‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 41 sur 341 · Cuntz, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cuntz, op. cit., p

2. Detlefsen, op. ciL, p. 1 4.Suctone, Aiifir., c. 46 : « Italiam (non seulement écrit Dctlcfsen, les 28 colonies d'Auguste, mais encore quelques-unes en dehors d'elles) iure ac dignatione Urbi quodam modo pro parte aliqua adaequavit (Augustus) excogitato génère sufl'ragiorum, quae de magistratibus urbicis decurioncs colonici in sua quisque colonia ferrent et sub die comitiorum obsignata Romam mitterent. » D'après Cuntz et Detlefsen, seules les colonies d'Auguste (les 28 dont il est question dans le testament d'Ancyre) et quelques autres assimilées à elles et qui, pour cette raison, figuraient aussi dans la descriptio Italiae et pouvaient être considérées comme coloniae augustae, jouissaient du privilège dont parle Suétone. (Dans ce passage de Suétone, éci'it Cuntz, il est évident qu'il n'est question que des décurions des colonies d'Auguste ; car pourquoi l'empereur aurait-il accordé ce privilège aux « veteres coloniae » plutôt qu'aux municipes?)

3. Il l'a même, au contraire, visiblement fait. Les mots de Pline « coloniarum mentione signala » s'appliquent à toutes les colonies d'Italie, non seulement aux villes de l'intérieur, mais aussi aux villes maritimes. La seule difl'érencc, c'est que Pline, suivant sa propre déclaration, énumère les villes maritimes dans l'ordre géographique, et les villes de l'intérieur dans l'ordre alphabétique qui était celui de la descriptio d'Auguste. Mais il a désigné comme colonies, d'après la descriptio, les unes aussi bien que les autres (cf. en particulier Cuntz, p. 19).

4. On peut entrevoir la façon dont Pline combinait ses sources et travaillait : tout en décrivant les côtes d'Italie d'après les ouvrages de Varron, il effaçait dans la descriptio Italiae d'Auguste les villes qu'il venait de nommer dans sa description côtière, en même temps qu'il faisait précéder de la désignation de colonies celles qui portaient ce titre dans le document impérial (Bormann, p. 36. Detlefsen, p. 16).

HISTOIRE MUNICIPALE DE POUZZOLES

comme Antium et Aquilée ^. Quelques-unes seulement, Tarente, Cosa, Eporedia, dont il mentionne la condition coloniale, n'étaient plus colonies sous Aug^uste. Mais le texte de Pline ne permet pas de supposer que ces villes fig-uraient, àtitre de colonies, dans la descriptio Italiae; ce qui est rappelé, en termes non douteux, c'est leur première colonisation à l'époque républicaine. Le nom d'aucune d'elles n'est suivi delà désignation [mentione) de colonie ~ ; Ostie, qui ne semble pas avoir été colonie d'Auguste, fait en apparence exception ; mais les mots qui suivent immédiatement colonia, à savoir : a romano rege deducta^ rendent probable l'opinion que la source de Pline n'est pas ici la descriptio Italiae 3,

Il est donc loin d'être évident, comme on pourrait le croire conformément à la théorie de Mommsen, que la phrase de Pline sur Pouzzoles provienne tout entière du document varronien. Il reste possible que Pouzzoles ait figuré dans la descriptio Italiae d'Auguste à titre de colonie. Le seul moyen de sortir d'embarras serait d'admettre que Pouzzoles eût cessé d'être colonie entre les règnes d'Auguste et de Néron. Mais cette supposition ne s'appuierait sur aucun document. D'ailleurs une nouvelle difficulté se présente. Néron accorda à Pouzzoles le ius coloniae en 63 ; or une inscription de l'année 56, où il est question du Génie de la colonie, semblerait

1. Aquilée est appelée colonie dans Pline, A^ai. //isf., III, 18 (126) ;Ptolémée, III, 1, 25; CIL., V, 1084, 1127; Pais, Suppl., 93, 198, 211 ;— municipe dans Vitriive, 1, 4, 11 et CIL., V, 903, 968. —L'éditeur du CIL., V, p. 83, croit qu" Aquilée était municipe sous Auguste : si Pline appelle Aquilée colonie, cela doit s'entendre de l'ancienne colonie latine d' Aquilée, devenue municipe depuis la guerre sociale. La source de Pline n'est pas ici la descriptio d'Auguste, mais L. Pison que Pline cite lui-même à propos de la fondation d'Aquilée. Ce n'est que plus tard, à l'époque des Antonins, qu' Aquilée serait devenue colonie. Nissen (op. cit., II, 1, p. 232) croit au contraire qu'Aquilée fut municipe dans le dernier siècle de la République, et élevée par Auguste au rang d'une colonie. De môme, Cuntz (p. 24). En réalité, la question l'cste indécise, les inscriptions où Aquilée est appelée municipe et colonie ne pouvant la trancher. — De même, on ne savu-ait dire si vraiment Antium fut colonia Augusta ; pas un document ne nous y autorise. Cuntz, p. 21, l'admet.

2. La désignation de Tarente et d'Eporedia comme oppida (Tarente : oppidum Laconum... contributa eo maritima colonia, quae ibi fuerat, III, 99. Il ne peut s'agir ici que de la vieille colonie républicaine, antérieure à la guerre sociale, cf. ci-dessus. — Eporedia, III, 123 : oppidum Eporedia Sibyllinis a populo romano conditum iussis) les exclut de la descriptio Italiae d'Auguste. De même, Cosa n'est pas « signata mentione coloniae », III, 51 : Cosa Volcientium a populo romano deducta. Avec Cuntz et Detlefsen, il faut mettre résolument de côté ces trois villes.

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