RHUMATISME CHRONIQUE
sit souvent. On donnera un peu après la fin des repas de deux à six gouttes de liqueur de Fowler. Le malade sera pre'venu que l'arsenic produit souvent une exacerbation passagère, de la douleur et de la tume'faction locale. Cette exacerbation cbez quelques sujets sera telle qu'elle forcera à suspendre momentanémentl'arsenic. L'emploi des bains arsenicaux sera étudié plus loin.
2° Pour calmer les crises douloureuses il ne faut pas compter sur le salicylate de soude. L'antipyrine (2 à 4 gr.) le salol (2 à 6 gr.) le sulfate de quinine (1 gr.) l'exalgine (1 à 2 gr.) réussiront parfois, échoueront souvent. Dans bien des cas il faudra en dernier ressort en venir au chloral et surtout à l'opium. Chez l'enfant ou le rhumatisme se rencontre parfois, M. Simon a obtenu de bons effets de la teinture de colchique. Il en donne d'abord deux gouttes, deux fois par jour après le repas. Cette quantité est portée à six gouttes en augmentant d'une goutte par jour Au bout de huit jours, on diminue graduellement. Le médicament est pris de cette façon quinze jours par mois.
Tous les liniments calmants à base de chloroforme, de ciguë, de belladone, de jusquiame, d'opium seront naturellement essayés, combinés avec l'enveloppement dans de l'ouate et un taffetas imperméable. Les sachets minces de sable fin assez fortement chauffé réussissent quelquefois très bien. Les courants continus ont été vantés par Boudet de Paris. Une large plaque positive sera appliquée sur la nuque (douleurs des mains), sur les reins (douleurs des pieds). Les extrémités malades seront placées dans une cuvette pleine d'eau salée tiède ou aboutira le pôle négatif. On fera tous les jours d'abord, tous les deux et trois jours ensuite une séance d'un quart d'heure avec une intensité de 10 à 15 milliampères.
3» Pour lutter contre l'envahissement progressif on peut employer comme moyens principaux : les alcalins, l'iode et les iodures, les bains arsenicaux, les bains très chauds.
Les alcalins ont été employés à très hautes doses (30 gr. et plus de bicarbonate de soude par jour) par M. Charcot qui les
PLICQUE n
associait ordinairement à la quinine. On se de'fiera de cette médication chez les sujets affaiblis.
La teinture d'iode a été très vantée par Lasègue. Le malade débutera par 8 gouttes prises deux fois par jour vers la fin du repas dans un verre à Bordeaux de vin alcoolique (Malaga ou Banyuls). On augmentera graduellement cette dose jusqu'à soixante gouttes par jour. La gastralgie, la diarrhée succédant à l'amélioration des digestions qui s'observent au début indiqueront que la limite de la tolérance est atteinte. Chez l'enfant l'intolérance est relativement plus rapide. On commencera par une goutte pour dépasser rarement quatre gouttes à chaque repas. Le médicament devra être longtemps continué.
L'iodure de potassium a donné peu de résultats. L'iodure de sodium à doses très faibles et très prolongées (0 gr. 10 par jour) est peut-être plus utile. On peut le donner dans une infusion diurétique (pervenche,pariétaire,chietident) ou dans du
lait.
Les bains arsenicaux doivent être donnés avec précaution. Le malade sera surveillé au point de vue des exacerbations articulaires, des éruptions cutanées, delà gastralgie, delà diarrhée, des vomissements. Les bains pris tièdes et plutôt chauds dureront de trois quarts d'heure ù une heure. Après chaque bain le malade se couchera deux heures dans un lit bien chaud. Chez les sujets nerveux, dans les formes douloureuses subaiguës, on mettra par bain 2 à 10 grammes d'arséniate de soude par dose graduellement croissante et 250 grammes de gélatine. Chez les sujets très débilités on pourra ajouter un à deux kilog. du sel marin. Dans les formes absolument torpides et chroniques on pourra ajouter à l'arséniate de soude 50 à 250 grammes de carbonate de soude par doses croissantes. Ces bains arsenicaux et alcalins puissamment résolutifs sont très excitants. Les bains seront donnés, d'abord tous les deux ou trois jours, puis tous les jours pendant quatre à cinq jours. C'est après sept ou huit bains qu'apparaît le soulagement, c'est après une trentaine de bains que l'impotence cesse et que la liberté des mouvements reparaît. Mais chaque année, au printemps et à l'automne, le malade devra se soumettre ;i