LA MORT ET LA MODE
A-l-on assez philosophé sur la moil et l'iramortalilé de l'àiiic ! Exisle-t-il uiic (|U(>stion plus reballue, ({Liuiciuc liiujours actuelle, trop actuelle? Si nous y re\cuous aujourd'hui, c'est qu'il s'agit sur ce sujet lie quelques modes légèrement nouvelles de penser et de sentir. Un jeune [diilosophe, le comte Keyserling, avant-ageusement connu par un premier ouvrage, la Slruclure du monde, dus Ge|ù(/e der Well, \irul do pidilicr un li\ le sur l'Immortalité ^ où se trou\e exposée une thèse que nous confronterons a\^ec l'opinion d'un des fondateurs du pragmatisme.
En présence de la mori, le premier mou\enicnt de rinfelligence consiste à se soumettre à l'apparence d'une extinction totale de l'individu. Rien ne le prciiuc uiieux (]nc noire afl'liclion. Elle inipli(pie qiw la iiiHi-l c^l une (lisLiràce nlliinc. irrc'paralilc. (pie, pai' la inori, tout disparaît. Ee cœur se serre à la pensée que c'est pour la dernière fois. que. jamais plus nous ne xcn'ons Tèlrc anéanti. A ce sentiment lout spontané s'ajoute un retour sur nous-mêmes, le spectacle de notre propre caducité.