VACCINE
des fossoyeurs ayant exhumé des cadavres varioleux enterrés depuis plusieurs années.
Les personnes appelées à donner des soins à un varioleux devront être revaccinées. Elles se laveront les mains avec une solution de sulfate de cuivre faible (à 12 grammes par litre d'eau), toutes les fois qu'elles auront touché le malade ou les linges souillés. Elles devront aussi se rincer la bouche avec de l'eau bouillie. Elles ne mangeront jamais dans la chambre du malade. Elles devront avoir des vêtements spéciaux et les quitter en sortant de la chambre.
La variole n'est d'ailleurs pas seulement dangereuse au point de vue de la variole même. Elle est comme toutes les suppurations dangereuse au point de vue de la septicémie et surtout de la septicémie puerpérale.
La déclaration sanitaire est obligatoire même dans les formes les plus atténuées de variol'oïde.
IL — Vaccine.
Résumé clinique. — L'efficacité de la vaccine est aujourd'hui indiscutée. La durée de l'immunité conférée par la vaccination n'est guère que de 8 ans environ. Les revaccinations sont donc indispensables. Ce sont les revaccinations obligatoires qui ont fait disparaître presque complètement la variole en Allemagne. IL est inutile d'insister sur ces différents points, mais il importe de s'étendre sur la technique de la vaccination et sur les complications de la vaccine.
Technique de la vaccination. — La vaccination de bras à bras, avec du vaccin pris sur des vésicules au sixième ou au septième jour doit être autant que possible rejetée. Si l'enfant •est un syphilitique héréditaire, alors même que la syphilis serait chez lui encore absolument latente, qu'il n'aurait pas la plus petite manifestation, la lymphe vaccinale prise sur lui transmettrait la syphilis. On a vu de cette façon de véritables épidémies de syphilis. Le.chancre apparaît ordinairement dans la quatrième semaine, mais on l'a vu survenir au bout de
quinze jours seulement ou au contraire après sept semaines et plus. On ne choisira en tous cas comme vaccinifère qu'un enfant à antécédents héréditaires hien connus et âgé de six mois au moins. Il sera avant la vaccination, minutieusement examiné.
La vaccination avec le vaccin frais, pris sur un veau inoculé, est le procédé de choix ; mais il n'est possible que là où existe un institut vaccinal. Force est donc d'employer les pulpes de vaccin. En France on fait presque exclusivement usage des pulpes glycérinées. Celles-ci se conservent deux à trois mois. Ce serait même au bout de deux mois qu'elles donneraient les résultats les plus réguliers, les microbes non vaccinaux étant morts et le virus vaccinal s'étant spontanément épuré (Saint Yves Ménard) ? On rejetera toute pulpe vaccinale présentant une odeur fétide.
L'emploi du vaccin de génisse met entièrement à l'abri de la syphilis. Les craintes qu'on avait conçues relativement à la possibilité de la transmission de la tuberculose par le vaccin provenant d'un veau tuberculeux sont chimériques (Straus).
Comme instrument on préférera à la lancette les vaccinostyles, plus commodes et si peu coûteux qu'ils peuvent ne servir qu'à un seul sujet et être ensuite jetés.
La vaccination doit être faite avec une extrême asepsie. On fera bouillir ou l'on flambera le vaccinostyle ou la lancette ; on lavera la peau à l'eau chaude et au savon, puis à l'eau boriquée. Mais l'emploi d'antiseptiques énergiques si peu qu'il en reste sur la lancette ou sur la peau détermine presque sûrement un insuccès en détruisant le virus vaccinal.
Le lieu d'élection sera la région deltoïdienne chez les jeunes garçons. En raison des cicatrices souvent assez difformes on proposera toujours chez les petites filles de faire la vaccination soit à la partie supéro-externe de la cuisse soit au mollet. A l'occasion on vaccinera sur un nœvus pour amener son atrophie.
Les piqûres, au nombre de six, trois de chaque côté, seront faites sous l'épiderme de façon à ne pas saigner. En Allemagne on préfère une simple scarification verticale très peu