ARSENIC
tissus, comme le foie, les reins, le cerveau, etc., on procède alors à trois sortes d'opérations : il faut détruire les matières organiques, isoler l'arsenic, le reconnaître.
a. Pour détruire la matière organique, on la chauffe dans une capsule de porcelaine avec un tier s de son poids d'acide sulfurique. Le tissu est carbonisé. On laisse refroidir. On ajoute de l'acide azotique, puis on chauffe de nouveau. L'acide azotique oxyde l'arsenic, qui alors n'est plus volatil. On fait bouillir la cendre avec eau acidulée d'acide chlorhydrique, et on a une dissolution d'acide arsénique qui peut donner arsénic métallique dans l'appareil de Marsch.
b. Pour isoler l'arsenic, on le met en présence de l'hydrogène naissant, il se forme de l'hydrogène arsénié. Pour les recherches on emploie l'appareil de Marsh , modifié par l'Académie des sciences. C'est un flacon à deux tubulures. Le tube, recourbé, est entouré d'une chemise de cuivre qui permet de le chauffer avec une lampe à alcool. Voici ce qui se passe :
Zn 4- HO -h So3 = Zn 0,So3 + H AsO3 + H6 = 3H0 -+- As H3.
La portion où se trouve la chemise de cuivre étant chauffée, l'hydrogène arsénié se décompose en arsenic qui se dépose au delà de cette portion du tube, et en hydrogène que l'on peut enflammer à la sortie du tube. Pour ne pas perdre l'arsenic, on reçoit le gaz enflammé sur une soucoupe de porcelaine, où il se dépose sous forme de taches.
c. Les anneaux ou les taches sont ternes comme du noir de fumée ou brillants comme de l'acier. Ils disparaissent par l'acide azotique et la solution laisse un résidu d'acide arsénique qui se colore en rouge brique par le nitrate d'argent ammoniacal.
Traitement. — On favorise les vomissements par de l'eau tiède; les selles par des lavements. Comme contre-poison, on se sert de la magnésie hydratée qui immobilise l'acide arsénieux et est bien meilleure que le peroxyde de fer. L'excès de celui-ci ne purge pas comme Je fait la magnésie. Pour éliminer le poison, on donne des laxatifs comme magnésie, l'eau de seltz vineuse (un litre de vin blanc avec quatre litres d'eau de seltz) conseillée par Orfila. Ainsi que le recommandait ce médecin, il faut faire uriner le malade.
414 POISONS flYPOSTHÉNISAKTS.
4° Empoisonnement par l'émétique et les antimoniaux.
L'empoisonnement par Fémétique (tartrate d'antimoine et de potasse) est assez rare. Le procès de deux médecins anglais, Palmer et Pritchard, qui avaient employé ce poison à petites doses, dans un but criminel, a montré toutes les difficultés de l'expertise. Le plus souvent, l'empoisonnement est le fait d'une erreur médicale. D'après Taylor, une dose de 10 à 12 centigrammes, prise en une fois, peut déterminer la mort.
Les symptômes sont ceux d'une violente gastro-entérite (saveur métallique, douleur épigastrique, vomissements et diarrhée), puis l'hyposthénie apparaît, le pouls devient petit et lent , il y a des défaillances et des syncopes, du refroidissement, des vertiges, du hoquet, des crampes et des convulsions, puis la mort du deuxième au sixième jour. Dans les affaires Palmer et Pritchard, la mort est survenue après quelques mois.
Pour les lésions anatomiques, rien de caractéristique. Ainsi on n'a rien trouvé chez les deux femmes empoisonnées par le Dr Pritchard. Mais il peut y avoir les signes de la gastro -entérite. Souvent des congestions pulmonaires, d'après Magendie. Dans la forme lente, on trouverait de la stéatose du foie.
Les recherches chimiques ont pour bat de mettre en évidence les anneaux et les taches d'antimoine, qui, traitées par F acide azotique, laissent un résidu blanc d'acide antimonique qui ne devient pas rouge brique au contact du nitrate d'argent. Gomme traitement : d'abord favoriser les vomissements par l'eau tiède. Le contre-poison serait le tannin qui forme un tannate d'antimoine insoluble.
5° Empoisonnement par le sel de nitre, par le sel d'oseille.
Les deux sont le fait d'une erreur médicale.