CHAPITRE X
Asphyxies.
Résumé clinique. — Mécanisme de la mort dans les asphyxies.
Traitement. —1° Général: respiration artificielle, tractions rhytmées de la langue, excitants du cœur; 2" Spécial: Submersion. Pendaison. Froid. Toxiques (oxyde de carbone, acide sulfhydique, chloroforme).
Résumé clinique. — Le mécanisme de la mort dans les diverses asphyxies est des plus complexes. Tantôt la privation d'air respirable est le principal agent de l'asphyxie. Tantôt . au contraire il s'agit d'un véritable empoisonnement (oxyde de carbone, hydrogène sulfuré, chloroforme). Tantôt enfin interviennent des causes variables. Chez les noyés par exemple la syncope, la congestion cérébrale interviennent à côté de la privation d'air. Chez les étranglés, chez les pendus, la constriçtion du larynx paraît exercer une action réflexe spéciale. Chez les pendus l'élongation du bulbe produite par la secousse est souvent une cause de mort immédiate. Après avoir indiqué les soins généraux communs aux diverses classes d'asphyxies, submersion, pendaison, asphyxies toxiques, il sera donc indispensable d'étudier séparément les indications propres à chacune d'elles.
Traitement général. - La première indication est de rétablir la respiration. Pour la remplir il existe deux moyens réellement pratiques, la respiration artificielle, les tractions rhytmées de la langue. Dans la respiration artificielle on s'attachera à ce que les mouvements d'abduction des bras soient suffisamment lents (quinze cà vingt fois au plus par minute) à ce qu'ils soient aussi étendus que possible pour dilater la poitrine au maximum. En ramenant les bras contre le thorax on
l'UCQUE
les appuiera vigoureusement pour assurer l'expiration. Les tractions rhytmées de la langue (proce'dé de Laborde) seront faites en saisissant la pointe de la langue avec une simple pinceàforcipressure. Ces tractions seront utilementcombinées avec la respiration artificielle.
Les insufflations directes dans le larynx au moyen d'un tube spécial sont surtout applicables à l'asphyxie des nouveau-nés.
La deuxième indication consiste à ramener les battements cardiaques. Le malade sera vigoureusement frictionné. Il sera s'il est nécessaire réchauffé par des serviettes, des briques, des boules chaudes. Des applications répétées de marteau de Mayor seront faites en avant du cœur. Mais le moyen de beaucoup le plus efficace estlafaradisation en appliquant un électrode fixe au creux sus-claviculaire gauche, en promenant le pinceau sur toute la région précordiale. Les injections souscutanées d'éther, de caféine ne seront pas négligées.
Traitement spécial. — Asphyxies par submersion. — Les soins donnés aux noyés ont pu les ranimer après vingt, quarante minutes et même une heure de submersion. Quand celle-ci a duré moins de cinq minutes le succès est la règle dans plus de neuf cas sur dix.
Chez les noyés la respiration artificielle, la faradisation du cœur constituent les principaux moyens. Si l'estomac parait gonflé, distendu par l'eau, il y a parfois avantage à provoquer le vomissement en chatouillant énergiquement le pharynx. Chez certains noyés, pâles, refroidis, la cbaleur sera très utile. Chez d'autres, au contraire, apparaîtront dès qu'ils commenceront à se ranimer des signes de congestion cérébrale. Cette congestion peut nécessiter l'application de sangsues et même la saignée. De grandes précautions seront nécessaires pendant quelques jours, la pénétration de l'eau dans les bronches étant parfois suivie de bronchites et même de bronchopneumonies.
Si les moyens indiqués ne suffisaient pas on pourrait essayer, surtout en cas de congestion cérébrale, les lavements de sel, les lavements de fumée de tabac.