, dont les assises alternent (une rangée de pierres de tuf, puis deux de briques). Le diamètre intérieur est de 29" 50; l'édifice est en grande partie comblé jusqu'à la distance de 1"^40 environ du rebord inférieur des fenêtres. Cinq de ces fenêtres existent encore ; elles allaient s'élargissant de l'intérieur à l'extérieur (ayant d'un côté 3'" 90 de large, et de l'autre 5"^ 20), et avaient une hauteur de plus de 8 mètres. La sixième (qui était située immédiatement à droite de la porte d'entrée, est complètement détruite). Entre les fenêtres et à leur niveau sont creusées dans les murs des niches larges de 2"" 08, portant sur leur rebord inférieur des consoles qui servaient sans doute à soutenir deux colonnettes, une de chaque côté de la niche. Une niche plus large que les autres (larg. 4°" 90) se trouvait juste en face de la porte d'entrée. A la partie inférieure de l'édifice, étaient ménagées dans les murs, sous quatre des fenêtres, quatre grandes absides (on en voit le haut). La partie du monument où était la porte d'entrée est complètement détruite \

La disposition de cet édifice est, on le voit, tout à fait semblable à celle du Tempio di ApoUo, près du lac Averne, qui, à notre avis, aurait pu être un nymphée. — Tout autour existent de nombreuses substructions, si informes ou si peu apparentes qu'aucune description n'en est possible. Bartoli nous dit qu'il y avait, à côté, une source d'eau minérale ; elle a aujourd'hui disparu

Un peu plus loin existent, mieux conservés, des thermes où il y avait aussi des eaux minérales. Ils se composent d'une rotonde mesurant 20"" 80 de diamètre ^, comblée jusqu'à une grande hauteur, mais différente de celle des édifices ci-dessus décrits ; elle ne comporte pas de fenêtres, étant éclairée seulement par une large ouverture circulaire, percée au milieu de la voûte, et par quatre lucarnes carrées, également pratiquées dans la voûte ; sous ces lucarnes il y a dans les murs quatre niches (Fig. 54). Étant donné l'éclairage de cette salle, qui est l'éclairage habituel des salles de bains antiques, je

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