DIARRHÉE CHEZ LES NOURRISSONS
à 8 grammes par jour , seront préférées. On les donnera au début du repas tantôt dans un peu de macération de quassia ou de quinquina, tantôt simplement dans les aliments, plus rarement en cachets. Le talc pulvérisé a été donné à doses énormes par M. Debove, 50 à 100 grammes et plus.
Le sulfate de quinine à faibles doses 0 gr. 10 à 0 gr. 20 c, la poudre de quinquina mêlée au bismuth sont très utiles chez les malades à antécédents palustres.
En un mot c'est par le régime, souvent aussi parle traitement d'une dyspepsie, d'une dilatation de l'estomac, d'une constipation opiniâtre, d'une hernie, plus que par la thérapeutique directe qu'il faudra chercher la guérison de ces diarrhées.
Diarrhées chez les enfants du second âge.
A partir de trois ans et même de deux ans les causes et le traitement des diarrhées ne diffèrent guère de ce qu'elles sont chez l'adulte. On doit souvent incriminer l'alimentation (eaux mauvaises, viandes et légumes ayalés précipitamment, gâteaux, fruits en excès), le refroidissement. On songera aux vers intestinaux. Certaines diarrhées chroniques liées à l'impaludisme sont très favorablement influencées par les lavements de guimauve additionnés de 0 gr. 30 à 0 gr. 40 cent, de sulfate de quinine. Une certaine surveillance est nécessaire pour l'emploi des opiacés.
Diarrhées chez les nourrissons.
Résumé clinique. — Les fautes d'hygiène sont la grande cause de ces diarrhées. Signalons l'alimentation mal dirigée, le lait de mauvaise qualité, aigri. Sans revenir sur tous ces points déjà étudiés au chapitre des dyspepsies infantiles, signalons encore les refroidissements (vêtements insuflisants, jambes nues, couches mouillées laissées trop longtemps sans être remplacées par des couches sèches). Signalons aussi les médications intempestives: huile foie de morue, fer, iode. La
dentition n'est qu'une cause occasionnelle. Pourtant l'incision d'une gencive distendue à l'excès sera souvent utile.
Les accès de diarrhe'e aiguë ont souvent une gravité extrême. On doit distinguer deux formes: 1° les diarrhées blanches, aqueuses, jaunâtres ; 2° les diarrhées vertes dont la forme la plus grave, le choléra infantile, peut tuer en quelques heures. Les diarrhées blanches tiennent plutôt aux fautes d'hygiène, au froid, à la dentition. Les diarrhées vertes au contraire se développent parle fait d'une infection aiguë, surajoutée chez des enfants déjà dyspepLiques, rachitiques, syphilitiques. Elles sont contagieuses et épidémiques. Elles se compliquent assez fréquemment de broncho-pneumonie.
Traitement. — t. Entérites aiguës. — Hygiène. — Diète absolue si l'enfant n'est pas au sein. Pour calmer la soif on donnera simplement un peu d'eau albumineuse ou de thé dans les diarrhées vertes, un peu d'eau de^Vichy dans les diarrhées blanches. Si l'enfant est au sein, les tétées seront assez espacées et aussi courtes que possible.
La bouche dans un cas comme dans l'autre sera souvent lavée à l'eau de Vichy.
L'enfant aura lesjambes enveloppées dans de la ouate saupoudrée d'un peu de farine de moutarde et recouverte d'un taffetas gommé. Frictions à l'huile de camomille camphrée et flanelle chaude sur le ventre. Boules chaudes dans le berceau.
Médicaments. — A. S'il s'agit d'une diarrhée blancheles meilleurs médicaments paraissent être l'alcool et l'opium. M. Simon 1 prescrit par exemple :
Julep gommeux 160 grammes
Vin de Malaga 15 —
Laudanum de Sydenham .... I à II gouttes suivant l'âge. (II gouttes au-dessus de neuf mois).
Cette potion sera donnée par cuillerées à café tous les quarts d'heure d'abord, puis toutes les demi-heures, enfin d'heure en heure. Chez les tout jeunes enfants on surveillera l'assoupissement possible et donnera au besoin une cuillerée de café.
1. J. SiMON, De la diarrhée chez les enfants. Clin., vol. 11, p. 56.
2. Lesage, Etude clinique sur le choléra infantile, Th. Paris, -1889.