CHAPITRE PREMIER Artliritisme
BÉSUMÉ clinique. — Les parentés et le domaine de l'arthritisme. Ses étapes : 1° Période des simples troubles fonctionnels : leur multiplicité. 2° Période des lésions matérielles : les lésions vaseulaires, la phtisie arthritique.
Traitement : 1° Hygiène : climats,, vêtements, régime etc. ; 2° Médicaments : sulfate de quinine, digitale, opium, bromures, toniques, iodure de potassium, arsenic ; 3° Traitement hydrominéral.
Résumé clinique. — Le domaine de l'arthritisme est bien mal déterminé. L'arthritisme se confond en partie avec la neurasthénie des modernes et avec l'hypocondrie des anciens, avec le ralentissement de la nutrition. Les relations avec l'herpétisme sont telles que nous suivrons comme guide principal pour son étude le Traité de Vherpétisme de Lancereaux. Le nombre d'affections que l'arthritisme englobe est si considérable qu'on a pu dire en plaisantant que l'arthritisme était toute la pathologie.
En réalité, l'arthritisme est une diathèse fort contestable en théorie. En pratique elle a ce très grand avantage de réunir un certain nombre d'affections offrant des règles générales d'hygiène et de thérapeutique communes. Lancereaux distingue dans l'herpétisme ou l'arthritisme deux périodes : celle des troubles fonctionnels, celle des lésions matérielles.
Les troubles fonctionnels sont très variés. Le prurit cutané le prurit vulvaire, le prurit anal peuvent être insupportables. Les névralgies très fréquentes aussi sont souvent accompagnées de phénomènes congestifs. Les viscéralgies qu'elles frappent, l'estomac, l'intestin, la vessie, l'utérus déterminent souvent des douleurs atroces. La migraine est la caractéristique même de l'artrithisme. L'asthme est très fréquent ; c'est souvent dans l'enfance une des manifestations les plus précoces de la diathèse ; parfois l'asthme a été précédé par une manifestation plus précoce encore : le spasme de la glotte. Les palpitations souvent très violentes et très pénibles sont, surtout quand elles s'associent à la névralgie intercostale, une des grandes causes des préoccupatjous hypocondriaques. Une autre cause très vive de ces préoccupations sont les troubles du côté des organes génitaux : pollutions noctm^nes, érections capricieuses et difficiles.
Les troubles fonctionnels prennent fréquemment le caractère spasmodique ou congestif. Les spasmes détermineront de la cystite du col, du vaginisme, de l'œsophagisme, ils joueront un rôle important dans la fissure anale. Les congestions entraînent des hémorrhagies diverses : épist^xis, hémoptysies, hématémèses, melœna, métrorrhagies, flux hémorrhoïdaux. Ces hémorrhagies soulagent souvent beaucoup les malades. Elles sont une cause journalière, en faisant penser à des affections graves, d'erreurs de diagnostic et de pronostic. Sans doute estce à ces troubles congestifs qu'il faut rapporter les troubles de sécrétion fréquents chez les arthritiques ; sueurs, diarrhée, polyurie. Les sueurs sont locales ou généralisées, souvent froides ; elles sont en été particulièrement fréquentes et exposent à des bronchites incessantes. La diarrhée quelquefois très bilieuse survient peu après le repas ; sans coliques très vives. La polyurie survient aussi après le repas sous l'influence du thé, du café. Elle survient aussi sous l'influence des variations brusques de température. Elle s'accompagne parfois d'une albuminurie peu abondante persistant des années sans troubler la santé générale. C'est aussi à des troubles congestifs qu'il faut rapporter les boules œdémateuses du dos des