‹ Précis de clinique thérapeutique [electronic resource]Chapitre 10 sur 150 · VARIOLE · texte numérisé non relu

VARIOLE

riqnées tièdes et même les lotions avec la solution de sublimé au deux millième sans alcool; les pansements seront faits avec la pommade au précipité rouge à 1 pour 15. Pour l'a pi tui taire, les lavages boriques, la vaseline boriquée suffiront. Pour la bouche et la gorge, les gargarismes et les irrigations avec la solution de chloral au centième constitueront un excellent moyen.

Traitement interne. — De toutes les médications internes proposées pour modérer l'éruption, atténuer la suppuration, calmer les accidents nerveux, la meilleure parait être la médication éthéro-opiacée due à Ducastel. L'administration de l'opium se fait simplement en donnant de 10à20 centigrammes d'extrait thébaique dans une potion de Todd. De plus Ducastel donne chaque jour XX gouttes de perchlorure de fer. Celles-ci seront prises dans un grog ; on évitera de donner du lait aussitôt après. L'éther doit être donné en injections souscutanées. Celles-ci seront faites à la fesse ou à la cuisse très profondément, en plein muscle. On les répétera deux ou trois fois par jour. L'éther donné intérieurement ne remplace que très incomplètement les injections sous-cutanées.

A côté de la médication éthéro-opiacée, on doit mentionner le perchlorure de fer (X à XXX gouttes par jour) et l'acide phénique. Préconisé tout d'abord par Déclat, l'acide phénique cristallisé en neige, très pur, sera donné à doses de 0 gr. 05 à 0 gr. 50 cent, dans une simple potion gommeuse de 125 grammes. Le malade boira après chaque cuillerée une grande tasse de lait.

Traitement des varioles compliquées. — Varioles ataxo-adijnamiques. — La médication éthéroopiacée en insistant sur l'opium dans les formes ataxiques, sur l'éther dans les formes adynarniques, reste le meilleur traitement interne. Aux bains tièdes, on n'hésiterait pas à substituer les bains froids à 20°. Ceux-ci excitent plutôt qu'ils ne diminuent la sortie de l'éruption. Vinay donne un de ces bains de quinze minutes de durée chaque fois que la température atteint 40° et il va jusqu'à six et huit bains par jour. Après chaque bain, le malade est enveloppé et séché au plus vite dans une couverture bien chaude

et il boit un grog chaud. Ce traitement est extrêmement pénible, mais il a réussi dans des formes désespérées avec convulsions, délire furieux, coma et même dyspnée intense. On n'oubliera pas que le délire tient souvent à l'alcoolisme. L'alcool et l'opium sont alors le meilleur traitement.

Varioles hémorrhagiques. — C'est la forme la plus grave de la variole. Le perchlorure de fer, l'alcool, le quinquina, la limonade au citron, la limonade sulfurique, le café, les exhalations d'oxygène, les injections d'éther ou de caféine seront employés, ordinairement sans succès.

Accidents cardiaques. — Les accidents de myacardite, d'endocardite ou détresse cardiaque seront traitées par les ventouses sèches sur le cœur, les injections sous-cutanées d'éther ou de caféine, les potions à la caféine, les inhalations d'oxigène. On n'abusera pas de la digitale et on se défiera de l'opium.

Accidents pulmonaires. — Dans les accidents dyspnéiques du début avant l'éruption, les bains froids constituent peut-être le meilleur traitement. Dans les accidents plus tardifs de la ^période d'éruption et de dessication, on aura recours au traitement ordinaire des bronchopneumonies et de la pleurésie purulente. Ces accidents sont ordinairement fort graves.

Convalescence. - Les individus ayant eu la variole présentent pendant longtemps une aptitude spéciale a contracter la tuberculose (Landouzy). L'hygiène seule peut combattre cette aptitude.

Prophylaxie. — ' La vaccine étudiée plus loin est le seul moyen prophylactique de la variole en général. Au point de vue de la prophylaxie spéciale tout varioleux ne devra reprendre la vie commune qu'après six semaines au moins, qu après avoir pris plusieurs bains pour détacher les croûtes, avoir fait des onctions grasses sur tout le corps. Les vêtements la literie, l'appartement seront soigneusement désinfectes. Le poison de la variole est très transmissible à distance ; desséché, il se conserve fort longtemps. On a vu la variole survenir chez

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