LE CRÉPUSCLLE DES PHILOSOPHES
avarie que ropliinisme tlo Paiigloss. Our scii-il donc d'être philosoplic ?
Nul encore ne lut moins philosophe qu'Auguste Comte. Il rêva de mettre fin à l'anarchie occidentale, de fonder une religion, de gouverner le monde en qualité de Pape scientifique ; or, nul ne débuta plus maladroitement à la conduite de sa propre vie, car il épousa utia proslilula, puis il consacra le culle mystique le plus (>xtra\a2;anl à une dame tuberculeuse. Madame ('lolilde de \au\.
Comte appartient à une génération de Messies grisés par l'exemple de Napoléon. Sa spécialité est d'être un Messie qui a étudié les mathématiques. Il calque le monde nouveau de la Science et du Peuple sur le monde ancien du Prêtre et du Roi. II rêve d'établir l'unité de pensée scientifique sur le modèle (le r Unité de foi, dans une société aussi rigoureusement hiérarchisée et pacifiée, que le catholicisme du treizième siècle, comme si le moyen âge naxait connu ni guerres ni discordes, comme si la science ignorait la ri\alité des sectes et des écoles, comme si l'ère scientifique ne possédait pas sa mouvante mythologie, son Olympe, avec ses afomes, ses cellules, ses électrons î
Au dernier terme de sa Somme scientifique, Comte a placé sa Sociologie : il a déchaîné le fléau des sociologues, vraie nuée de sauterelles qui s'est abattue sur la littérature. La sociologie est appelée à nous munir de lois certaines pour le gouvernement des sociétés humaines. Elle fournira, d'après Comte, dv'S })ré\isions d avenir. Mais lellc i|('m<iu\ erle nu[n)S-
3G agnosticisme:.
sil)k' à pi('\()ir, la \ajieui' par exemple, ne \ienl-elle ]ias motliliiT, tle foml en comble, l'clal social ?
D'après Comte, les inlellecluels compélcnls (qui se maintiendront au pouvoir Dieu sait par quel procédé !) seront appelés à régenter les hommes, à décider de leurs besoins, à penser, à agir pour eux. Comte, si étranger à la psychologie, méconnaît la \ariélé, l'opposition croissante de ces poursuites et de ces besoins. Prévoir pour soi-même, combattre par soi et pour soi, ce principe assure la prospérité, la lichesse, la puissance des plus fortes races modernes, les Anglo-Saxons.
Au culte divin, Comte substitue le culte de l'Humanité, c'est-à-dire l'ensemble des bipèdes, si bornés, si UK^diocres. Mais la première condition pour une religion, c'est la foi en une action supérieure à rhomme qui se manifeste à travers l'histoire, et le positivisme la nie.
Le positivisme humanitaire de Comte, déformé par Littré, est de\enu l'évangile de la petite bourgeoisie radicalisanle des Joseph Prudhomme qui nous gouvernent, des Homais, des Bouvard et des Pécuchet. L'esprit de Comte est, au contraire, essentiellement traditionnaliste et conservateur et s'explique par ses origines monarchiques et catholi([ues. Il rechercha le concours de l'Eglise et des Jésuites, et envoya un de ses légats proposer une alliance à leur supérieur, le Père Beckx. Il faut voir en lui le continuateur, en un sens, des Bonald et des Maistre : M. Léon de Montesquiou le prouve
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a\cc la (lorniore évidence, dans un livre, de tous poinls excellent, qui restitue à Auguste Comte sa vciilable physionomie i.
M. Papini vise ensuite la lèlc d'Herbert Spencer, ingénieur do profession, auquel un entrepreneur de chemins de fer accorda un jour quelque congé pour notre malheur à tous, car, au lieu de construire des l)onts et des tunnels, il édifia son système, qui aboulil à l'ignorance suprême, à Vagnnsticismc.
Xielzsche termine la galerie ou plutôt le massacre. Deri'iére . force paravents, draperies somptueuses, Nietzsche s'est efforcé de nous cacher le secret de sa faiblesse, de sa neurasthénie incurable, entretenue par l'abus des narcotiques, par un ramollissemen! héréditaire en marclie \ers la pai-alysie générale. Ce professeur de grec, ce poète vagabond, a rêvé la vie intense d'un conquérant, d'un dominateur. Dans les modestes petites chambres des pensions suisses à 7 fr. par jour où il suivait ses cures d'altitude, il évoque les pics inaccessibles, les ca- \ernes ornées d'animaux héraldiques, le rugissement des lions. Mais les forts n'exaltent pas la force ; ils rexercent. Les gens sains ne chanlent pas la santé ; ils en jouissent. Les poèmes de Xieizschc ne sont cpie la re\ai!clic.d'un convalescent à rechutes. Il célèbre l'instinct, hait la morale du Christ, sans l'avoir comprise. Jésus est venu apporter aux hommes, non la maladie, mais la santé de l'àme ; il enseigne h vaincre la souffrance, la mort môme. Ou'y a-t-il autre chose, dans l'œuvre de Nietzsche, (pie de cha-