‹ Précis de médecine judiciaire [electronic resource]Chapitre 75 sur 208 · RÈGLES DE L'EXPERTISE · texte numérisé non relu

RÈGLES DE L'EXPERTISE

l'individu (âge, constitution, grossesse, habitudes alcooliques, diathèses) ; du milieu social dans lequel il vit (les différents modificateurs hygiéniques).

Pour savoir si la blessure a occasionné la mort, il faut distinguer les blessures qui, parles graves désordres matériels qu'elles produisent, donnent immédiatement et directement la mort, et celles dans lesquelles la mort est secondaire et arrive à une époque plus ou moins éloignée.

Les circonstances du fait peuvent être mises en lumière par l'examen méthodique et complet de la victime ou de l'auteur de l'attentat. C'est ainsi qu'il faut rechercher dans quelle situation se trouvait la victime ; quelle était la position relative du blessé et de l'agresseur; dans quelle direction les coups ont été portés, et dans quel ordre les blessures ont été faites ; le blessé a-t-il pu crier, marcher, survivre pendant un certain temps; y a-t-il eu lutte, et cette résistance a-t-elle laissé des traces ; cet attentat doit-il être imputé à une ou plusieurs personnes ; ces blessures sont-elles volontaires, accidentelles ou criminelles.

Les blessures sont souvent simulées. Les uns veulent faire supposer une tentative de meurtre; d'autres désirent obtenir des dommages-intérêts ; ce sont de jeunes conscrits qui veulent se rendre impropres au service militaire.

Il faut toujours faire le diagnostic différentiel, ce qui parfois est assez difficile, entre le suicide, l'homicide, la mort par accident*

On tiendra compte du choix de Farine et du genre de mort; de la présence de l'arme dans la main de la victime ou à côté d'elle (à moins que cette arme n'ait servi à sa défense). Le siège de la blessure a une grande

DES COUPS ET BLESSURES

importance ; ainsi un coup de feu dans la bouche permet de conclure à un suicide. Quand celui-ci a lieu avec le rasoir, on constate en général une seule incision ; celle-ci remonte peu sur le côté ; elle est oblique de haut en bas et de droite à gauche. Dans le suicide, les instruments piquants sont dirigés de droite à gauche et de haut en bas; les instruments tranchants, de gauche à droite, transversalement ou obliquement de haut en bas ou de bas en haut; les armes à feu, à la tête, de bas en haut et d'avant en arrière. C'est le contraire pour les gauchers.

Les plaies profondes dans le dos, à la partie postérieure du cou, indiquent l'homicide. Les blessures sont à gauche ou à droite de l'axe du corps; dans une lutte, le meurtrier blesse la victime dans le côté gauche.

En général, dans le suicide, excepté chez les aliénés, il n'y a qu'une blessure.

L'examen médico-judiciaire se fait pendant la vie ou sur un cadavre.

Dans les deux circonstances, l'expert appliquera les principes généraux indiqués précédemment, examinera l'arme, les vêtements, etc. Le blessé sera interrogé sur les circonstances du fait. La blessure fera l'objet d'une description spéciale; toutes ses dimensions seront mesurées. Inutile de dire que cet examen ne se fera qu'à la condition d'être sans danger pour le malade. Parfois il est possible, après ce premier examen, de fixer l'époque probable de la guérison. Si l'expert doit déclarer que l'accident ne causera pas une incapacité de travail de plus de vingt jours, il ajoutera prudemment : à moins de circonstances spéciales que rien aujourd'hui ne fait prévoir. Si la blessure est plus grave, l'expert

Lacas saônejméd.jiid.

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DES ASPHYXIES

peut demander à ne donner son pronostic qu'après un second examen.

De même sur le cadavre, il faut prendre les dimensions des blessures (ouvertures et trajet) avec le compas et le mètre. On dissèque la blessure de façon à ménager toujours les bords et le trajet, et ne jamais en changer la forme; et pour cela, on peut se servir avec précaution d'une sonde flexible. On examine tous les organes en place, et par des traits de scie on détache les parties osseuses sur lesquelles se trouvent les lésions. On a soin d'examiner toutes les cavités, ainsi que l'état du tube digestif.

IL DES ASPHYXIES

L'asphyxie est un état de mort apparente ou réelle consécutif à une suspension des phénomènes d'échange de gaz entre l'air et le sang.

Employée comme moyen d'homicide ou de suicide, sa législation se trouve contenue dans le chapitre précédent : coups et blessures. La loi ne la distingue pas, et cependant, dans les expertises médico-judiciaires, il peut être de la plus grande importance de différencier les divers modes d'asphyxie : la suffocation, la strangulation, la pendaison, la submersion , les asphyxies par la chaleur ou le froid extérieurs, par un gaz délétère ou non. Nous les étudierons spécialement : chacune de ces divisions présentant les caractères particuliers qui lui sont propres et un ensemble symptomatique qui permet de les diagnostiquer.

Étudions d'abord les effets consécutifs à la suspension de la respiration d'après les expérimentateurs et les physiologistes.

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