DE LA STRANGULATION
en est un exemple : « La strangulation avait été faite à l'aide d'une cravate de soie noire fortement nouée dans laquelle on avait passé un bâton de quarante-cinq centimètres de long et neuf de tour, et l'on avait fait du bâton un tourniquet avec lequel ladite cravate avait été serrée de plus en plus jusqu'à ce que ladite strangulation fût effectuée. Ledit bâton se trouvait reposé sur la joue gauche par un de ses bouts, et, en le tournant avec un mouvement irrégulier, il avait produit sur ladite joue une égratignure transversale d'environ six centimètres, s'étendant de la pommette à la conque de l'oreille gauche. Il y avait au cou une impression circulaire large d'environ deux doigts et plus marquée à la partie latérale gauche. La face était ecchymosée, les mâchoires serrées, la langue prise entre les dents. »
Si l'étranglement a eu lieu avec les mains, il y a des empreintes dessinant parfois la main du meurtrier et la pulpe des doigts ; on constate des écorchures, des coups d'ongle.
2° Lésions internes : a. Au cou et dans le voisinage, il existe des extravasations sanguines dans le tissu cellulaire, dans les muscles. Les fractures de l'os hyoïde ou des cartilages du larynx sont très-rares. Dans le larynx et la trachée, de l'écume en assez grande quantité, ordinairement sanguinolente. Il y aurait à recher* cher l'état des pneumogastriques et des nerfs laryngés.
b. Poumons. Les lésions indiquées dans la suffocation peuvent encore se trouver, mais elles présentent un caractère spécial. Les poumons sont peu engoués ou très-congestionnés. Si on ne rencontre pas les taches de Tardieu, on trouve des noyaux apoplectiques
DES ASPHYXIES
toujours beaucoup plus volumineux que dans la suffocation. Il existe un emphysème intervésiculaire trèsprononcé et formant de petites tumeurs sous la plèvre. Dans les bronches, l'écume est semblable à celle de la trachée.
c. Cœur. Pas çle taches de Tardieu ; souvent vide; sang noir et fluide.
d. Cerveau. Rien de spécial.
Quand la strangulation est incomplète, il y a des signes extérieurs au cou, à la face, à la conjonctive ; la voix est rauque et cassée, la déglutition pénible. La guérison est lente.
Nous en avons dit assez pour pouvoir répondre aux questions ordinairement posées par la justice et que Tardieu énumère ainsi :
La mort a-t-elle pour cause la strangulation?
Comment la strangulation a-t-elle été opérée?
Quels sont les auteurs de la strangulation?
Dans quelles circonstances la strangulation a-t-elle été opérée?
La strangulation est-elle le fait d'un suicide ou d'un homicide? La strangulation est-elle simulée?