CHAPITRE V
Coqueluche .
Résumé clinique. — Début, complications, durée.
Traitement. — Hygiène, alimentation spéciale, changement d'air. — Traitement des quintes, de la bronchite, des complications : bronchopneumonie, faiblesse cardiaque, ulcération sublinguale, hernies ; anémies et bronchites chroniques de la convalescence.
Résumé clinique. — La coqueluche est presque toujours prise au début pour un simple rhume auquel on n'attache qu'une médiocre importance ; puis les quintes caractéristiques apparaissent. Ces quintes peuvent être dangereuses par leur nombre ; les vomissements qui les accompagnent finissent parfois par amener une véritable inanition. Elles peuvent être dangereuses par leur violence, entraînant des complications mécaniques : hernies, chute du rectum, emphysème pulmonaire, hémoptysies, ruptures du tympan. L'ulcération du frein de la langue, presque constante, n'a pas de gravité ; mais la complication réellement dangereuse de la coqueluche est la bronchopneumonie.
Très fréquente dans le milieu vicié de l'hôpital, cette complication est plus rare en ville; elle est très souvent mortelle. En dehors de la bronchopneumonie, la coqueluche n'est grave que chez les tout jeunes enfants, les débilités, les rachitiques.
Certaines coqueluches se prolongent des semaines, des mois. On doit alors se délier beaucoup d'une adénopalhie bronchique et d'une tuberculose consécutives.
Traitement. — Hygiène. — L'hygiène joue le rôle principal dans le traitement de la coqueluche, car c'est par elle seule qu'on peut prévenir les bronchopneumonies. Le séjour dans
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une chambre vaste, aérée, ensoleillée, chauffée à 18° est un des éléments capitaux. L'hôpital est désastreux pour les enfants atteints de coqueluche. En ville même on veillera à la propreté, à l'aération rigoureuse. Les pulvérisations phéniquées ont une grande utilité.
Les sorties seront strictement interdites l'hiver, chez les enfants âgés de moins de deux ans, chez tous les enfants offrant de la fièvre. Elles seront au contraire fort utiles pour entretenir l'appétit si le temps est beau, si l'enfant est robuste. A cet égard il faut surtout tenir compte des conditions de la sortie. On permettra dans une maison de campagne de descendre l'enfant au jardin à quelques moments choisis de la journée. On défendra au même enfant à Paris des promenades forcément éloignées, exposant à des refroidissements. Dans toutes les sorties, l'enfant sera chaudement vêtu ; il évitera toute fatigue, marche prolongée, course ou jeu violent.
L'alimentation sera légère, faite par petits repas peu abondants, pour ne pas provoquer les quintes. Ces repas seront pris aussitôt après une grande quinte. Comby1 remarque justement que le lait, le bouillon, les potages légers sont souvent mieux tolérés que les solides et les purées auxquels on se bornait autrefois pour assurer l'alimentation sous le moindre volume possible afin de ne pas distendre l'estomac. Le café, le Champagne ont souvent aussi une grande utilité. Les tout jeunes enfants atteints de coqueluche seront nourris uniquement au sein. On les fera téter après les grandes quintes. Les tétées seront espacées le plus possible.
Au moment des quintes, certains petits soins : faire asseoir l'enfant, lui soutenir le front, débarrasser la bouche des mucosités, déserrer les vêtements qui pourraient gêner le cou, sont très justement recommandés par Comby. On évitera à l'enfant toute contrariété, toute émotion. S'il faut examiner la gorge, on choisira le moment qui suit une quinte. On évitera cet examen si l'enfant vient de manger. Enfin, au déclin de la maladie, à cette période où la conva-
(1) Voir Comby, Gazette des Hôpitaux, 1893, n° M.