ASPHYXIES
Peindaison. — Les succès, quels que soient les moyens employés, seront relativement rares dans la pendaison. En dehors des moyens indiqués en général et surtout de l'électrisation on essaiera les inhalations d'oxygène. Parfois il existera des lésions traumatiques du larynx (fractures des cartilages avec enfoncement) qui pourront nécessiter soit immédiatement, soit consécutivement la trachéotomie. La congestion cérébrale est fréquente ; elle nécessitera les sangsues et la saignée .
Asphyxie par le froid. — L'indication spéciale est de ne ramener la chaleur que lentement, progressivement par des frictions ; pour éviter des gelures étendues on n'exposera jamais directement l'asphyxié à un feu trop vif.
Asphyxies toxiques. — L'asphyxie par l'oxyde de carbone est une des plus fréquentes. C'est l'asphyxie parles réchauds, les poêles mobiles. Le gaz d'éclairage lui-même tue surtout par l'oxyde de carbone qu'il contient. Le traitement doit être très longtemps continué, parfois pendant douze heures et plus. En dehors des moyens mécaniques de rétablir la respiration, les inhalations d'oxygène sont indispensables pour déplacer l'oxyde de carbone combiné avec l'hémoglobine du sang. En attendant qu'on ait pu se procurer l'oxygène on transportera tout au moins le malade en plein air pour pratiquer la respiration artificielle.
Les injections sous-cutanées d'ergotine (deux à quatre seringues de Pravaz de la solution au quinzième), ont été préconisées pour lutter contre la stase sanguine qui se produit dans les vaisseaux périphériques, par l'asphyxie ou plutôt l'empoisonnement par l'oxyde de carbone.
Quand le malade revient à lui il est souvent pris de délire ordinairement passager. Ce délire sera traité par les calmants, la glace, les sangsues en cas de congestion cérébrale. La bronchite consécutive est souvent très sérieuse.
L'acide suif hydrique est l'agent toxique dans les asphyxies par les gaz des fosses d'aisance, des égouts, des puits, des marais. En dehors de la respiration artificielle et de l'oxygène
on a préconisé les inhalations de chlore. Ces inhalations doivent être faites avec quelque prudence pour éviter une irritation trop vive. Il suffira de placer de l'hypochlorite de soude dans un mouchoir mouillé de vinaigre. Le mélange sera tenu à quelque distance de la bouche de l'asphyxié pendant la respiration artificielle.
La mort par le chloroforme est plus souvent le résultat d'une syncope que d'une asphyxie. On aura pourtant toujours soin de tirer fortement la langue en avant pour dégager l'orifice du larynx pendant la respiration artificielle. On pourra de plus faire sur la langue des tractions rhytmées. La pratique due à Nélalon et qui consiste à placer l'asphyxié la tête pendant en bas est aussi extrêmement utile.
Parfois enfin l'asphyxie est due cà la chute de caillots de sang dans le larynx (opérations sur la cavité buccopharyngée). La trachéotomie peut en pareil cas être indispensable.