CHAPITRE II
lies méningites.
Résumé clinique.' — Importance des pseudoméningites. Céphalées liées : 1° à la croissance ; 2° au surmenage intellectuel ; 3° aux troubles digestifs ; 4° aux névroses ; 5° au rhumatisme ; 6° aux anémies et aux intoxications ; 7° aux lésions des organes des sens. — Méningites syphilitiques. Méningites de l'adulte. Rémissions trompeuses des méningites. Les méningites épidémiques.
Traitement. — Moyens externes et internes contre la congestion cérébrale. Calmants. — Indications fournies par la syphilis, l'impaludisme, la tuberculose . — Précautions hygiéniques : importance de l'alimentation. Indications des opérations chirurgicales. . — Hygiène des convalescents de pseudoméningites et des prédisposés à la méningite.
Résumé clinique. — Les méningites confirmées sont absolument incurables. Heureusement pour la thérapeutique bien des malades et surtout bien des enfants offrant tous les symptômes d'une méningite soit aiguë, soit tuberculeuse sont en réalité atteints de simples congestions cérébrales. Il ne sera pas moins important d'intervenir dès le début de ces congestions, de cette phase en quelque sorte prémonitoire de la méningite.
Chez l'enfant les causes de pseudo-méningites sont nombreuses. Chez tout enfant se plaignant de céphalées M. Simon1 a bien montré qu'avant d'admettre le début de la méningite même on devait rechercher sept ordres principaux de causes: 1° la croissance ; 2° la fatigue et le surmenage intellectuel ; 3° les troubles digestifs ; 4° les névroses diverses ; o° la diathèse rhumatismale; 6° les anémies et les intoxications ; 7° les lésions du nez, du pharynx, de l'oreille et de l'œil.
La céphalée de croissance survient surtout vers la fin de l'enfance; si elle s'accompagne de fièvre, de congestion cérébrale,
(i) Gazette des hôpitaux, 1891, n" 36 et 37.
il existe du côté des épiphyses, en particulier des genoux, un peu de gonflement, de sensibilité. La fatigue et le surmenage intellectuel s'observent surtout à l'occasion des examens, des concours. 11 est rare que la céphalée aille jusqu'à simuler la méningite. Il n'en est plus de même dans certains troubles digestifs ; dyspepsie, constipation et surtout helminthiase. Il est assez fréquent de voir des accidents graves céder comme par enchantement à l'expulsion de vers intestinaux ou môme d'un simple amas de matières fécales.
Parmi les névroses il en est deux d'importance capitale : l'épilepsie et l'hystérie naissante. Avant que l'attaque ne soit régulière il y a souvent au début de l'épilepsie chez l'enfant, une période de mal de tête, de torpeur entrecoupée deux ou trois fois par jour par des crises convulsives mal définies. Il importe de reconnaître de bonne heure l'épilepsie, le bromure étant très puissant contre cette affection à son début. Dans l'hystérie naissante, en dehors de la diversité des douleurs et de l'bypéresthésie, le caractère même des petits malades, comédiens d'instinct, menteurs fieffés, voulant à tout prix se rendre intéressants, suffirait presque au diagnostic. Toutefois ce diagnostic d'hystérie naissante, d'irritation cérébrale n'est pas complètement rassurant pour l'avenir. Sans s'exagérer l'opinion vulgaire il est certain que les enfants précoces, nerveux, sont prédisposés à la méningite. L'hygiène morale, l'éducation, l'isolement dans un milieu calme et raisonnable, s'imposeront souvent.
Les congestions arthritiques s'observent parfois chez des enfants de souches rhumatismale ou goutteuse. Elles s'accompagnent d'autres accidents de rhumatisme et dégoutte.
Les céphalées par anémie souvent très tenaces et très rebelles simulent rarement la méningite. Il n'en est pas de même des céphalées par intoxication. L'intoxication palustre joue en particulier, même à Paris, un rôle considérable. Les accidents qu'elle provoque sont loin d'avoir toujours le caractère intermittent. La quinine à fortes doses, 50 centigrammes et plus dans les 24 heures, est souvent le seul moyen de diagnostic. Les accidents cérébraux de l'urémie sont particulièrement fré-