‹ Précis de médecine judiciaire [electronic resource]Chapitre 116 sur 208 · MERCURE · texte numérisé non relu

MERCURE

matique qui rappelle assez bien l'indigestion grave ou une attaque de choléra.

Tardieu range dans ce groupe le cuivre, le mercure, le phosphore, l'arsenic, Fémétique, le nitre et sel d'oseille, la digitale, la ciguë.

1° Empoisonnement par les mercuriaux.

Nous ne faisons que rappeler Vhydrargyrisme profes* sionnel (ouvriers qui extraient le mercure des mines ; étameurs de glace; doreurs au mercure; fleuristes qui emploient les rouges de mercure (sulfure, bi-iodure et chromate de mercure); empailleurs (sublimé); les chapeliers (les peaux sont frottées avec une peau trempée dans une solution de nitrate de mercure). Nous n'avons pas à nous occuper de cette intoxication ni de celle de syphilitiques mal traités.

L'empoisonnement par dose massive est le seul qui nous intéresse, et parmi les sels mercuriaux, le sublimé et le cyanure de mercure.

Dans les statistiques criminelles on compte sur vingt empoisonnements de toute nature, un cas par le mercure; ce sont des suicides ou des homicides par sublimé ou cyanure, ou bien des accidents (médication mal faite, de l'eau phagédénique, par exemple, est prise à l'intérieur).

Symptômes : Il y en a de locaux qui donnent de l'irritation, de généraux qui produisent l'hyposthénie. Ce sont d'abord les signes d'une gastro-entérite violente, dans la bouche une saveur brûlante et caustique, une constriction à la gorge, puis des vomissements douloureux, des coliques, des selles diarrhéiques et même sanglantes.

Puis, dès que l'absorption s'est faite, l'hyposthénie se déclare, le pouls devient petit et lent, il y a me-

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nace de syncope, la respiration se ralentit, les extrémités se refroidissant S il y a une insensibilité qui est de la paralysie musculaire. Parfois on observe des crampes et des convulsions, puis la mort à la fin du premier jour. Si les accidents se continuent pendant cinq ou six jours, la prostration persiste toujours et onyoït survenir des hémorrhagies, delà stomatite, un eczéma mercuriel.

Autopsie. — Sur la muqueuse intestinale, des rougeurs, y ecchymoses et même des ulcérations. De la congestion des poumons, des ecchymoses sur l'endocarde. Quand l'empoisonnement ne s'est pas terminé par la mort, dégénérescence graisseuse du foie et des reins.

Recherches chimiques. - On fait bouillir les matières gastromtestinales avec de l'eau, on filtre et on concentre au bain-marie. On détruit le tissu du foie dans une cornue (le mercure étant volatil). La solution donne sur une lame de cuivre une couche grise qui est un dépôt de mercure métallique que l'on réduit en petites gouttelettes brillantes, qui se déposent sur les parois d'un tube en verre fermé dans lequel on aura chauffé la lame.

Traitement. — On fait vomir avec de l'eau tiède; or. donne de l'eau albumineuse, du lait, de la magnésie pour purger.

2° Empoisonnement par le phosphore.

Le phosphorisme professionnel se montre peu sous la forme aiguë. Presque toujours on observe la forme chronique: symptômes de gastro-entérite, crampes d'estomac, coliques; puis troubles respiratoires, faiblesse dans les membres, affaiblissement de l'intelligence. Il y a de l'amaigrissement, une teinte jaune de la peau. Mais l'accident caractéristique des ouvriers employés à la fabrication des allumettes chimiques au phosphore blanc est la nécrose

1 M. Ollivier (Arch. de Phys., 1873), dans un]cas d'empoisonnement mercuriel aigu, a noté l'abaissement de la température et l'albumine dans les urines.

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