‹ Précis de médecine judiciaire [electronic resource]Chapitre 119 sur 208 · ARSENIC · texte numérisé non relu

ARSENIC

d'après Vernois, ce commerce emploie plus de 15,000 ouvriers à Paris.

Nous trouvons, dans l'excellent ouvrage de notre savant confrère M.Proust, les renseignements suivants:

Les verts arsenicaux sont encore employés par les peintres, les apprêteurs d'étoffe (pour la teinture en vert). D'autres sels d'arsenic sont maniés dans différentes industries, ainsi pour le bronzage vert, pour le bronzage noir (sulfure d'arsenic), par les peauciers (pâte composée de chaux et d'orpiment), parles corroyeurs (orpiment pour teindre les cuirs en jaune), par les empailleurs, par les ouvriers qui confectionnent des vêtements en tarlatane verte ou des étoffes colorées par le vert d'aniline picrique ou arsenical, dans les fabriques de fuchsine, dans les verreries.

Les empoisonnements par l'arsenic deviennent rares. Avant cette époque ils représentaient plus des deux tiers des empoisonnements criminels. On employait l'acide arsénieux ou mort-aux-rats d'un usage assez répandu puisqu'il était adopté pour le chaulage des grains et la destruction des animaux nuisibles. Une ordonnance royale du 29 octobre 1846 a interdit cet usage qui permettait , de tous côtés , la dispersion d'une substance éminemment dangereuse mais sans saveur, ni odeur, ni couleur, n'éveillant par conséquent aucun soupçon.

Dans la première période, 1851 à 1863, nous relevons une moyenne annuelle de 19 empoisonnements par l'arsenic ; nous n'en trouvons plus que 5 par an, dans la période 1865 à 1876. Pour la première fois, en 1874, la statistique ne fait pas mention de l'empoisonnement par l'arsenic.

Symptômes : On constate, comme avec les précédents toxiques, d'abord des symptômes de gastro-entérite, puis des signes de dépression ou d'hyposthénie générale.

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412 POISONS HYPOSTHÉMSANTS.

Si l'acide arsénieux est dissous, le liquide a un goût douceâtre, peu de temps après survient de la cardialgie, des vomissements bilieux et muqueux, puis des selles nombreuses diarrhéiques C'est complètement le tableau d'une attaque de choléra. La gorge se dessèche, la soif est vive, l'individu crachote, les urines sont rares et parfois sont supprimées.

Quand les phénomènes généraux se montrent, on observe une irrégularité de la circulation, le pouls est vite ou bien faible et intermittent, il y a des syncopes, de la détresse respiratoire, le faciès est grippé ou cyanosé, les yeux entourés d'un cercle noir, il y a en même temps de la conjonctivite. La ressemblance avec le choléra augmente : la peau se refroidit, elle est recouverte d'une sueur visqueuse, il y a des éruptions pustuleuses ou pétéchiales, les selles deviennent alors sanguinolentes, puis noires. Des crampes ou des mouvements convulsifs apparaissent et l'individu meurt dans une syncope ou dans les convulsions.

Lésions. — Elles n'ont pas plus de caractères tranchés que l'appareil symptoma tique. Sur l'intestin, on constate de la rougeur et de l'inflammation, rarement de la psorentérie. Parfois congestion des poumons, desN viscères. On a trouvé des ecchymoses sur l'endocarde.

Recherches chimiques. — Elles ont une grande importance, parce qu'elles peuvent fournir la preuve de l'empoisonnement. M. Martin-Damourette distingue les cas suivants : 1° De la poudre blanche d'acide arsénieux, trouvée sur la surface de l'intestin et projetée sur des charbons, répand une odeur d'ail très-caractéristique. Pour mieux encore dévoiler la présence de l'arsenic, on emploie un tube de verre effilé, à une de ses extrémités on met la poudre blanche que l'on recouvre d'un morceau de charbon ; celui-ci est chauffé à la lampe. Dès qu'il est rouge, on chauffe l'arsenic dont les vapeurs passent à travers le charbon et laissent dans le tube un anneau arsenical.

2° Si l'arsenic n'est pas libre, mais en combinaison avec certains

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