‹ Pragmatisme et modernismeChapitre 43 sur 68 · Comme c'est le cas orcliuaire des maladies nerveuses · texte numérisé non relu

Comme c'est le cas orcliuaire des maladies nerveuses

de la vie, l'imperfection du bonheur lerrcslre. Elle l'oblige, ne pouvant renoncer au bonheur, de le demander à Dieu. ))

Pascal, selon la formule si juste de Voltaire, est le contraire d'un philosophe : « un enthousiaste ». C'est un mystique, et la psychologie du mysticisme est loin d'être élucidée *. Mysticisme, ascétisme, extase, sont liés à des états physiques, mais quelle manifestation des émotions et de l'intelligence n'est liée à un état physique ? La dernière explication qu'on nous en donne, c'est que le mysticisme est l'expression de l'inconscient 2 : cela ne nous avance guère. Mais si obscures que soient encore les origines et les conditions du mysticisme, on est d'accord sur ses effets. Le mystique vit avec son Dieu, de même que l'ironiste porte en lui son diable. Il ne se sent pas seulement en communication intime et directe avec le divin, il voit s'abaisser et disparaître en même temps la barrière qui le sépare des autres êtres : aucun obstacle ne les sépare plus de la charité parfaite, de l'amour pur, de l'abandon véritable. Il est régénéré. Toute souffrance se tourne en joie. Schopenhauer se refuse à voir dans le mysticisme une exaltation morbide : il y découvre un instinct profond de la nature humaine, qui se manifeste dans toutes les religions ; il y ramène tout aelc de bonté désintéressée.

Il n'est pas douteux que le mysticisme de Pascal

1. Voir la pénétrante contribution de M. Bouti'oux : la P.^ychologie du mysticisme, brochure de la Revue bleue.

2. Voir l'article si documenté de M. de Montmorant : Les Etats mystiques. Revue philosophique, juillet 1905.

Page 1