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POUZZOLES A l'époque ROMAINE
indiquer que, puisqu'on honorait à Pouzzoles, à cette date, le Genius Coloniae, c'est que la ville était colonie K Adniettrat-on qu'elle pouvait être devenue municipe et qu'on continuait cependant à y vénérer, sous son nom de Genius Coloniae, le g-énie local sous la protection duquel avait été placée la première colonie, celle de l'an 194 av. J.-C.? Cela ne serait pas impossible. L'existence de cette inscription complique toutefois le problème.
Aussi bien, la façon la plus simple de le résoudre est-elle d'accepter les deux témoignag-es de Tacite et de Pline, conciliés par l'hypothèse, exposée plus haut, de la coexistence de deux communautés fondues ensemble par Néron.
En tout cas, il n'y eut pas sous Néron de colonisation effective. Le ius coloniae était une charte toute faite qui permit à Pouzzoles (l'empereur lui ayant également accordé son surnom) de s'appeler colonie néronienne: Colonia Neronensis Claudia Augusta Puteoli ~.
1. CIL., X, 1574 : Q. Volusio Satiirn. \ P. Cornelio Scip. cos. | Augustales I qui [Neroni] Claudio | Caesari August. et [Agrippinae] Augustae |
I.O.M. et Genio Coloniae | ludos fecer. xiii. xii. K. Mart. | C. Tantilius CCI. Hyla \ Cn. Pollius. Cn. l. Victor | C. Julius. C l. Glaphyr. | curatoribus (56 ap. J.-C). — A vrai dire, cette inscription n'a pas été retrouvée à Pouzzoles même, mais à Naples; cependant Mommsen la range parmi les inscriptions de Pouzzoles, à cause de la mention du Genius Coloniae, connu par d'assez nombreuses inscriptions de Pouzzoles. On pourrait objecter à Mommsen que ce ne sont pas seulement les inscriptions de Pouzzoles qui ont pu être transportées à Naples, au moyen âge ou plus tard, mais aussi des inscriptions de Gvmies, de Baia, de Misène, et qu'il pourrait être fort bien question ici non pas du Genius de Pouzzoles, mais de celui de Misène, lequel aurait justement été appelé Genius Coloniae, la ville étant en 56 colonia Julia (sur ce dernier point, voir Nissen, op. cit., II, 2, p. 728, n. 4). Toutefois, il faut faire observer que le Génie de Misène est toujours appelé deus patrius, non Genius coloniae {CIL., X, 3704 : diem felicissimum iii. id. ian. natalis dei patrii n., etc.. Cette inscription est rangée au Corpus parmi celles de Cumes, mais appartient à Misène, car il y est fait mention de duoviri ; or Cumes avait des préteurs, CIL., X, 3698 ; Beloch, Camp., p. 155, tandis que Misène avait des duoviri. C/L., X, 3674, 3678. — CIL.,X, 1881 : inscription où il est question du pervigilium dei patrii, et qui a été retrouvée en 1773 à Misène avec les inscriptions 3344 et 3678 qui, toutes deux, ont trait à des choses de Misène. — CIL., X, 1553 {sanciissimo deo patrio), appartient sans doute aussi à Misène (retrouvée, paraît-il, à Pouzzoles; mais elle avait pu y être transportée de Misène). — Je crois donc que l'inscription n° 1574, avec la mention du Genius Coloniae, appartient très probablement à Pouzzoles.
2. Noms qu'on lit sur une inscription provenant de Fratta Maggiorc. CIL., X, 5369. On lit aussi sur un grafïite de Pompéi ; Indicis Aug. Felic. Puteolos. Aniium. Tegeano. Pompeios. Hae sunt verae coloniae. {Not. degli Scavi (1897), p. 198. Sogliano, Colonie Neroniane dans les Rendiconti délia Reale Accademia
HISTOIRE MUNICIPALE DE POUZZOLES
Quelques années auparavant, des troubles avaient éclaté K Autant qu'on peut le conjecturer, c'étaient des émeutes et des revendications populaires, provoquées par la dureté des riches personnages de l'ordre sénatorial. Une grande cité industrielle et commerciale, regorgeant d'une plèbe ouvrière d'esclaves, d'aiïranchis, de marins, d'Orientaux de toutes nationalités, devait déjà être en proie aux difficultés de la question sociale. De là des violences qui menaçaient parfois de la mettre à feu et à sang. Nous voyons que, sous Néron, l'aristocratie et la plèbe en appelèrent à l'arbitrage du sénat romain. On désigna G, Gassius pour rétablir l'ordre. Il n'y réussit pas ; les frères Scribonii lui succédèrent ; ils condamnèrent à mort quelques-uns des meneurs, et matèrent les autres grâce à la terreur inspirée par une cohorte prétorienne qui les avait suivis
GoLONiA Flavia. — Sous Vespasien, Pouzzoles de colonia Neronensis devint colonia Flavia Augusta 3. Pendant la lutte de cet empereur et de Vitellius, elle prit parti pour lui, tandis que Capoue se déclara pour son adversaire ^. Pour la récompenser, il lui donna la partie méridionale du pays capouan ^. G'est dans la même circonstance qu'il dut lui accorder son nouveau cognomen, et y installer des colons,
dei Lincei. S. V., vol. VI (1897), p. 388 et suiv.) Un autre graffite de Pompéi {CIL., IV. 2152) porte : Coloniae Claii[diae] Neronensi PiiteoLinae féliciter. Scripsit C. Juliiis Speratiis Sperali...
1. Les événements qui se passèrent à Pouzzoles dans les dernières années de la République sont aussi fort mal connus. Tout ce qu'on sait, c'est que la ville prit parti, dans les guerres civiles, pour Brutus etCassius, ses patrons, contre Antoine (Gic, Philipp., II, 41), et qu'elle fut ravagée, ainsi que d'autres ports campaniens, par Sextus Pompée qui voulait empêcher le blé d'arriver à Rome (Florus, II, 18). C'est également à Pouzzoles que fut conclue la paix de l'année 39 entre Sextus Pompée et les triumvirs (Appien, B. C, V, 71-73). Le port de Pouzzoles servit de base navale aux triumvirs et spécialement à Octave dans leur guerre contre Sextus Pompée (App., ibid., 78, 97, 98). — Nous ne savons si, dans la période précédente, Pouzzoles avait pris parti pour César ou pour Pompée. Tout ce qu'on peut dire, c'est que Pompée, avant la guerre civile, était très populaire dans les villes campaniennes, Naples, Pouzzoles (Cic, TiiscuL, I, 35), ce qui tient peut-être à ce que, revêtu de la potestas frumentaria, il avait reçu en 57 la surveillance générale des ports et des marchés.