HOMMES. FEMMES
Moins de 21 ans. . 116 ( 3 pour 100). 67 ( 6 pour 100).
Plus de 60 ans. . 1,556 (52 » ). 507 (29 » ).
On n'a pu découvrir l'âge de 184 hommes et de 22 femmes. Il en est de même en ce qui concerne l'état civil des suicidé?.
DU SUICIDE
D'après les renseignements fournis à ce dernier point de vue pour les 5,548 autres, 1,717 (52 pour 100) étaient célibataires, 1,698 (32 pour 100) mariés et avaient des enfants, 1,041 (19 pour 100) mariés sans enfants, 575 (11 pour 100) veufs avec enfants et 317 (6 pour 100) veufs sans enfants.
Les suicides sont relativement plus fréquents dans les villes que dans les campagnes ; car la population de cellesci, qui est deux fois plus considérable que l'autre, ne donne qu'une proportion de huit centièmes plus élevée ; 2 ,909 (54 pour 100) suicides ruraux et 2,491 suicides urbains (46 pour 100) ; le domicile de 72 suicidés est demeuré inconnu.
Eu égard à la profession, on relève 1,728 individus (52 pour 100) qui étaient attachés à l'agriculture, 1,557 (28 pour 100) à l'industrie; 415 (8 pour 100) au commerce, 904 (17 pour 100) rentiers ou exerçant des professions libérales, 245 (4 pour 100) domestiques, et 623 (11 pour 100) vivant dans l'oisiveté ou dont le métier n'a pas été mentionné sur les procès-verbaux.
Les trois quarts des suicides sont commis par immersion (2,610) ou par strangulation (2,439).
On en a signalé 1,661 (30 pour 100) au printemps, 1,550 (28 pour 100) en été, 1,246 (23 pour 100) en hiver, et 1,015 (19 pour 100) en automne.
Un tiers des suicides, 1,615 ou 33 pour 100 "ont été occasionnés par des maladies cérébrales ; les procès-verbaux en attribuaient 505 (10 pour 100) à la misère; 774 (16 pour 100) à des chagrins de famille ; 787 (16 pour 100) à la débauche et à l'inconduite ; 1,227 (25 pour 100) à des peines diverses (dont, souffrances physiques : 789) ; enfin 22 auteurs de crimes capitaux ont mis lin à leurs jours pour ne pas avoir à répondre à la justice de leurs méfaits. Les motifs de 542 suicides sont restés complétements ignorés.
Depuis 1827, les comptes rendus de la justice criminelle donnent le nombre des suicides. Mais le classement de ceuxci, suivant le sexe n'a été fait que depuis 1836. En 49 ans, de 1827 à 1876, il a été officiellement constaté en France 180,243 suicides.
Voici la répartition de ceux-ci au point de vue de l'âge des suicides dans ces quinze dernières années, de 1861 à 1876 :
ijj sS§!§f§!!!|§ I* B ï s S s ï I » s s j s
f S il S I |H g g S ' | |
j ïeS*SilJ«|f
j »ISSI3MS|5
î ^rnm^n
j «SiS§!!«|S
I ïamiiiï ■
I % $ 1 1 I II | j? |
DU SUICIDE
L'examen de ce tableau présente le plus grand intérêt. Il nous permet d'exposer très-nettement l'influence de l'âge et du sexe sur le suicide et sa marche régulièrement croissante.
Nous constatons d'abord que les 79,577 suicides (de 1861 à 1876) se décomposent en 63,236 suicides d'hommes et 16,341 suicides de femmes, à peu près quatre fois moins. M. Legoyt, qui a fait une étude remarquable du suicide en Europe, dans son livre si intéressant la France et l 'étranger, dit, qu'en général, on compte de 29 à 30 suicides féminins pour 100 de l'autre sexe. Nous ferons remarquer, que l'examen des trois périodes montre que le nombre des femmes augmente proportionnellement. Dans la deuxième période, l'augmentation porte sur les femmes de 50 à 60 ans, de même dans la troisième. Pour les hommes, l'augmentation se montre dans le nombre des vieillards de 70 à 80 ans : elle a doublé en 15 ans (1,290 dans la première période, et 2,458 dans la troisième). A notre époque la vie est rude à supporter aux vieillards, et ce sont eux qui s'en débarrassent le plus fréquemment»
La dernière colonne du tableau précédent montre que, de 40 à 70 ans, la prédisposition au suicide atteint son maximum dans les deux sexes. Notons en passant, que pour les crimes et les délits, c'est de 21 à 40 ans qu'on compte le plus d'accusés.
De plus, si on rapporte le total des suicidés classés par âge à la population correspondante, on voit que les suicides masculins croissent régulièrement d'année en année jusque vers l'âge de 60 ou 70 ans. D'après Legoyt, le nombre des suicides féminins est plus considérable dans l'enfance et la jeunesse jusqu'à trente ans environ. Aussi l'accroissement de ces suicides avec l'âge est moins rapide et cesse plus tôt, et en les comparant à ceux de l'autre sexe, le rapport va en diminuant.
Depuis 1865, la statistique indique l'état civil des suicidés. Ce sont les veufs des deux sexes qui présentent le plus grand nombre de suicides ; les hommes mariés se tuent moins que les célibataires. Il y a à peu près un même nombre de suicides de femmes mariées ou non.
D'après Legoyt, qui a étudié les suicides d'après les cultes, dans différents pays d'Europe, les protestants auraient de beaucoup le plus grand nombre de suicidés, les catholiques, les juifs viennent ensuite par ordre décroissant.
Le suicide n'est pas influencé par le climat. On se tue à toutes les latitudes. Les véritables causes se trouvent dans le milieu social. C'est vrai que les suicides sont beaucoup plus nombreux à la ville qu'à la campagne, dans les armées que dans la population civile, dans les capitales que dans le reste du pays. Sans doute, les suicides ne sont pas aussi facilement constatés à la campagne que dans les villes. Malgré cela, on peut dire que les
DU SUICIDE
suicides sont deux fois plus fréquents à la ville. Le département de la Seine participée pour prés du sixième ou du septième au nombre total des suicides de France. Paris est la ville du monde où le suicide est le plus fréquent.
C'est d'ailleurs dans les départements environnants le département de la Seine que le suicide se présente avec le maximum de fréquence.
Il est très-utile de faire remarquer que les départements de France les moins instruits sont ceux où il y en a le moins. De même, c'est dans les professions caractérisées par une instruction plus avancée que l'on constate le plus grand nombre de suicides, de qui montre bien que la culture de l'esprit ne s'accompagne pas toujours de l'éducation du cœur. Le tableau suivant fait voir d'ailleurs, chez les enfants, une effrayante tendance au suicide, qui semble s'accroître d'année en année.