M. III
3. Des Samiens, chassés à la suite de bouleversements politiques de leur pays, se retrouvent alors dans les villes de l'Italie méridionale. Les anciens rattachaient aux révolutions de Samos l'arrivée de Pythagore à Crotone (Diog. Laert., VIII, 3. Jambl., VU. Pyth., I, 28). M. Pais, op. cit., p. 312-313, se
f>OUZ^OLES AVANT L^ÉPÔQUE UOMAlNÉ
donné le silence des auteurs, il nous paraît préférable de rattacher, avec M. Pais, les origines de Pouzzoles à Témig-ration dont Hérodote nous a transmis le souvenir. De toute manière, la fondation de Pouzzoles semble avoir été contemporaine d'un mouvement d'émigration, qui fut la conséquence de la tyrannie de Polycrate, un certain nombre d'oligarques et d'adversaires du régime nouveau ayant dû, de gré ou de force, s'exiler.
Le souvenir de ces exils nous est conservé dans l'histoire du philosophe Pythagore qui, pour fuir le tyran, se rendit chez les Grotoniates, dans l'Italie méridionale. Il est question aussi d'une émigration samienne, à peu près contemporaine, dans un fragment d'Hégésandre de Delphes, rapporté par Athénée ^ ; ce texte nous apprend que des Saniiens, naviguant vers Sybaris, s'arrêtèrent quelque temps dans la région de Siris. Gomme le croit M, Pais, il faut placer le fait entre les années 550 et 510 Quels étaient ces Samiens ? Etaient-ils, eux aussi, des exilés qui, vers la fin du vi® siècle, cherchaient asile dans l'Italie méridionale ? G'est possible. En tout cas, l'ensemble de documents qué nous possédons sur l'histoire de Samos à l'époque de Polycrate nous permet d'accorder notre créance aux textes d'Etienne de Byzance et de saint Jérôme, et de placer vers l'an 520 la fondation de Dicaearchia.
Si Pouzzoles fut fondée par des exilés samiens, son nom Atxaupyata était approprié à la situation d'exilés politiques. A!,xadp)(£ia signifie en eifetle gouvernement des bons, des justes, le gouvernement légitime, par opposition au gouvernement tyrannique (àâr/.oç àpyr,) de la patrie ^.
Un passage d'Etienne de Byzance confirmerait assez la conjecture ^, d'après laquelle les Samiens seraient ceux qui
demande s'il faut placer l'arrivée à Rhegion du sculpteur Pythagoras de Samos vers 528, ou quelques années plus tard. Il ne semble pas qu'il faille la rapporter comme celle de son homonyme le philosophe à la première émigration samienne en Italie, contemporaine de la fondation de Pouzzoles, mais à celles qui eurent lieu plus tard, lors de la conquête de l'Ionie par le roi de Perse. Cf. H. Lechat, Pylhacforas deRhégion (1905), p. 3.
1. Hegesandre de Delphes, dans Athénée,, XIV, p. 656e; ch. 73 (éd. Meineke).
2. C'est-à-dire entre la destruction de Siris et celle de Sybaris. Cf. Stor. délia Sicil., I, p. 313, n. 1.
3. L'explication de Festus renfermerait, en ce sens, une part de vérité : Dicaearchia vocabatur, quae nunc Puteoli, quod ea civitas quondam iustissime regebatur.