‹ Précis de clinique thérapeutique [electronic resource]Chapitre 120 sur 150 · NÉVRALGIES · texte numérisé non relu

NÉVRALGIES

erreurs. Si cette opinion est exagérée, il n'en est pas moins vrai que bien des arthrites, des exostoses, des caries, des abcès sont souvent au début regardés comme desimpies névralgies.

Au point de vue du pronostic, on tiendra grand compte des troubles vaso-moteurs (refroidissement, teinte bleuâtre) et trophiques du côté de la peau, des ongles, des poils. Quand ces troubles existent, il y a ordinairement non une simple névralgie, mais une névrite tenace. Les éruptions d'herpès, qui accompagneront certaines névralgies (zona ophtalmique, intercostal, sacré) sont également importantes pour le pronostic. On connait la gravité des ulcérations cornéennes que peut entraîner le zona ophtalmique. Les cicatrices cutanées des autres formes de zona restent souvent longtemps douloureuses. Enfin les malades atteints antérieurement de zona seraient très prédisposés à la tuberculose.

Traitement. — Un certain nombre d'indications thérapeutiques sont communes à toutes les névralgies. Ce sera dans bien des cas le traitement de l'anémie, de l'hystérie, du diabète, du saturnisme, de l'alcoolisme, qu'il faudra d'abord instituer. En cas de syphilis, la règle sera de combiner l'iodure de potassium à l'intérieur avec les frictions mercurielles faites sur le trajet du nerf. En cas d'impaludisme, si le sulfate de quinine donné à l'intérieur échoue, on pratiquera sur la région atteinte des injections sous-cutanées de quinine (voir Impaludisme) quand cette région le permettra. A la face, force sera de se contenter de frictions avec 'une pommade aux bromhydrate de quinine à 4 grammes pour 20.

Contre la douleur même, l'antipyrine à fortes doses (4 à 6 gr.), Texalgine à doses de 0 gr. 50 à 1 gramme par cachets de 0 gr. 2o seront autant que possible préférées à la morphine. La morphine semble rendre les névralgies particulièrement rebelles à tous les autres modes de traitement. Les injections de morphine ne seront employées que dans les crises très aiguës et très violentes. Dans les névralgies à marche moins aiguë, et où cependant le sommeil est impossible, on préférera à la morphine et à l'opium, le chloral et surtout le sul-

fonal (1 cà 4 gr.). Le sulfonal est presque toujours très bien toléré et l'accoutumance se fait moins vite.

L'acétanilide a été employée avec succès, en particulier dans la sciatique ; on peut la donner en cachets de 0 gr. 25, un toutes les quatre ou cinq heures, en suspendant s'il survient de la cyanose ou du collapsus. On peut aussi la donner en solution alcoolique.

Acétanilide • . . . . 2 grammes

Elixir de Garus ; .... '150 »

Une cuillerée abouche toutes les trois heures en surveillant

l'effet.

Parmi les moyens d'ordre externe, le chlorure de méthyle occupe le premier rang. Pour les névralgies des membres, on emploiera le procédé de la pulvérisation directe. Celle-ci sera faite sur une très large étendue, sans s'attacher outre mesure à suivre le trajet du nerf. Le jet sera dirigé obliquement et non perpendiculairement à la peau. Les cupules, les dépressions que produit le jet direct sont le point de départ de phlyctènes et parfois d'eschares. Le jet, si facile à régler avec les siphons actuels, sera petit, presque filiforme pour ne pas produire de congélations trop profondes.

Pour la face, la région intercostale, on emploiera le stypage. Un simple tampon de ouate hydrophile enveloppé de tarlatane et tenu au bout d'une pince hémostatique constitue un stype suffisant. Ce tampon bien chargé de chlorure de méthyle sera promené sur toute la région douloureuse et appliqué plus longtemps, de façon à former une congélation superficielle, sur les points les plus douloureux. Dans le zona, c'est au niveau des vésicules d'herpès que M. Bailly (deChambly) insiste surtout sur le stypage.

L'électricité vient en seconde ligne. Le procédé de la faradisation énergique dû à Duchesne de Boulogne est très efficace dans les névralgies aiguës, mais il est très douloureux. La peau est préalablement bien desséchée: on emploie un courant aussi intense que possible de la bobine à fil fin pendant deux à trois minutes. Les étincelles statiques agissent

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