Unsterblichkelt. Munich
'JUO MODERNISME.
JVIais, autant que la nature, l'homme a horreur du \icle. Contre la mort se dresse et se rebelle le plus Jouissant de nos instincts, l'amour-propre, qui nous porte à concevoir la possibilité d'une prolongation de l'exislonce au delà de la mort, d'une vie ultralerrestre. Cette croyance a été suggérée primitivement aux peuples sauvages par le dédoublement de la personnalité dans le rêve, par l'idée d'un double vagabond, qui revient dans le corps, au réveil, et disparaît à la mort pour un temps indéterminé ; la conception do l'animisme serait l'origine des idées d'Ame el de vie future.
Toutes sortes de sentiments complexes sont venus transformer el enrichir cet instinct de conservation, cet appel il de jouissance : le noble besoin de donner à nos sentiments l'empreinte de l'éternité, la nécessité de contrôler les bons et les méchants comme garantie de l'ordre social, une idée de justice qui répare le mal sur la terre par des compensations et des sanctions d'outre-tombe, l'aspiration magnanime à la perfection et à la gloire. Après avoir donné naissance aux religions, la mort est devenue « le musagète » de la philosophie.
Une végétation touffue, luxuriante, de dogmes, de systèmes, de jugements, de préjudices, de conjectures, d'opinions, de fantaisies fleurit à travers les siècles autour des tombeaux. On en trouvera l'exposé dans le livre de Louis Bourdeau, le Problème de la mnil 1. au(|uel M. Keyserling renvoie le lecteur, Il ne se peut imaginer de promenade plus