VIOLS OU ATTENTATS VIOLS OU ATTENTATS
COMMIS SUli DES ADULTES. COMMIS SUR DES ENFANTS.
ATTENTAT A LA PUDEUR ET VIOL
On lira avec intérêt les judicieuses réflexions du compte rendu de 1860 : « Les attentats à la pudeur sur des enfants appellent tous les ans l'attention par leur fréquence de plus en plus grande, au point que, pendant les cinq dernières années (1856 à 1860), les accusés de cette espèce de crime, forment le tiers du nombre total des accusés des crimes contre les personnes, au lieu du treizième qu'ils formaient de 1826 à 1830. Or ces crimes se commettent dans la vieillesse dans une bien plus grande proportion que les autres; et c'est là une des causes principales, sinon la seule, de l'élévation du nombre proportionnel des accusés de crimes contre les personnes après 40 ans. Le nombre des accusations et des accusés de crimes contre les mœurs a continué de suivre la progression ascendante déjà signalée dans le rapport de 1850. Les accusations de cette nature forment de 1856 à 1860, plus de la moitié (53 sur 100) du nombre total des accusations de crimes contre les personnes, tandis que, de 1826 à 1830, elles n'en formaient que le cinquième environ (25 sur 100). L'augmentation s'est produite principalement clans le nombre des attentats à la pudeur sur des enfants. Cet accroissement déplorable du nombre de crimes contre les mœurs, est, sans nul doute, la conséquence des développements de notre industrie et de l'agglomération qu'elle amène dans les ateliers, d'ouvriers des deux sexes et de tout âge en contact permanent ».
C'est en effet dans les départements qui ont pour chefs-lieux de grands centres industriels que l'on rencontre le plus de ces crimes. On a aussi remarqué que les attentats sur les enfants sont plus fréquents dans les villes, tandis que les attentats sur les adultes ont lieu en plus grand nombre dans les campagnes. Ainsi que l'avait observé Villermé, ces différents attentats se produisent surtout pendant les mois les plus chauds de l'année.
Dans une expertise d'attentats aux mœurs, le médecin doit examiner la victime et le coupable. Chez l'une et chez l'autre il faut rechercher les traces matérielles de l'attentat et l'état cérébral au moment de l'acte. Nous allons étudier successivement une série de questions qui permettront au médecin-expert de se diriger dans la plupart des cas.
DES ATTENTATS AUX MŒURS
Examen de la victime : de la virginité.
La virginité est l'état d'une femme qui n'a pas encore pratiqué le coït. Il faut distinguer la virginité physique de la virginité morale. Cette dernière n'a pas d'importance pour le médecin, cependant elle s'accuse souvent par des signes généraux qui ne doivent pas être négligés. L'attitude, le langage, les allures d'une jeune fille sont de précieux indices de ses mœurs ou de son caractère.
On peut aussi prendre note de l'état de la menstruation, des mamelles, du son de la voix, des yeux, de la grosseur du cou.
Mais des signes plus imposants sont fournis, par l'examen des organes génitaux. Ceux-ci donnent des présomptions ou la certitude.
Parmi les signes probables ou incertains, on trouve souvent chez les vierges des grandes lèvres moins écartées, un clitoris moins volumineux, des petites lèvres plus rapprochées, la fourchette est intacte ainsi que la fosse naviculaire. Chez l'enfant, le système urinaire prédomine, aussi leur vulve est surtout ouverte en haut et on sait que dans la mixtion l'urine est projetée en avant comme chez l'homme. Avec les années, l'ouverture vulvaire s'incline de plus en plus de haut en bas et d'avant en arrière et les femmes âgées urinent souvent debout, sans mouiller leur linge. Le conduit vaginal suit aussi ce mouvement; ses dimensions varient avec les sujets. 11 est étroit chez les vierges avec plis transversaux très-accusés. Un coït même fréquent a peu d'influence sur sa dilatation ; c'est surtout l'accouchement qui exagère son calibre. L'usage des astringents peut d'ailleurs le resserrer.