‹ Pragmatisme et modernismeChapitre 34 sur 68 · Balfour. Les l)ases de la Croyance · texte numérisé non relu

Balfour. Les l)ases de la Croyance

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l'esprit de caste, l'esprit de race, l'admiration, la vanité individuelle ou nationale, l'attrait de la nouveauté, de la beauté, du merveilleux, etc., etc. Ces déductions plus ou moins rigoureuses, à bases de préjugés, naissent du désir ardent de justifier une passion, une cro3^ance, d'être consolé, soutenu, de deviner un avenir prochain ou lointain, terrestre ou supraterrestre, d'entraîner, de convertir, de conserver ou de changer les institutions existantes. L'homme s'appuie sur les apparences pour fonder la légitimité de ses instincts, l'existence ou l'excellence de ses passions et de ses désirs.

L'unité des deux logiques, rationnelle et sentimentale, est dans leur double utilité ; la logique de la science fortifie la raison humaine, la logique des préjugés vient au secours de notre faiblesse.

Le rôle de la logique affective est aussi considérable que celui des besoins auquel elle répond. Estelle appelée à disparaître, comme le pensent nombre d'intellectuels, par suite des progrès de la raison et de la science ? M. Ribot est trop bon psychologue pour le croire. Au poiiit de vue de la logique pure, la logique des sentiments est condamnée sans appel : au point de vue psychologique, elle a droit à l'existence. Il y a si peu de gens exigeants en fait de preuves, ou doués de l'esprit critique, surtout vis-àvis d'eux-mêmes, il y a tant de natures fuyantes, imprécises, dominées par leur émoli\ité, leur imagination, leurs intérêts ; il y a tant de paresse intellectuelle, tant d'incapacité de réfléchir ! OEuvre spontanée de la nature non-intelfe^tuclle, la logique des

LA LOGKJLE UKS SENTIMENTS. I2l

sentiments nous apporte la réponse, l'appui, l'espérance que nous attendons. Il est absurde de la discuter, parce qu'il est vain de chercher ù la con- \aincre d'erreur : elle a toujours raison. Bornonsnous donc à l'étudier « sans la condannier ni l'absoudre ». Telle est la conclusion du splendide essai .le M. Uibot.

22 novembre 190i

Nous attendions le « Pascal » que M. Boulroux avait promis à la petite Collection des grands écrivains 1, dirigée par M. Jusserand. C'est une joie de le lire. Tandis que tous les yeux se tournent vers les merveilles de l'art et de l'industrie, il nous ramène à cette beauté de la vie intérieure, d'une richesse, chez Pascal, d'une intensité extraordinaires, et dont aucune exposition universelle, aucun grapliique ne permettent de mesurer le progrès à travers le monde.

Dans les dernières pages du Rappel des ombres que M. de Vogué consacre à Port-Royal, il appelle de même notre attention sur cette face grave, austère, ascétique de notre nation réputée légère, frivole et sensuelle entre toutes : c'est la dernière convulsion d'une féodalité spirituelle qui se débat sous les coups de l'absolutisme. Mais à travers les vivants ces ombres luttent encore parmi nous ; et dans les combats du présent se perpétuent les que-

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