Zumpt, Commentationes epigraphicae, p
6. Cicéron, De lege agraria, II, 31 : Nam dixi antea, lege permitti ut quae velint municipia, quas velint veteres colonias, colonis suis occupent. Calenum municipium complebunt, Teanum oppriment ; Atellam, Cumas, Neapolim, Pompeios, Nuceriani suis praesidiis devincient ; Puteolos vero, qui nunc in sua potestate sunt, suo iure libertateque utuntur, totos novo populo atque adventiciis copiis occupabunt.
POUZZOLES A l'époque ROMAINE
libres. Or, comment expliquer la « liberté » que Pouzzoles a maintenant (nunc), au moment où écrit Cicéron ? Le mot libertas semble ne pouvoir convenir qu'à l'état d'une ville qui, politiquement indépendante, ne serait ni municipeni colonie. Zumpt qui croit que la vieille commune grecque subsista jusqu'au règne de Néron conjointement avec la colonie romaine, n'hésite pas à penser que la libertas, dont Pouzzoles jouissait à l'époque de Cicéron, doit s'entendre de la liberté de la commune grecque qui, précédemment opprimée et comme réduite en esclavage par les colons de Sylla, avait recouvré depuis lors sa libertas^ son ius^ sa potestas. Les colons de Sylla auraient été adjoints à ceux de l'année 194. Dès le début, le dictateur, confiant dans la bonne volonté des anciens colons, aurait accordé aux uns et aux autres des droits égaux ; voyant ensuite leur mauvaise volonté à son égard, dont témoignent ses querelles avec le duumvir Granius il leur donna une nouvelle constitution (vo[xcç), qui concédait plus de droits aux nouveaux colons. De cette manière, selon Zumpt, il tint les deux parties de la ville en son pouvoir, les anciens colons par les nouveaux, la vieille ville grecque libre par la colonie.
Zumpt a expliqué ailleurs un peu différemment le passage de Cicéron ~. Les deux groupes de colons, dit-il, étaient en lutte, comme à Pompéi, pour savoir si les vétérans de Sylla ou les anciens colons auraient la prépondérance dans l'élection des magistrats et dans l'administration de la ville. Tant que les lois de Sylla subsistèrent, les vétérans prédominèrent ; les vieux colons recouvrèrent parla suite leur liberté, et devinrent égaux aux autres.
11 est impossible de fournir aucun argument probant en faveur de cette théorie.
1" L'appui que Zumpt cherche dans le passage de Cicéron est sans valeur. Aucun document ne permet d'affirmer que les villes citées avec Pompéi reçurent des colons de Sylla ; le fait d'être confondues avec Pompéi n'est pas, comme le croit Zumpt, une preuve. Tout au contraire, Atella est appelé municipe dans la correspondance de Cicéron Le passage même de la loi agraire n'a pas le sens que Zumpt lui attribue ; Cicéron ne distingue pas trois catégories de villes, mais