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PHOSPHORE

leur jaune, a une odeur d'ail, luisant à l'air et lumineux dans l'obscurité, brûlant avec un vif éclat. — 2° Il n'y a pas trace de phosphore, mais on en retrouve dans l'intestin. On l'isole par la méthode de Mitcherlich. Dans un ballon on chauffe les matières suspectes. Le phosphore distille avec la vapeur d'eau et est reçu par un tube coudé dans un ballon refroidi renfermant de l'eau distillée. — 3° Le phosphore ne se retrouve pas en fragments et il n'est pas isolé par la distillation ; c'est qu'il s'est oxydé en formant de l'acide phosphoreux ou phosphorique. On détruit le tissu du foie dans une capsule, on fait bouillir, on filtre et on a des phosphates qui donnent, par l'azotate d'argent, un précipité jaune. Pour avoir la certitude que le phosphore ainsi obtenu n'est pas celui de l'économie, on détruit le même poids du même tissu d'un cadavre non empoisonné et on compare.

M. Lefort, rapporteur d'une Commission à la Société de médecine légale (janvier 1874) a montré, dans un Rapport sur la recherche toxicologique du phosphore, les deux points suivants : « La proportion d'acide phosphorique trouvée dans des matières suspectes soumises à l'analyse chimique n'est pas une preuve convaincante qu'il y a eu empoisonnement par le phosphore. Ni la présence, ni la quantité d'acide phosphorique et de cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien dans des matières suspectes, ne peuvent être considérées comme preuves d'empoisonnement par le phosphore en nature. »

Traitement. — On fait vomir avec du sulfate de cuivre : il se forme du phosphure de cuivre. — On purge avec la magnésie calcinée qui sature les acides du phosphore.

Pas de médicaments ni d'aliments graisseux, comme le lait ou l'huile de ricin qui facilitent l'absorption du toxique. Pas de boissons aérées, dont l'oxygène dissdut le phosphore.

Le meilleur traitement est l'essence de térébenthine proposée en 1868 par le docteur Andant , de Dax. L'essence de térébenthine empêcherait le phosphore de s'oxyder. M. Gubler pense qu'elle ozonise l'oxygène du sang. On peut la prescrire à haute dose : M. Laboullène en a donné 30 grammes par jour dans

POISONS I1YPOSTIIÉNISANTS.

un cas d'empoisonnement phosphore, le malade a guéri.

5° Empoisonnement par l'arsenic.

Varsenicisme professionnel se montre sous la forme aiguë ou sous la forme chronique. La première est rare; elle survient quand la chaudière venant à se trouer, l'acide arsénieux tombe dans le foyer et se volatilise dans l'atelier. On observe alors une gastro-entérite très-intense, des accidents cérébraux, une grande faiblesse et une altération des traits. A l'autopsie, on constate une dégénérescence graisseuse du cœur et des glandes de l'intestin.

Dans la forme chronique, on constate de l'inappétence, de la céphalée, des nausées, parfois des vomissements et des selles abondantes qui peuvent être sanglantes ; un affaiblissement général, de l'engorgement et même paralysie, ordinairement paraplégie. La peau et les muqueuses sont enflammées; ainsi il y a de la conjonctivite, des hémorrhagies et même des ulcérations avec perforations des fosses nasales, de la bronchite. La peau devient terreuse et est le siège de certaines éruptions, les unes (vésicules, pustules, ulcérations) produites par le contact de l'arsenic; les autres provenant de l'arsenic absorbé et éliminé (érythème, eczéma et taches brunes indélébiles).

Ces différents accidents peuvent se montrer chez les ouvriers qui grillent le minerai ou raclent l'acide arsénieux déposé dans les chambres de condensation, chez les ouvriers qui préparent les verts arsenicaux: 1° vert de Scheele ou arsénite de cuivre; 2° vert de Schweinfurt, sel double composé d'arsénite et d'acétate de cuivre. Ces verts son^ employés par les Ouvriers qui préparent les papiers peints en vert, par ceux qui fabriquent des herbes naturelles destinées à parer les chapeaux de dames (ce sont des graminées sèches que l'on trempe dans une solution arsenicale et que l'on saupoudre quand elles sont sèches avec de la poussière arsenicale), et enfin par les ouvriers apprêteurs de toile destinée à la fabrication des feuilles artificielles;

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