LES MÉNINGITES
quents dans l'enfance ; ils passent souvent par une longue période pre'monitoire avant d'arriver à l'attaque d'éclampsie. L'examen de l'urine est donc toujours indispensable. Enfin M. Simon insiste sur l'intoxication par l'oxyde de carbone et par divers médicaments : iode, opium, digitale et surtout belladone.
Du côté des organes des sens, les lésions les plus variées, kératites, conjonctivites, polypes, hypertrophie de la muqueuse des cornets et de la cloison, végétations adénoïdes peuvent donner des céphalées. Mais les lésions qui vont le plus fréquemment jusqu'à simuler la méningite sont les corps étrangers du nez et de l'oreille, le glaucome et surtout les otites. Depuis l'influenza, les otites sont devenues particulièrement fréquentes. On doit toujours les rechercher avec soin; les accidents les plus graves cèdent parfois comme par enchantement à la ponction du tympan, à une incision suivie ou non de trépanation au niveau de l'apophyse mastoïde.
Enfin en cas d'otite avec accidents méningitiques, on doit toujours discuter la possibilité d'un abcès cérébral justiciable de la trépanation.
Sans doute, hélas, la recherche de ces diverses causes sera le plus souvent infructueuse. Alors même que telle ou telle d'entre elles paraîtra possible, le traitement essayé restera sans résultat. Mais avant d'admettre la méningite elle-même, il reste un dernier espoir, c'est qu'il s'agisse de lésions dues à la syphilis héréditaire.
Chez l'adulte, on retrouve la plus grande partie des causes qui viennent d'être signalées chez l'enfant. Il suffit de rappeler brièvement les plus importantes au point de vue des confusions de diagnostic : syphilis, impaludisme, urémie, constipation et helminthiase, état de mal épileptique, intoxications diverses comme causes d'ordre médical ; — glaucome, otites, abcès cérébral comme causes d'ordre chirurgical.
Relativement aux méningites confirmées, il suffira de signaler la rémission trompeuse qui s'observe au déclin de la méningite tuberculeuse et qui est une source si fréquente d'illusion.
Assez souvent les méningites aiguës s'observent sous l'orme épidémique. Peut-être ces méningites épidémiques duesàune infection encore mal connue laissent-elles quelque espoir de guérison.
Traitement. — Si le diagnostic de méningite parait malheureusement confirmé, la première indication du traitement est tout d'abord de lutter contre la congestion cérébrale. Commemoyens externes on emploiera les vessies de glace appliquées sur la tête préalablement rasée, plus rarement les applications de sangsues au niveau des apophyses mastoïdes. Les moyens trop douloureux : grands vésicatoires, frictions à l'huile de croton, à la pommade stibiée seront évités.
Comme moyens internes on emploiera d'une part les purgatifs, de l'autre les calmants. Le meilleur des purgatifs est le calomel, on en donnera de 0 gr. 20 à 0 gr. S0 par jour, par doses fractionnées de 0 gr. 0o chacune. Comme calmants c'est surtout au chloral et aux bromures donnés au besoin en lavement qu'il faut avoir recours ; l'opium est plus nuisible qu'utile au moins dans la méningite tuberculeuse.
Si la syphilis peut être soupçonnée on ferait sur le cuir chevelu des onctions avec la pommade mercurielle, on insisterait sur le calomel, on donnerait l'iodure à hautes doses. En cas d'impaludisme on aurait recours au quinine administré au besoin en lavements ou en injections sous-cutanées. En cas de tuberculose les onctions sur le cuir chevelu avec une pommade iodoformée à 4 pour 30 ont quelquefois paru utiles.
On veillera à ce que le malade soit placé dans une chambre obscure, tranquille et entouré du calme le plus absolu. Les grands bains de tilleul tièdes combinés ou non avec les ablutions froides sur la tête calment parfois assez bien l'agitation. On les évitera chez d'autres malades qui ne les prennent qu'avec grandes difficultés. Si violent que soit le délire, on évitera le plus longtemps possible d'attacher les malades dans leur lit. Mieux vaut, suivant le conseil de Picot et d'Espine, les faire au besoin coucher sur un matelas posé à terre.