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A. ASPHYXIE PAR LES PRODUITS DE LA COMBUSTION DU CHARBON

I, Définition et étiologie*

Quand un fourneau rempli de charbon est allumé par la partie inférieure, on voit bientôt voltiger à sa surface des flammes bleuâtres que le vulgaire a appelées des vapeurs. Elles sont produites par la combustion de l'oxyde de carbone : le charbon en brûlant donne surtout de l'acide carbonique, et une très-faible quantité d'hydrogène carboné. Notre excellent maître M. Coulier, qui a consacré à ce sujet un remarquable article du Dictionnaire encyclopédique, fait observer que

DES ASPHYXIES

l'oxyde de carbone est en moindre proportion si l'accès de l'air est favorisé et la combustion du charbon plus facile. Si, au contraire, une circonstance quelconque vient enrayer la combustion, et la faire, pour ainsi dire, traîner en longueur, il se forme une plus grande quantité d'oxyde de carbone.

On pourra donc trouver de grandes variétés dans l'analyse d'un air asphyxiant selon que tel ou tel mode de combustion aura prédominé. Mais ce qui est hors de doute, c'est qu'on ne peut mettre l'asphyxie sur le compte de la très-petite proportion d'hydrogène carboné. Le gaz acide carbonique, lui-même, ne joue qu'un rôle secondaire, puisque, dans un milieu qui en renferme 5 à 6 pour 100, et dans lequel les bougies s'éteignent, l'homme peut encore continuer à vivre. Dans les asphyxies par le charbon, la mort arrive avant que la bougie soit éteinte. L'oxyde de carbone, au contraire, est absolument irrespirable et on dit que Samuel White qui en avait fait quelques inspirations fut difficilement rappelé à la vie. L'aphyxie par la vapeur de charbon a été bien étudiée de nos jours par les médecins légistes et les expérimentateurs français. Dès 1836, M. Devergie avait présenté un tableau complet des applications judiciaires de la question. D'ailleurs les exemples abondent dans nos grandes villes : ce sont des jeunes filles, en proie à des chagrins d'amour, des femmes délaissées et qui se trouvent tout à coup plongées dans la misère, des hommes d'une constitution affaiblie et maladive, comme Lebras et Escousse. C'est le procédé de suicide des nerveux et des délicats qui ne peuvent se résoudre aux moyens violents et espèrent avec, quelques sous de charbon passer doucement de vie à trépas.

ASPHYXIE PAR LE CHARBON

De 1865 à 1876, sur 56,273 suicides, nous relevons 3,590 asphyxiés par le charbon (2,236 hommes et 1,354 femmes). Plus de la moitié de ces cas appartiennent au département de la Seine.

Ajoutons que ce mode d'asphyxie est parfois la conséquence d'accidents, rarement le fait d'un homicide. D'après Casper, il est peu usité en Allemagne.

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