II. DE LA STRANGULATION
La strangulation est un acte de violence qui consiste en une constriction exercée directement soit autour,
DES ASPHYXIES
soit au-devant du cou, et ayant pour effet, en supposant au passage de l'air, de suspendre brusquement la respiration et la vie (Tardieu).
En général, c'est presque toujours un homicide, souvent un infanticide. Elle peut compliquer d'autres violences, telles que les blessures ou un autre crime comme l'attentat à la pudeur, le viol. Ordinairement on l'observe sur des êtres faibles ou incapables de résister, comme les nouveau-nés, les femmes, les vieillards. Notons, en outre, qu'instinctivement un assassin cherche à étouffer les cris de sa victime par des tentatives d'étranglement.
La strangulation est produite par la main ou par un lien. Le premier procédé est le plus fréquemment employé dans les cas d'homicide. Les deux mains ou une seule interviennent; dans les infanticides, la pression de deux ou trois doigts est suffisante. La nature du lien est variable, avec ou sans garrot.
Les lésions qui témoignent de la mort par strangulation sont de deux sortes :
1° Lésions externes : La face est tuméfiée, violacée et comme marbrée ; la langue est saillante, serrée entre les dents ou pressée derrière les arcades dentaires ; souvent écume sanglante à la bouche et aux narines. Presque toujours il y a un pointillé de petites ecchymoses sur la face, la conjonctive*, devant le cou et la poitrine. Au cou se montrent des traces de violence variant avec le procédé de strangulation. Si un lien a été appliqué, l'empreinte est variable, non parcheminée et sans modification de la structure de la peau. Il y a des ecchymoses provoquées par la rapidité de la violence, ainsi quand la strangulation a lieu avec le garrot. Le suicide de Pichegru, raconté par Chaussier,