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ACIDE CHLORHYDRIQUE

ville, on pourrait observer une forme subaiguë et stéateuse de cet empoisonnement caractérisée par de l'albuminurie, une dégénérescence graisseuse des glandes et des muscles, comme dans l'intoxication par les poisons altérants.

d. Recherches chimiques. — Cet acide désorganisant les tissus s'absorbe peu. Il faut le chercher clans le tube digestif, les vomissements, sur les vêtements de la victime (les taches ne sèchent pas). Voici le procédé conseillé par M. Martin-Damourette : on fait bouillir les organes pendant une heure avec de l'eau distillée, on filtre, on concentre au bain-marie, on sature par hydrate de quinine, d'où production de sulfate de quinine. On évapore à siccité, et par l'alcool on sépare le sulfate de quinine du résidu organique et on reconnaît l'existence d'un sulfate par un sel de baryte.

e. Traitement. — La routine conseille de donner de l'eau tiède, de l'eau albumineuse. On administrera les hydrates alcalino-terreux (magnésie), de l'eau de savon, de l'huile. — Il faut employer l'opium à forte dose contre les douleurs phlegmasiques.

2° Empoisonnement par l'acide nitrique ou eau-porte.

Mêmes symptômes et en outre diarrhée et coliques. Les escharres des lèvres et de la langue sont jaunes. Les vapeurs irritantes de cet acide provoquent la toux. Mêmes lésions anatomiques. Les recherches chimiques peuvent se faire avec l'hydrate de quinine ou encore par distillation. Même traitement.

3° Empoisonnement par l'acide chlorhydrique (acide

MURIATIQUE, ESPRIT-DE-SEl).

Vive irritation des voies respiratoires, Escharres blanches comme des fausses membranes. Mêmes lésions. Pour les recherches chimiques, on distille ou bien on sature d'hydrate de quinine, puis on traite par l'alcool ; le chlorhydrate isolé précipite par azotate d'argent et forme un chlorure d'argent (précipité blanc, caséiforme, insoluble dans l'acide azotique, mais soluble dans l'ammoniaque).

POISONS CORROSIFS

4;° Empoisonnement par l'acide oxalique.

Il sert aux teinturiers, aux imprimeurs sur étoffe, aux fabricants de chapeaux de paille, il est employé pour le nettoyage des cuivres. C'est le type de l'empoisonnement par les acides végétaux. A la dose de 15 à 30 grammes, mêmes symptômes gastro-intestinaux, mais pas d'escharres à la bouche et aux lèvres. Dans l'estomac, des matières de couleur brune, ordinairement acides et de consistance gélatineuse.

Pour les recherches chimiques , M. Martin-Damourette conseille de traiter les matières par alcool, puis par l'acétate de baryte : il y a un précipité blanc, insoluble dans un excès d'acide acétique, mais solubïe dans quelques gouttes d'acide chlorhydrique ou azotique.

5° Empoisonnement par les alcalis caustiques : la potasse.

La potasse peut être choisie comme type de ces empoisonnements. Ceux-ci sont assez rares avec la soude, plus fréquents avec l'ammoniaque, par l'eau sédative (eau ammoniacale et camphre).

Mêmes symptômes d'irritation des tissus; les escharres sont grises et molles, savonneuses au toucher et donnant avec le tournesol une réaction alcaline,

Les lésions anatomiques peuvent présenter tous les degrés de l'inflammation.

Pour les recherches chimiques, on conseille de faire bouillir les matières du tube intestinal avec de l'eau, on évapore au bain-marie, on traite par l'alcool. Si ces alcalis isolés des tissus ne donnent pas de précipité avec le carbonate d'ammoniaque, c'est de la potasse qui, d'ailleurs, précipite en jaune par le chlorure de platine.

Si le liquide a précipité par le carbonate d'ammoniaque, c'est de la chaux, de la baryte, de la strontiane.

Ajoutons que le chlore, le brome, Y iode, sont des irritants. S'il y avait empoisonnement, on se rappellerait que tous trois précipitent par le nitrate d'argent; que l'iode bleuit l'amidon, que le brome le jaunit, que le chlore est sans action.

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