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CHAPITRE PREMIER

Coryzas aigus et chroniques .

Résumé clinique : Coryzas aigus : Importance chez le nouveau -né et chez 1 enfant ; 2« Coryzas chroniques. Leurs causes générales (syphilis héréditaire, scrofule) et leurs causes locales. Accidents reilexes entraînés par les lésions chroniques de la pituitaire

Traitement : lo Coryza aigu: a) chez le jeune enfant; moyens de permettre les tétées ; 6) chez l'adulte, moyens de faire avorter le coryza; 2° Rhimtes chroniques: Irrigations nasales et leur technique; insufflations, badigeonnages, cautérisations; Traitement hvdromineral ; Traitement médical et chirurgical de l'ozène.

Résumé clinique. - Le coryza aigu n'a de réelle importance que chez l'enfant. Chez le nouveau-né, il peut apporter une grande gêne à l'allaitement. Chez tous les enfants audessous de trois ans, il peut être suivi, fautes de précautions hygiéniques suffisantes, de bronchites graves et de bronchopneumonies. Souvent aussi Je coryza aigu est le premier symptôme d'une rougeole.

Le coryza chronique et les rhinites ont une importance beaucoup plus grande. Chez l'enfant, tout coryza chronique doit faire songer en première ligne à la syphilis héréditaire en seconde ligne à la scrofule. L'examen direct des fosses nasales sera toujours pratiqué pour ne pas méconnaître des polypes, des corps étrangers, des séquestres qui peuvent être la cause du coryza.

Chez l'adulte on recherchera également les déviations de la cloison, les exostoses ou épines de la cloison, les hypertrophies de la muqueuse, des cornets, l'état congeslif ou variqueux de la pituitah'e. L'ozène, cette affection si pénible et si répugnante se reconnaît de suite. Les trois causes à rechercher surtout sont: l'atrophie de la muqueuse et des cornets, les séquestres, les amas de matière caséeuse. Les abcès du sinus maxillaire sont parfois pris pour de l'ozène.

Les rhinites même légères sont souvent la cause d'enrouements, d'amygdalites, d'accès de suffocation pseudo-asthmatiques, de céphalées très tenaces. Le rôle des réflexes d'origine nasale a été exagéré. « Le nez, comme l'a écrit Lermoyez, devenait immense, envahissait toute la pathologie.- On allait jusqu'à chercher au fond des fosses nasales le remède à la céphalée urémique ou à la dyspnée cardiaque ». Mais en apportant dans les opérations intra-nasales, la réserve nécessaire, on pourra, sans danger, modifier beaucoup de ces accidents réflexes.

Traitement. — Coryza aigu chez le jeune enfant. — Le séjour à la chambre doit être rigoureusement prescrit, quelle que soit la saison. La tête sera couverte d'un bonnet, les jambes et les pieds enveloppés de ouate et d'un taffetas gommé. Les difficultés dans la tétée sont parfois atténuées en détachant les croûtes et graissant le nez avec l'huile d'amandes douces tiède. On a proposé, dans les cas particulièrement graves, d'introduire dans chaque narine pendant la tétée deux petits morceaux de sonde en caoutchouc rouge longs de 3 à 4 centimètres et assurant le passage de l'air. Au besoin pendant un ou deux jours on donnerait le lait de la nourrice à la petite cuiller.

Coryza aigu chez l'adulte. — On est parfois consulté sur les moyens de faire avorter un coryza aigu chez un adulte. Un des meilleurs moyens reste encore l'infusion très chaude de bourrache, additionnée de punch, prise le soir en se couchant dans un lit bien couvert et bien chauffé. La tête sera chaudement enveloppée. Les granules d'un quart de milligramme

d'atropine, pris au nombre de un à quatre dans la journe'e, peuvent également réussir au début. Enfin Hayem indique le mélange suivant :

Acide phénique pur 5 grammes .

Ammoniaque liquide 5

Alcool . 10

Eau distillée 15

On en verse quelques gouttes sur du papier buvard et o n en respire les vapeurs pendant quelques secondes.

Traitement des rbinites chroniques. — On recherchera tout d'abord les causes hygiéniques, usage du tabac à priser , professions exposant à des poussières ou des vapeurs irritantes, en particulier les professions où l'on manie soit l'arsenic soit les. chromâtes. Au point de vue des indications générales on recherchera surtout la syphilis et la scrofule.

Au premier rang des moyens locaux, on doit placer les irrigations nasales. Celles-ci doivent être faites tièdes. L'eau boriquée, l'eau salée (deux cuillerées à café pour un litre), la décoction de camomille additionnée d'une ou deux cuillerées de glycérine par litre, sont très bien supportées. L'eau simple détermine au contraire une vive irritation. Le jet sera très doux. Il sera dirigé non verticalement vers les cellules éthmoïdales, mais horizontalement, parallèlement au plancher des fosses nasales. Faute de cette précaution, les irrigations nasales détermineraient de violentes céphalées. L'embout, de forme demi-ovalaire, devra remplir exactement l'orifice delà narine. Pendant l'irrigation, on recommandera au malade de ne pas parler, crier, de ne pas faire de mouvement de déglutition, de ne pas remuer, de garder la bouche demi-ouverte et de respirer par la bouche. L'oubli de ces précautions expose en effet à la chute du liquide dans la gorge et, accident un peu plus fâcheux, àla pénétration du liquide dans la trompe d'Eustache.

L'irrigation terminée, les malades ne se moucheront pas avec force, mais feront de simples mouvements d'expiration

avec les narines ouvertes. Us ne s'exposeront à l'air extérieur, surtout par un temps froid, qu'une heure après la douche (Duplay). Grâce à ces précautions, les irrigations seront bien tolérées. Continuées longtemps, elles guériront beaucoup de rhinites. Elles amélioreront suffisamment l'ozène pour que la maladie puisse passer presque inaperçue.

Les insufflations de poudres diverses, acide borique, salol, salicylate de bismuth, ne sont utiles qu'à condition d'avoir été précédées par l'irrigation.

Dans le cas de congestion, les badigeonnages avec la solution aqueuse de cocaïne ou d'antipyrine au dixième, avec la solution alcoolique de menthol à 30 pour cent sont utiles. Ces badigeonnages servent aussi à anesthésier la muqueuse avant les" cautérisations. L'application de la cocaïne, pour avoir une anesthésie d'un quart d'heure, doit être prolongée environ dix minutes.

Les simples cautérisations des portions ulcérées de la pituitaire avec la teinture d'iode, la solution de nitrate d'argent au cinquième peuvent se faire sans anesthésie. Les cautérisations faites au galvanocautère pour réduire les hypertrophies de la muqueuse sont au contraire fort douloureuses. Celles-ci ne seront pratiquées que dans le cas d'une indication locale bien évidente. Lermoyez a montré qu'elles sont en effet assez souvent suivies d'accidents infectieux (érysipèle, angines aiguës, otites moyennes) et accidents nerveux (migraines, syncope, spasme laryngé, dépression générale) ou mécaniques (hémorrhagies, rougeur permanente du nez).

Les stations thermales qui doivent être surtout citées dans le traitement des rhinites sontEnghien et Pierrefonds (rhinites scrofuleuses), Royat, laBourboule, le Mont-Dore (rhinites arthritiques), Luchon et Cauterets (rhinites syphilitiques).

Traitement de l'ozène. — La première indication est de détacher les croûtes qui sont la cause principale de la fétidité. On y réussira en faisant précéder l'irrigation d'une fumigation un peu chaude. Les irrigations devront être faites matin et soir et très longtemps continuées. Les décoctions de

camomille, d'eucalyptus, de coca, le lait tiède constituent d'assez bons désinfectants.

Après l'irrigation on peut faire une pulvérisation avec la poudre de calomel mélangée de neuf parties de sous-nitrate de bismuth ; mais on fera surtout des badigeonnages au naphtol camphré, un des meilleurs topiques contre l'ozène. Si l'ozène est lié à une atrophie des cornets, on se trouvera souvent bien de faire un pansement permanent avec un petit rouleau de gaze salolée, très légèrement imprégné de naphtol camphré. Ce pansement sera enlevé chaque soir, et remis le matin seulement.

Le traitement chirurgical de l'ozène (ablation de séquestres, de masses fongueuses ou caséeuses, après la mobilisation du nez) ne peut être que mentionné ici.

Comme station thermale, Challes doit être surtout cité, que l'origine de l'ozène soit scrofuleuse ou syphilitique.

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