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LE PRAGMATISME EN MEDECINE

par le D-" LOTIS P.EXôN

r.a iliérapeulique est envaliie par les lliéorics, au •ii'aïul détriment des malades. A la lliérapeutique sympfdiiiatique, on a opposé la thérapeutique pathogénique. Comme la palhogénie de la plupart des maladies nous échappe encore, la thérapeutique suit Iq, fortune des théories médicales, et nous assistons à une véritable ataxie thérapeutique rationaliste. Chaque année, on trouve mauvaises des médications qui paraissaient excellentes les années précédentes. Chat(i]e année, on réhabilite des médications tombées dans l'oubli. Chaque année, au nom des théories régnantes, on nous promet la guérison de tel ou tel fléau, et la promesse n'a pas de lendemain. Le cnmul des déceptions conduit les médecins au scepticisme et à riiiaction. La thérapeutique est délaissée et dédaignée. Elle n'est plus cultivée que par quelques esprits qui persistent à croire que le rôle du médecin n'est pas de se croiser les bras et de laisser les maiades courir chez les charlatans, qui savent

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iiKillrt' cil [ir;ili(|ue ceitc liuixiuie de La Rucheluucauld : <( L'espérance, lùule trompeuse qu'elle esl, sert au moins à nous mener à la fin de la vie par un chemin agréable. )>

Est-il possible de réagir contre de pareilles tendances ? Oui, car si Ton regarde ce qui se passe aujourd'hui en dehors de la médecine, dans les autres sciences et dans la philosophie, on est frappé de voir les hésitations de certains savants et de certains philosophes dans la recherche de ce qu'ils estimaient être la vérité absolue. Une réaction s'établit nettement contre les excès du rationalisme et de l'intellectualisme. La poursuite de la vérité absolue n'a donné souvent que des déceptions. Les sciences exactes reposent, la plupart, sur des hypothèses, et elles ne peuxent mettre en lumière que des vérités relatives, car, ignorant l'essence même des phénomènes, elles ne connaissent que les rapports des phénomènes entre eux. Cela n'empêche pas la science de faire, môme avec des ^■érités relatives, des progrès constants dont nous apprécions tous les jours l'importance dans notre vie pratique.

Cette tendance scientiflque est d'accord avec révolution philosophique suivie, depuis une quinzaine d'années, par des esprits distingués anglo-américains, qui ont opposé à la philosophie rationaliste allemande et latine, une philosophie nouvelle, le pragmatisme i. Ce dernier, esquissé en France par M. Fiessingers, s'étend chaque jour davantage du monde anglo-saxon dans le monde latin.

nn'est-ce donc que le pragmatisme ? Le terme pragmatisme vient de Trpayaa, fait, acte, action. C'est la philosophie des faits, la philosophie de la vie pratique, la philosophie des résultais, de l'expérience et de

1. La ucilion phUosophiquc du pragmatisme a été vulgarisée Pli Frauce .surtout par :\I. J. B(ii;rdeait, dans une série d'articles du Journal des Débats (24 février, 20 octobre et 19 novembre 1907, 12 janvier et 18 février J908).

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